‹ L’IllusionChapitre 15 sur 28 · MUSIQUE HO'O^G\OISE · texte numérisé non relu

MUSIQUE HO'O^G\OISE

Enlace tes bras autour de mon cou... Comme un chant tsigane, un chant un peu fou.

Qui pleure et sourit, qui sourit et pleure, Ton désir vingt fois change dans une heure.

Inconstant toujours le ciel de tes yeux.

Sombre par moments, soudain est joyeux, Comme un chant tsigane avec des paroles, Qui, tristes d'abord, tout n coup sont folles.

... Comme un chant tsigane,, aussi tour à tour Je: suis ivre et souffre et me meurs d'amour, Et comprends-tu donc qu'elle t'appartienne, Mon âme, si bien la sœur de la tienne !

ICO L I L L U S I O N

Lc4 STETTE HO^QG^OISE

Le printemps rit et l'air est doux; Plus vite encore élançons-nous Au galop de nos coursiers fous, Dont frissonne au vent la crinière, Hourrah! hourrah ! dans la lumière!

Dans le vent et dans la clarté, Seuls à travers l'illimité, S'aimer et fuir en liberté, Joie ardente, ivresse profonde ) Et vive l'Amour, roi du monde!...

Au bruit de nos chevaux ailés, Des oiseaux se sont envolés...

Eh! restez donc, les afFolés!

Pourquoi vous jeter dans l'espace?

Cest un couple d'amants qui passe.

CHANTS D H I. AMOUR ET D E LA M O R T ICI

Amoureux lui-même, le vent, L'entends-tu courir en avant?

Le vois-tu partout soulevant, Pour entrouvrir leurs lèvres closes, Le visage endormi des roses?

— Mais qui s'approche par ici?

Des tsiganes qui, sans souci, Jouent la marche de Ragoczi.,.

Le violon soupire et pleure, Et nous restons là toute une heure, *

Au feu de Tenfer ces chansons!

Comme un oiseau dans les buissons, J'étais heureux : ces échansons, Avec le vin de leur musique, M'ont rendu tout mélancolique!

Pourquoi mon cœur est-il si lourd?

Est-ce de tristesse ou d'amour?

Allons! j'en ai pour plus d'un jour Avec la poitrine oppressée Et 1 de l'ombre dans ia pensée!

Ces diables de bohémiens Ont mêlé leurs rêves aux miens, Et m'ont parlé des temps anciens; Et comme des lèvres de femme, Leurs violons m'ont mordu l'âme!,..

Nous tenons nos deux fronts baissés :

Quelle flèche nous a blessés?

L'amour n'est-il donc pas assez> Cœur insensé, pris de démence.

Pour apaiser ta soif immense?

Et rien donc, steppes ni forêts, Le ciel, la mer, tous les secrets Qu'aux livres saints tu chercherais, Ne sait distraire la folie De ta grande mélancolie I

CHANTS DE l'aMOUR ET DE LA MORT 10$

VcALIL cA

Par Tappel de vos yeux et de vos voix charmées. Que d'âmes de héros, tombés à vos genoux.

Femmes, auront péri pour vous avoir aimées; Que de peuples sont morts, dégénérés par vous!.,.

C'est pourquoi je te hais autant que je t'adore, Beau démon au corps blanc comme la chair des lys, Et pourquoi dans tes bras je me souviens encore Des malédictions qui te frappaient jadis !

Quelle est donc par moments ta fatale puissance, Qui rend vil à jamais et dompte le plus fort, Et comment, femme à qui nous devons la naissance, Toi qui donnes la vie, es-tu pleine de mort?...

Comme tu restes bien la fille de ta mère, De la Nature, impure et chaste tour à tour, Qui sourit et nous baise, et soudain est amère, Chez qui tant de néant se mêle à tant d'amour;

Qui trop souvent aussi sait enlacer notre âme, Bête cruelle et fausse en de mortels baisers !.. Homme, ô Samson, vaincu par elle et par la femme. Quand tous tes vieux liens seront-ils donc brisés?

CHANTS DE l'aMOUR ET DE LA MORT ÏOÇ

OéMTHcALE

Hercule, le héros, morne, silencieux.

Se tenait accroupi devant le lit cPOmphale, Qui, demi-nue, ouvrait nonchalamment les yeux, Pour jouir des blancheurs de sa chair triomphale,

A traversées rideaux teints de pourpre, au dehors, On voyait flamboyer une ardente lumière, Et de roses clartés pleuvaient sur ce beau corps, Qui semblait insensible et plus froid que la pierre.

Le héros à ses pieds tressaillit tout à coup, Il se dressa robuste et puissant comme un chêne, Le sang faisait gonfler les veines de son cou, Et, pareil au lion qui briserait sa chaîne,

Terrible, en contemplant Omphale, il dit ; « Je pars. x Et, tandis que, levant sa tête vers Hercule, Et du doigt écartant ses longs cheveux épars, La reine sur son lit souriait incrédule,

io6 l'illusion

« Oh! qu'as-tu fait de moi? dit-il en rugissant; Autrefois, j'étouffais le lion de Némée; Aujourd'hui, je ne sais, stupide et languissant, Qu'adorer tout le jour ta chair accoutumée.

Lâche, je reste là, sans souci du devoir»

J'ai honte, et je m'en vais, car ma gloire m'importe. Toi, tout ce que voulait ton orgueil, c'était voir Hercule, comme un chien, couché devant ta porte !

Et c'est donc pour cela que j'aurais combattu? Et je n'aurais ainsi conquis toute ma gloire, Que pour finir ma vie oubliant la vertu, Et tenir hébété ta quenouille d'ivoire?

Donc je te quitte et pars au loin, me voilà fortl Au loin je vais souffrir, mais aussi je vais vivre; Et s'il me faut plier sous les grands coups du sort, J'appellerai la Mort pour qu'elle me délivre I ». .;.;

Mais iiercule revint à ses lâches amours :

Comme il s'était longtemps, trop courbé sous la Femme,

Il eut ce châtiment !de l'adorer toujours,

Et dut sur un bûcher purifier son âme.

CHANTS DE L AMOUR ET DE LA MORT

ElsL C PUSS<A<ÏLT

Tq4\ U&Q CHc4&f7> DE F 1%E

Au fond d'une cage en plein vent, Où manquait l'espace à ses ailes, On voyait un aigle vivant, Qui tenait closes ses prunelles.

Au-dessous de lui murmuraient, Roucoulaient, agitaient leurs têtes, Deux colombes qui s'adoraient, Selon l'usage de ces bêtes :

— : Et pat instants l'oiseau royal, Entr'ouvraht ses beaux yeux moroses, Régardait le couple banal, Qui se contentait de ces choses!

io8

SoALOmÉ

SIalomÉj la danseuse, est pâle: de désir; Elle, le beau serpent d'amour, la fleur sauvage, La veille, elle entendit lui cracher un outrage Cet ascète, qui hait la chair et le plaisir.

Or, elle apprend qu'Hérode enfin Ta fait saisir; , Dans la huit de ses yeux rit un éclair d'orage En hâté elle; se pare;, et; farde son visage, |Et se fend !aù palais ioù je saint va venir.

! Saint Jean est amené dans la salle de fête;

j L'extase de la mort! illuminé sa tête;

; Leibourreau près du trpne est allé se placer;

Et 3 | demi-nue, aux sons Voluptueusement éntr'

des tambours et: des harpes, ouvrant ses écharpes,

Lailcouieuvre se: lève et commence à danser.

CHANTS DE I,'aMOUR ET DE LA MORT

ICÇ

La Bête triomphante a cru vaincre l'Esprit, Le sang du Précurseur a jailli sous Tépée; Et, sinueuse, autour de la tête coupée, Lente, Salomé danse et froidement sourit.

Le sang teinte ses pieds d'ivoire et les fleurît...

A l'aube, elle reçut la tête enveloppée,

Et sortit du palais, soudain préoccupée

Par les grands yeux du mort dont la paix la surprit.

Depuis lors, sa chair lasse et jamais assouvie Fut prise d'un dégoût étrange de sa vie, Et sori âme étouffait de rêves inconnus;;

Et toujours, et toujours, elle voyait la tête,

Etj pleins de paix, ces yeux^ ces grands yeux de l'ascète,.

Qui jadis dédaigna les fleurs de ses seins nus.

no l'illusion

VË^US VICTEJX

FauiiUj daîce mahmi.

La femme aux faibles mains dompte le cœur des hommes Elle courbe à ses pieds les plus fiers d'entre nouSj Et son dédain sourit de ce peu que nous sommes, En nous voyant ainsi ramper à ses genoux.

Samson, vaincu par elle, est tondu de sa force, Et reste ivre des yeux qui furent ses bourreaux; D'autres fois sa beauté, toujours servant d'amorce. Ou l'appel de sa voix font surgir les héros.

Nous la chérissons mieux, alors qu'elle no;us blesse; Du mal de l'aimer tropplus d'un a su mourir; La domination de sa chère faiblesse Est sûre d'autant plus qu'elle fait plus souffrir.

Ayant la cruauté d'une force immortelle, Elle en garde la paix dans:ses:yeux incléments; Inconsciente ainsi, la mer se trouble-t-elle Du râle des marins, qui furent ses amants?

CHANTS DE L AMOUR ET DE LA MORT

Qu'es-tu donc, ô Vénus, sublime meurtrière?

Quel mystère est caché dans le rythme des corps. Pour qu'un efFroi sacré se mêle à la prière Que vers toi font monter les sages et les forts?

Tour à tour inspirant les vertus et les crimes, N'ayant que les instincts obscurs de l'animal, Les anciens te disaient fille de ces abîmes Où le bien vague encor reste indistinct du mal.

Aussi voit-on déchoir les races qui t'honorent, Péril des purs, tourment des chastes et des saints; Et des âmes périr que les désirs dévorent, Devant le marbre auguste et glacé de tes seins!

IÈDo*

Au cygne frissonnant qui la vient embraser Elîeoffreson beau corps robuste sans comprendre Des Immortels naîtront de ce muet baiser, *

Et la forme d'Hélène en ce flanc va descendre..

Et par l'étrange éclat des soirs mystérieux C'est ainsi que toujours la stupide Matière, Et la femme ignorante, ont procréé les Dieux, Sans: deviner d'où leur venait tant de;îumièrel

CHANTS DE l'aMOUR ET DE LA MORT If^

c4U m USÉE VU LOUVRE

Femmes des temps passés, blondes, brunes, ou rousses y Qui souriez dans For de votre cadre ancien, Femmes de Luini, si fines et si douces, Radieuses beautés peintes par le Titien,

Qui ne vieillissez pas, qui restez éternelles, Qui ne nous mentez pas, quand nous venons à vous.. Et qui ne nous parlez qu'en laissant vos prunelles, Immobiles, fleurir si tendrement pour nous,

Vous seules auriez droit de Tes rendre inquiètes Celles qui voient leur chair se faner erï un jour,: M Et ne! peuvent rester viergesj comme vous Têtes,

Du flétrissant ba;iserr qu'apporte notre amour.

C'est pourquoi si souvent, formes impérissables,

Triste après tant; d'amours de leur fragilité,

Je viens goûter devant vos yeux intarissables

Le charme pénétrant de leur sérénité.

viTl^ÈS LE Bc4I

Vous dont les regards purs, éclatants de lumière, Riaient comme une eau bleue aux rayons du matin, Vous qui glissiez joyeuse en robe de satin, : Blonde, longue, élancée, et si svelte et si fière;

Vous qui brilliez, pareille à l'aube printamère,

Et qui me rappeliez le fin profil lointain,

Et le pâle et lucide albâtre florentin

Des vierges de Fiesole en leur candeur première;

Vous qui m'illuminiez de l'azur de vos yeux, : Et musicale^ avec des mots délicieux, '

■Rajeunissiez mon! âme et lui rendiez ses fièvres,

O; lueur dans ma: nuit, vous ne saurez jamais Que tout un soir j'ai bu le souffle de vos lèvres, Et: que j'en étais ivre et que je vous aimais!

CHANTS DE l'aMOUR ET DE LA MORT tlf

LES'- Ccé^ESSES DE LcA &ÎUSÏOUE

Monotone, triste et charmant, Il est un vieil air de la Perse, Qui t'enveloppe doucement, Talanguit, t'adore et te berce.

Et te raconte, ô mon amour, Mon ancienne mélancolie.

Avant que ta tendresse un jour Ne m'eût guéri de ma folie.

Les yeuxne parlent pas assez, lia bouche aussi ne peut tout dire :

Par ces chansons des temps; passés, le cause avec toi, je soupire;

Et la musique sait bien mieux Que je ne le saurais moi-même, Dans un baiser délicieux Te verser tout mon cœur qui t'aime!

n6 l'illusion

VJÊVE V'UfflQE C^QUIT "D'ÉTÉ

La nuit d'hier était pâle comme une femme; Les étoiles brillaient comme des yeux aimants. Et leurs yeux enflammés incendiaient mon âme; La lune me couvrait de ses enchantements.

La vallée était claire, immense, pacifique;

Un vent soufflait, pareil au vent de mes désirs,

Et je croyais errer dans un jardin magique,

Où les arbres tremblaient et jetaient des soupirs.

La nuit te ressemblait hier, ma bien-aimée;

Ce ciel, c'était mon rêve illuminé par toi;

Toutes ces fleurs, avec leur âme parfumée,

Mp semblaient tes baisers qui se tendaient vers moi.

Amour, amour, amour, oh! par quelle magie Nous fais-tu donc parfois vivre de ces moments, Où jaillissent soudain de notre âme élargie, Avec tant de désirs, tant de rayonnements;

CHANTS DE LAMOUR HT DE LA MORT l\"/

Où mon cœur semble battre avec le cœur du monde, Et, comme lui, vibrer et palpiter si fort, Qu'exalté par la vie intense qui l'inonde, Ivre d'un si grand rêve, il ne craint plus la mort;

Où, néant traversé d'une clarté divine, Je sens que la chaleur de tous ces cieux d'été Est cette même ardeur qui brûle en ma poitrine, Et me donne l'orgueil d'un songe illimité,

D'un songe où ta beauté trône comme une reine, Chassant toute ombre en moi de son éclat vainqueur, Ta beauté calme, heureuse, adorable, sereine, O pâle bien-aimée 3 ô lune de mon cœur ?

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Lq4 $é&qévictios*c

<DU MU1LIUGE ç PE%S^4 e lsL

Soyez grands, soyez forts, soyez victorieux; Soyez aimants, marchez des flammes dans les yeux, Soleil, Dieu des clartés, Dieu bon qui les pénètres, Verse-leur ton amour brûlant pour tous les êtres. Comme le Cie! bénit la Terre n,uit et jour, Homme, sur cette femme épanche ton amour; O femme, quand sa main entrouvrira tes voiles, Qu'il trouve en toi la paix sereine des étoiles,: La vie est un tragique et sublime combat :

Affrontez-la cTun cœur vaillant, què|rien 'n'abat. Soyez purs de pensée et purs en vos; paroles ; Pour |que vos actions ne soient vaines ni folles, Craignez déjà les yeux futurs de vos enfants. A travers la douleur avancez triomphants; Imitez les héros de l'époque première, ; Luttez pour la justice et la sainte lumière. iChassez partout le mal, semez partout le bien. Resserrez toujours plus l'infrangible lien,

CHANTS DE L AMOUR ET DE LA MORT IÏÇ

Dont j'unis à jamais vos deux cœurs dans la vie. Chaque soir, admirez l'assemblée infinie Des astres, et songez, en les voyant si beaux, Qu'il vous faut être ainsi d'étincelants flambeaux : Au nom d'Ormuz, je vous bénis, vivez prospères. Et gardez purs la gloire et le sang de vos pères.

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4 BA5IAET2 'EP02

Voix adorable au son d'argent qui nous abuses. Douceur, blancheur des chairs, frissons des cheveux fins. Beautés, charmes, attraits, vous n'êtes que l'es ruses Dont se sert le Tyran pour atteindre à ses finsl...

Despotique et jaloux, il condamne aux supplices L'enfant chaste qui lutte avec sa volonté, Et, raffolant d'un vin plein d'amères délices, Verse en elle l'ennui de sa virginité.

Pes amants exaltés de j visions sublimes,

Ainsi que; par leur chef jl'etaient les Haschisçhins,

Sinistremènt par lui sont poussés à îd.es crimes,

Exécuteurs naïfs de ses secrets desseins !

L immortelle Beauté lui sert d'entremetteuse,

La Reine triomphale au front impérieux,

Et qui cache souvent sous leur splendeur menteuse

Plus d'un rêve sanglant dans la paix de ses yeux.

CHANTS DE L AMOUR ET DE LA MORT E2I

Tranquille instigateur des immenses luxures Qu'étalaient au soleil les vieux Césars romains, Ou des lubricités, de ces hontes obscures, Qu'offre la femme errante au détour des chemins.

Quel -but poursuit-il donc en infligeant à l'âme L'atroce volupté de plaisirs infamants, Ce Maître, corrupteur de l'homme et de la femme, Qui mène et fouette ainsi le troupeau des amants?

Complice et serviteur du Destin implacable.

Du Dieu vague, effrayant, qui règle notre sort } L'Amour n'a d'autre but que de peupler l'étable, Qu'impitoyablement vide sans fin la Mort;

Et, pour qu'en l'infini demeurent éternelles L'horreur et les splendeurs de l'antique néant, De toujours remplacer par des races nouvelles Celles que la Mort jette en son gouffre béant!

..♦Êtres, surgissez donc pour ce drame terrible, Ou l'Amour et la Mort vous poussent tour à tourl Ètres^;apparaissez, sortez dé l'invisible, Ouvrez vos yeux une heure à la clarté du jourl

Vivez, souffrez, aimez, inconscients des causes

Qui vous font vous étreindre, ô couples des amants;

Mortels, "éternisez l'illusion des choses!

O lèvres des:mof tels,, échangez vos serments!

A travers les grands bois qu'endorment les nuits molles. Sous l'incantation de la lune d'été, Pâles, extasiés, sans souffle, sans paroles, Perdez-vous, éblouis, dans ce rêve enchanté !

Une; heure enivrez-vous des splendeurs d'un tel songe; De vos yeux fugitifs, si peu de temps ouverts, Un moment contemplez le radieux mensonge, Partagez le désir qui trouble l'univers!

Et, sous l'infini morne et les sombres abîmes Où plongent sans effroi vos yeux passionnés, Pour l'ivresse du moins qu'il verse à ses victimes. Pardonnez au Destin qui vous a condamnés 1

CHANTS PANTHÉISTES

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HTéMZ^E câU SOLEIL

O soleil! le premier et le dernier des Dieux, Qui tiens sous ton amour la Terre frémissante, Vêtu de pourpre et d'or, roi toujours radieux, O Soleil! je te chante.

Ancêtre des humains, père, je te bénis.

Sur tes enfants toujours ta gloire se déploie, Et tes fils les plus vieux se sentent rajeunis, Quand jse répand ta joie. ;

Le temps ne peut ternir la splendeur de ton front, Tous les Dieux sont tombés, -mais. toi- seul tu; demeure^ Et; les rochers, les mers, les forêts passeront, Père, avant que ta meures.

Gomme l'amante heureuse en les bras de l'amant, la Terre te contemple et tressaiileféconde, Et c'est par tes baisers et ton rayonnement Que tout: naît dans le monde.

n6 l'illusion

C'est par toi qu'ont fleuri les mornes océans, Que les palmiers un jour ont germé sur les îles. Et par toi que sont nés, dans la suite des ans. Les beaux chênes tranquilles;

C'est à ton clair appel qu'ont paru les troupeaux Dans le royaume vert des feuilles et des herbes, Et que l'homme a soudain parmi les animaux Ouvert ses yeux superbes.

C'est de toi que tout vient, la forme et la couleur, Et le soir déroulant le calme de ses lignes, Le regard de la femme, et l'âme de la fleur, Et la blancheur des cygnes.

Tu reproduis sans fin l'éclat des renouveaux, Et dans les arbres morts fais remonter la sève, C'est toi qui fais aussi germer dans nos cerveaux La pensée et le rêve; '■ ■ \

Et tes chaleurs sans fin, réveillant les désirs, Appellent vers; l'amour les hommes et les bêtes, Et tes enfants ainsi partagent tes plaisirs, Tes ardeurs et tes fêtes,

O Soleil! je t'implore, ô père, écoute-moi, Fais couler à longs flots ta clarté dans mon âme, Afin que je sois fort, lumineux comme toi, Et pur comme ta flamme!

CHANTS PANTHÉISTES

O Soleil! créateur des esprits et des corpSj Père* de la musique, auteur de la lumière.

Enseigne-moi le rythme et les divins accords Qui font Tâme plus fière,

Et donne-moi ta joie et tés larges amours, Inonde itout mon cceur de ta force infinie/ Puis, mort, fais-moi revivre en decalmes séjours

: : ' : ! .''■■ Où règne T'harmonié.

128 l'illusion

ëlTETE&ITSTCOSE

Une nuit, mon âme a quitté son corps ; Oh! la nuit d'avril, oh! la nuit vibrante»

Pleine de frissons, de bruits et d'accords I Une nuit d'avril, je me suis fait plante.

Dans les profondeurs du sol maternel J'ai plongé si loin toutes mes. racines.

J'ai senti passer l'amour éternel Aux muets baisers des plantes voisines.

— Mon cœur s'est ouvert et s'est répandu ! ■ ' ■ Une heure, un! instant, à travers les mondes, Une heure, un; instant, je me suis perdu , O vie infinie, au sein de tes: ondes!

CHANTS PANTHÉISTES

^ÉVE^IE P&I&dTHÊISTE

si

Songe d'un soir d'été, de caresse infinie :

— Se perdre dans ce Jarge océan de la vie, Y laisser s'abîmer son être, et ne sentir Que la vague douceur de s'y: fondre, et mourir!,,» Ou rêver que Ton est fleur, plante, oiseau qui vole!... Ou le vent, ce lourd vent qui passe; er,l pour parole, Oji'on a son chant; qui berce et son baiser qui fuit L . Être cette forêt qui, paie sous la nuit, Frissonne par ce souffle immense caressée!.,. Être; l'arbre ignorant le mal ; de la ipensée ;. i Oy; ce grand cipl laiteux, d'où s'épanche eri clarté l'innprnbrable b;ais|er des etpiles d'été! ... ; ; iÉtrella mer qùijbpjit toujours, crée et ferrnente!,.. Devenir toute chose où tremble une âme aimante:, : De:jl T herbe qui palpite à l'étoile de feu !... : Se-ntiri en soi s'ouvrir l'âme vague d'un Dieu!

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