‹ L’IllusionChapitre 16 sur 28 · SIC UT VE · texte numérisé non relu

SIC UT VE

Va toujours au plus grand, au plus noble, au plus beau Que tes pensers sublimes, Jusqu'à l'heure où ton corps ira dans le tombeau, N'habitent que les cimes !

■■Si- !

Fais mépris de ta chair, et le jour où la mort

Menacera ta tête, Demeure sans pâlir ; prends plaisir, étant fort,

Au bruit de la tempête.

Abreuve-toi d;éther, et iTesprit rajeuni, Ouvrç ardemment tes; ailes :

Sois libre, et dans; ton âme appelle l'infini Dés forces éternelles^

Le vent de l'infini, lés brises de l'été, Et les chaleurs fécondes

De l'amour, qui remplit d'azur l'immensité, Etqui porte les mondes 1

CHANTS PANTHÉISTES

Et sois poète alors, fais couler tout ton cœur

En des flots d'harmonie.

Et comme un feu puissant, comme un torrent vainqueur.

Épanche ton génie !

Pour garder l'idéal et garder tes amours

En ton âme obstinée, Ne crains pas les douleurs, la lutte tous les jours

Contre la destinée.

Souviens-toi des héros, et mets devant tes yeux

Leur noblesse première; A force de grandeur, fais-toi semblable aux Dieux,

Qu*inonde la lumière;

Et vis toujours ainsi, calme, dans les hauteurs,

L'âme sereine et pure, T'enivrant des clartés, des chants et des senteurs

De l'immense nature ! :

Sc4COU&CTc4Lc4

Sacountala fait boire et ranime ses fleurs; Tendrement elle parle à ces sœurs bien aimées. Dont le soleil avec ses lèvres enflammées Dévora tout le jour les fragiles couleurs.

Leurs calices mouillés semblent des yeux en pleurs; Et Sacountala songe à des nuits parfumées.

Où des baisers, brûlant ses paupières fermées. Lui préparaient aussi de mortelles douleurs :

Car le roi Doùshmanta ne revient pas vers elle;

Et triste^ elle; fait signe à sa sœur, la gazelle,

Qui s'approche et vient prendre un peu d'herbe en sa main ♦

Tous ces êtres du moins lui sont restés fidèles, Et fraternellement des oiseaux d'un coup d'ailes Frôlent son beau visage aux pâleurs de jasmin,

CHANTS PANTHÉISTES I33

Lc4 C\Éc4TI0^d VU £McAHçA*BHcAT{o4TcA

Se voulant incarner, Vishnou s'est fait poète; Et Vishnou lentement reforme dans sa tête Les rêves qui passaient, alors qu'il était Dieu, Calmes, resplendissants, au fond de son œil bleu.

Il refait ici-bas ses rêves pleins d'étoiles; Et comme une danseuse aimante dont les voiles S'entr'ouvrent, pour laisser son corps s'épanouir, La Terre chaque jour se plaît à l'éblouir.

Alors Vishnou, le cœur inondé de clémence, Vishnou plein de pitié crée un poème immense, Large comme les cieux, profond comme la mer, Où plus rien n'apparaît de triste ni d'amer,

Où tout esr chants, clartés, rayonnements sublimes, Où la lumière heureuse envahit les abîmes, Où le dernier repos des êtres est l'amour, Où toute ombre se perd enfin au sein du jour 1

l ILLUSION

Et son poème ainsi coule comme un grand fleuve Bienfaisant, une eau pure, où le juste s'abreuve, Et laissant luire au loin l'éclat de nouveaux temps, Vishnou rend l'espérance aux sages mécontents.

CHANTS PANTHÉISTES

HT

JOUISSANCES VU TOÈTE

Divin Créateur, tirer comme toi Du chaos informe une symphonie.

Où tout soit réglé selon l'harmonie, Selon l'accord pur, le rythme et la loi;

Faire ivre jaillir hors de sa poitrine, Comme toî^ la lune aux rayons lactés, Des vers remplissant l'âme- de clartés, O joie infinie, extase divine!

i]6 l'illusion

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