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l ILLUSION
Loâ Cc4 t Kc4Vc4^CE VU m-O&ÇDE
Sans mon assentiment, Allah , tu m'as fait naître. Et je n'ai pas compris pourquoi j'étais venu, Et pourquoi ta magie avait fait apparaître Un fantôme de plus en ce monde inconnu,
O mystère éternel de ton âme profonde!
En ton sein infini rien n'est petit ni grand:
Le monde est un atome, et l'atome est un monde;
Notre sort à ton rêve est-il indifférent?
Et, les yeux étonnés du spectacle des choses, Parmi leurs visions, chancelant, au hasard, Je! marche, et cherché en vain à deviner les causes Dé la halte ici-bas> Allah, et du départ. ^
LA GLOIRE DU NÉANT l6%
LES TÊ^dÈ'B^ES T)'q4LLg4H
Ma pensée est pareille à la coupe de Djem, Qui reflétait les cieux et leurs milliers d'étoiles; Lampe d'or suspendue, Allah, dans ton harem, J'ai vu bien des douleurs en perçant bien des voiles.
Ton âme est l'océan dont je suis le plongeur :
J'ai les yeux éblouis par tes perles sans nombre;
Mais parfois le vertige a saisi le nageur, :
Quand les monstres passaient qui l'effleuraient dans Nombre,
Atome, illuminé! pas un rayon vermeil, Comment,; ô néant vil, ô vil grain de poussière, :Puis-je participer aux secrets du soleil, Et voir; que tant de nuit se inèle à ta lumière?
i^4 l'illusion
qAU T>ÈSET{T
La tête d'un vieux cheik saigne en haut d'une lance; Au-dessus du désert plane un vautour qui fuit; Et morte aussi, la lune au ciel monte en silence, Souriant à ce mort oublié dans la nuit.
LA GLOIRE DU NÉANT l6f
L'ÈTE1{VIET{ D'oALL&tH
Omon âme, épervier d'Allah, d'un vol altier Viens et monte, et planant sur l'univers entier, Embrasse d'un regard toutes les créatures, Les formes d'autrefois et les formes futures, Toutes ces visions, qui ne durent qu'un jour. Mais font trembler les coeurs de terreur ou d'amour, Contemple l'océan des effets et des causes, Et médite devant ce spectacle des choses.
Comme les flots qu'agite et que pousse le vent, Yois-tu rouler au loin dans l'infini vivant Ces générations qui naissent et qui meurent?
Parmi les bruits confus entends-tu ceux qui pleurent? Les entends-tu monter, les rires, les sanglots, Pareils à la clameur monotone des flots?
Mortel, as-tu compris que tout n'est qu'apparence, Et ton orgueil encor garde-t-il l'espérance De remplir tous les temps futurs de son néant? ... Pourtant plonge sans peur dans le gouffre béant,
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Ainsi que I'épervier plongeant dans la tempête :
Car tout ce rêve une heure a passé dans ta tête;
Tu fus la goutte d'eau qui reflète les cieux;
Et l'univers entier est entré dans tes yeux :
... Et bénis donc Allah, qui t'a pendant cette heure
Laissé comme un oiseau traverser sa demeure.
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