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QUATRIÈME PARTIE

AUTRES MONUMENTS, ENTREPRISES PARTICULIERES, PRODUCTIONS, COMMERCE ET INDUSTRIE.

Abattoir général. — L'abattoir général , situé à quelques mètres en dehors de la porte de Monserrat , fut construit en 1855, par l'entrepreneur D. Pedro Conroy, en vertu d'un contrat passé avec le gouvernement. En terminant les travaux, Conroy céda l'édifice et les privilèges que lui assurait son contrat . pour la somme de 320,000 piastres que lui paya le gouvernement. En conséquence, l'établissement est national et placé sous la surveillance immédiate de la municipalité, bien que les produits de l'enchère entrent dans les caisses de la Trésorerie générale.

Quoique l'édifice ne soit pas l'un des meilleurs en son genre, il offre néanmoins d'assez grandes commodités pour l'abattage des bœufs et des moutons.

On tue en moyenne , à Lima , chaque année , 20,390 bœufs et. 83,330 moutons.

Marchés. — Le seul qui mérite ce nom est celui qui a été construit par décision suprême en 1851, dans une partie du couvent de la Conception. Il coûta 244,950 piastres.

Il vient chaque jour au marché environ mille cinquante marchands.

Les vivres et les comestibles sont en général abondants et variés, à l'exception de la volaille où il y a peu de variété. On ne trouve ré-

gulièrement que des poules et des dindons, très-peu de canards et de pigeons, quelquefois des tourterelles, et dans de très- rares occasions des perdrix.

Bien qu'il y ait diverses espèces de poissons apportées chaque jour du Callao ou de Chorrillos, il y en a à peine trois ou quatre qui méritent la préférence : la petite courbine occupe le premier rang, mais, pour une cause inconnue, le savoureux peje-rey {poisson-roi) manque complètement dans ces parages depuis quelques années.

Les grains et les légumes sont abondants et de bonne qualité; le marché est approvisionné par les jardins de la ville, les chacrus (plantations) d'Indiens situées dans les vallées voisines, et par quelques villages de la côte et de la montagne.

Les viandes les plus en abondance sont celles de bœuf, de mouton et de porc; il y a peu de chevreau, à moins qu'on ne l'apporte des villages environnants ; bien rarement on vend des lapins et presque jamais de venaison, quoique le gibier ne manque pas dans les vallées voisines.

Chemins de fer. — Lima possède deux chemins de fer : l'un conduit au port du Callao, et l'autre au village de Chorrillos.

Le premier fut construit en vertu du contrat passé par le gouvernement av.ec D. Pedro Candamo, à qui on accorda un privilège de quatre-vingt-dix ans, au bout desquels le chemin , les voitures, etc., deviendront propriété nationale. Sur cette ligne le service se fait assez irrégulièrement; les entrepreneurs, en réglant les heures de départ et d'arrivée des trains, ont toujours soin d'ajouter les paroles plus ou moins en vertu desquelles ils se permettent de laisser les voyageurs se morfondre des heures entières.

Le chemin de fer de Lima à Chorrillos fut construit par une compagnie , en vertu d'un privilège du gouvernement. Ce chemin devint ensuite la propriété de M. Candamo qui, il y a peu de temps, a vendu à une compagnie anglaise tous ses droits sur les deux entreprises.

Télégraphe électrique. — Il a commencé à fonctionner entre Lima et le Callao le 23 avril 1857, et a été établi en vertu d'un privilège accordé par le gouvernement à un particulier.

M D. P. G. CANDAMO.

Premier entrepreneur de cherrons de fer de l'Amérique du Sud.

Voitures publiques. — On voit stationner sur la place principale, dès les premières heures du jour, plusieurs voitures destinées au service public, et dont les numéros atteignent le chiffre, encore restreint, de 96. Cette amélioration, des plus utiles, date de 1858.

Produits naturels de Lima. — Il serait très-long de faire l'énumération de tous les végétaux qui se cultivent au dedans des murs de Lima. La fertilité du sol, celle des jardins en général, les rend très-propices à la culture de toutes les plantes qui n'ont pas besoin d'une température très-froide, ni d'une faible pression atmosphérique. Il y a en effet très-peu de plantes importées d'Europe qui, grâce aux soins d'un jardinier intelligent, n'aient pas pu s'acclimater sur ce sol fertile.

Au nombre des fleurs les plus rares, on voit dans les jardins de Lima une riche variété de camélias, de magnolias, de renoncules, d'anémones, d'œillets superbes et d'une odeur suave; des roses de toutes espèces et de toutes couleurs, des lis, des nards , des narcisses, des jasmins, entre autres le jasmin du Cap (fleur tropicale d'une odeur des plus agréables et ressemblant beaucoup au camélia, par la pureté de sa blancheur et la largeur de ses pétales), des violettes, des diamelas doubles, des tulipes et bien d'autres fleurs encore , tant indigènes qu'acclimatées.

Parmi les principaux légumes, on récolte à Lima des choux, des laitues de plusieurs sortes, des carottes, des navets, des oignons, des tomates, du persil, du cresson, des chicorées, des artichauts, des choux-fleurs, etc., etc.

Ses fruits sont ceux de la zone torride et tempérée , dont voici les principaux : le fameux chirimolla (1) , diverses espèces de banane, la grenadille, la pomme, des raisins de plusieurs qualités, l'odorant paliilo, les paltas, la luemna, la pèche ordinaire, la pêche molle et blanche, l'excellente orange douce, le citron doux et le citron aigre, la cerise, la figue, la prune aigre et celle dite du moine (de fraile), la fraise, l'ananas que beaucoup considèrent comme le

(1) Fruit magnifique dont l'extérieur a la forme d'une bourse en velours vert qui renfermerait à l'intérieur une crème excellente.

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