TEZ^VT^ESSE
Mets ta main sur mes yeux : je ne veux plus rien voir Et ne plus rien sentir, hors ta chère présence^ Puisque ainsi ta tendresse est mon unique espoir. Et que ton amour sûr est ma seule croyance.
Mets ta main sur mes yeux, mets mon front sur ton cœur; Que ton âme de fleur me caresse et pénètre 3 M'imprégnant d'une exquise et mortelle langueur, Et fais descendre eh moi le calme de ton être.
CHANTS DE L AMOUR ET DE LA MORT 2
ct&QTITHÈSE
Debout sur la falaise et se donnant la main, Sont deux jeunes amants éblouis par leur rêve, Regardant la mer pâle, et sur le flot lointain, Découverte à mi-corps, la lune qui se lève.
— Ils vieilliront un jour : leurs pauvres cheveux blancs Auront peine à couvrir les rides de leurs tempes. Et près du feu, le soir, engourdis et tremblants, Ces deux vieux dormiront à la clarté des lampes.
Ils auront oublié les soirs dans les forêts, Et ces flots frémissant sous l'amour de la lune, Et; le cœur 1 mort, n'auront plus même de regrets, Quand ils se souviendront d'une ivresse commune;
Et plus de nuits d'été ni d'étoiles pour eux; Plus rien, hors la lueur des longs cierges funèbres, Le soir où leurs enfants les étendront tous deux Sur le lit, préparé pour tous dans les ténèbres.