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HO LIMA

niforme des soldats et des marins est exactement semblable à celui des troupes européennes. Le costume des prêtres est aussi le même, avec cette différence qu'à Lima ils portent au-dessus de la soutane un manteau noir qui descend jusqu'à mi-jambe (1), et que le chapeau n'est ni rond, ni à coi'nes, mais ressemble à une immense felouque d'à peu près deux tiers de vare de long, et porte le nom de teja (tuile).

La couleur de l'habit des religieuses et des moines varie suivant l'ordre auquel ils appartiennent : chez les Pères de la Merci il est blanc; noir chez les Pères Augustins; noir et blanc chez les Pères Dominicains; bleu et gris chez les Pères Franciscains. Cet habit se compose d'uneespèce de soutane et d'un manteau avec un capuchon et une sorte de tablier (2). Le luxe des moines consiste dans un énorme bonnet noir très-raide et qui ressemble à une tour.

Les ministres secrétaires d'État, s'ils n'ont pas d'uniforme spécial, s'habillent de noir pour les actes officiels; ils portent en outre une ceinture bleue et un chapeau à claque. Le Président se distingue par une large écharpe à deux couleurs.

Les chefs de quelques-unes des administrations nationales ont des habits brodés d'or aux collets et aux manches, et le chapeau à claque; les agents diplomatiques et les consuls portent un uniforme à peu près semblable à celui des diplomates français.

Les ministres des cours et les juges inférieurs portent, dans les cérémonies officielles, un habit noir brodé de soie de la même couleur; le reste du costume est également noir; puis l'épée, la canne et le chapeau à claque. Les conseillers de la Cour suprême portent, comme marque distinctive , un large ruban à deux couleurs, passé au cou, et à l'extrémité duquel est attachée une médaille d'or; le ruban des conseillers des Cours supérieures est ponceau.

Les artisans, les ouvriers, etc., ne portent aucun costume spécial.

Pour les visites et la promenade il n'y a pas de vêtements déterminés ; cependant, si ce sont des visites de cérémonie, on a l'habitude de s'habiller en pantalon noir, redingote et cravate noires, gilet

(1) Voir la page 31.

(2) Voir la page 30.

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SON EXCELLENCE M. FREDERIC BARREDA Plénipotentiaire du Pérou aux Etats-Unis du N.A.

et gants blancs; quant aux visites de très-grande étiquette, on ne les fait qu'en habit.

L'informe de chargé d'affaires.

Dans les réunions intimes, on va en redingote; l'habit se porte seulement dans les grands bals, auxquels on assiste en cravate blanche.

Pour les enterrements, les bouts de l'an et les visites de condoléance, le vêtement est tout noir et les gants de même couleur.

Les dames portent, dans les bals, des robes de soie de couleurs claires, et de n'importe quelle couleur pour les visites; le vêtement entièrement noir ne sert que pour aller à l'église, ou faire des visites de deuil. Le costume de noces est tout blanc.

DÉVOTIONS. - NUESTRO AMO.

La femme de Lima est dévote; jamais elle ne manque, sans un motif grave, d'assister aux principaux offices de l'église.

Les prières ordinaires du jour ont lieu en se levant; à neuf heures et demie du malin , lorsque la cloche de la cathédrale annonce la

consécration de l'hostie à la grand'messe; à l'heure où le soleil disparaît à l'horizon , et au moment du coucher. A huit heures du soir, les cloches de toutes les églises tintent une sorte de prière : alors toutes les personnes dévotes récitent quelques oraisons, qui, à cette heure, ont pour effet de délivrer les âmes du purgatoire.

En entendant les cloches de la cathédrale, le matin, et celles de toutes les églises, à l'heure où le soleil disparaît (l'angelus), tous ceux qui se trouvent dans la rue s'arrêtent et se découvrent.

Quand on porte l'extrême onction à une personne qui est au moment de se rendre de cette vallée de larmes dans celle de Josaphat, ce qui, généralement, se fait en procession, avec le concours d'une suite plus ou moins nombreuse, les hommes et les femmes de tout âge et de toute condition se découvrent et s'agenouillent, tant qu'ils aperçoivent le cortège qui accompagne le bon Dieu.

On dit vulgairement, et, à mon avis, on dit avec raison, que les riches fout beaucoup de bruit quand ils viennent au monde, beaucoup de bruit pendant, leur vie , du bruit quelques jours avant de mourir (s'ils ne succombent de mort violente ou subite) et du bruit encore quelques jours après leur mort.

La chose ne peut être plus vraie. Lorsqu'une dame d'un rang élevé (1) arrive au moment solennel de sortir de sa position intéressante, elle met toute la maison en mouvement; les valets courent chercher le médecin et la sage-femme ; des servantes, les unes vont en hâte annoncer les souffrances de la seFwra à ses plus proches parentes, les autres tordent le cou à la poule, vont chercher le berceau et préparent la petite soupe, etc.

La femme qui accouche n'est dans ce moment -là, malgré sa position élevée, qu'une pauvre créature humaine; elle crie et verse des larmes parce qu'elle endure de grandes douleurs. Mais enfin Dieu la délivre heureusement ; aussitôt des messagers, porteurs de la nouvelle, sont lancés dans toutes les directions pour annoncer que le inonde compte une créature de plus, qui deviendra un jour ce qu'il plaira à Dieu.

(1) Rang élevé veut dire haute naissance et même grande richesse.

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