‹ L’IllusionChapitre 14 sur 28 · ÉTÉ · texte numérisé non relu

ÉTÉ

'ai parfois des pleurs dans les yeux, Quand je t'adore et te contemple;

J'ai des frissons religieux

Près de toi, comme au seuil d'un temple,

Tant est sereine ta beauté, O splendide et froide sratue, Et certains soirs à ton côté, Je sens ce vertige qui tue.

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Combien donc tu dois mépriser Marbre divin que rien ne touche^ Le ifol outrage d'un baiser, Troublant les lignes de ta bouche !

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Pour me guérir d'un ancien songe, O Tsiganes, jouez un air, Sombre et large, où se noie et plonge Mon âme, comme dans la mer!

Faites vibrer, comme une corde, Mon âme triste, à la briser; Je veux une chanson qui morde Avec la douceur d'un baiser;

Qui me rappelle ses paroles, Et les caresses de sa voix, Et m'arrache des larmes folles, Comme nos serments d'autrefois I

CHANTS DE L AMOUR ET DE LA MORT 97

Lc4 VOIE LviCTÉE

(LiCEXDE HONGROIS!:)

ne nuit, Attila, le cavalier de Dieu, Avait laissé surprendre et cerner ses armées : Le serrant, l'étouffant dans un cercle de feu, Autour de lui grondaient les forêts enflammées.

Les ennemis vainqueurs choquaient leurs boucliers; La terre au loin tonnait du iourd fracas des armes. Attila regardait périr ses cavaliers, Et ses grands yeux brûlants se rougissaient de larmes.

Ses femmes se: roulaient devant son cheval noir. Et cachaient dans leurs mains leur tête échèvelée, ; Et lei vieux chef,; voyant qu'il n'était plus d'espoir/ S>llait, ; pour bien dourir> jeter dans la mêlée;

: 1 1 1 Quand tout à coup, dans l'air, une voix lui parla,

Et cette voix criait : ce Relève ton courage;

Fais cabrer ton cheval, je veillé et je suis là;

Ne ivois-tuj pas qu'en haut il te; reste un passage?»

tf

98 l'illusion

— Hourrah! au grand galop, par les immensités, Son cheval a bondi, secouant sa crinière.

Et les mourants, les morts, soudain ressuscites, Ardents, le glaive en main, montent dans la lumière

Ils vont par l'infini faire des cieux nouveaux, Et balayer .le mal, comme ils ont fait sur terre, Et briser, et fouler aux pieds de leurs chevaux Les étoiles, que Dieu frappe de sa colère;

Et la nuit leur armée apparaît à nos yeux, Errant toujours parmi les steppes éternelles, Car ce sont leurs chevaux qui remplissent les cieux De feux pâles, avec l'éclat de leurs prunelles.

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