OSSU<AI\E
Ces os, alors que nous vivions, Portaient des corps de gentilshommes Ce que vous êtes, nous Tétions; Vous serez tous ce que nous sommes.
Voici les sages près des fous; Ici plus de brune ni blonde; Vous qui passez, regardez-nous :
C'est le dénouement de ce monde.
Belles au bras de vos amants, Qui ;marchez en riches toilettes, Tournez ici vos yeux charmants, Venez! contempler nos squelettes.
La Vie a besoin de l'Amour!; C'est le pourvoyeur de ses fêtes...
Amants, baisez-vous vite : un jour La Mort séparera; vos têtes.
CHANTS DE l'aMOUR ET DE LA MORT 2f
SUITE VE G%c4VU%ES &m^CIE^çj7^ES
La vie est un festin où l'on s'assied gaiement; L'amoureuse a les yeux levés vers son amant, L'amant passe son bras au cou de sa maîtresse; Des rires sont dans l'air; dans l'âme l'allégresse Coule ainsi qu'un flot d'or dans la pourpre du soir.
— Beaux yeux, pleins de reflets, profonds comme un miroir^ Parfums de chair montant des robes entr'ouvertes, Parfums, éclat des fleurs parmi les feuilles vertes. Splendeur des corps, blancheur des bras nus; et des seins, Gaîtés,: chansons, baisers,; longs serrements de mains, ■Vins en des cristaux clairs qui jettent de la flamme,
| Douceur des violons qui fait frissonner l'âme, ;Tout est lumière, joie et musique, et les yeux Sont fiers, comme si l'homme était frère des Dieuxl
— Mais pendant que leur âme est perdue en ce rêve, Hideuse, tout à coup, se démasque et se lève
La Mort, L'ombre
le rire aux dents, la Mort dressant ses os; remplit la salle : ainsi que des oiseaux
Que vient frapper l'hiver, les chants ferment leur aile. La Mort fait sans merci tout chasser devant elle : Et Ton découvre au loin des spectres décharnés, — Et, s'approchantj le gai troupeau des nouveau-nés.
CHANTS DE h AMOUR ET DE LA MORT
o4T HOSWE
Ecarte ton esprit de l'abîme clés causes, D'où revient tout plongeur pâle et les yeux hagards Trop: obscur et terrible est l'océan des choses : Vois; ton amante est là qui t r ouvre ses regards.
Rêve, contemple, oublie, adore-la,! fais d'elle, De ses bras merveilleux ta tombe ou ta prison; Fais de son corps d'enfant, de ses yeux d'hirondelle, Fais de sa chair de fleur ton tranquille horizon.
Tu ne peux être un Dieu : 'sois un homme, et: ne rêve QWë devant le mystère; et Ta mou r de ses yeux, Quand parilrnoment sur toi leur paupière se lève, Laissant filtrer comme! un matin délicieux.
Né cherché plus où tend la destinée humaine.; Aspire le pavot troublant de <sa beauté, Et tel! qu'un mort dans la prairie! élyséenne, Bois sa chère douceur comme une; eau du Léthé.
:8 l'illusion
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L'ivresse des amants fait la splendeur des nuits : C'est mon cœur que j'écoute en cet oiseau qui pleure; Un écho de mon cœur palpite en tous ces bruits. Et mon âme se mêle au souffle qui t'effleure.
Ce qui rend ce ciel morne à nos regards si doux, C'est l'ivresse d'aimer qu'exhale tout notre être, Et c'est par tout l'amour qui rayonne de nous, Que cette immense nuit nous caresse et pénètre.
- — Sois donc ivre, ô mon âme, et sois ivre toujours; La seule illusion fait la beauté des: choses; ;Et pleure aussi parfois, sachant que tes amours ;Ont la fragilité des lèvres et des roses.
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CHANTS DE L AMOUR ET DE LA MORT