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lent ou savent chanter, répètent le refrain en chœur. Ces finales s'appellent fur/as (fugues) : pendant qu'on les chante, les mouvements des danseurs sont plus rapides et plus lascifs.

Zambos dansant la Zamncueca.

La zamaciteca , tout en conservant son caractère chorégraphique et musical, a suhi quelques modifications et a reçu différents noms : elle a porté successivement ceux de maisito, de ecuador, etc.; aujourd'hui on l'appelle zangùaraûa.

Les poètes qui composent des chansons pour la zamacueca ne sont guère remarquables; la plupart sont les guitarristas eux-mêmes, chez qui l'eau-de-\ie allume le feu sacré de la poésie.]

CHORRILLOS.

Pendant les mois de notre solstice d'hiver, c'est-à-dire de décembre à mars, qui forment la saison la plus chaude à Lima, les personnes aisées de la capitale se rendent à Chorrillos, pour jouir des agréments de la villégiature. Les pauvres mortels à qui la fortune a refusé ses faveurs se rafraîchissent dans la capitale, ou ne se

rafraîchissent pas : car telle est la destinée du pauvre que, dans tous les pays du monde, il peut savourer complètement les plaisirs de la froidure et de la chaleur.

Il faut que l'empire et les caprices de la mode soient bien grands pour avoir fait de Chorrillos le rendez-vous de l'aristocratie et de la beauté. Malgré les maisons neuves et somptueuses qu'on y voit aujourd'hui , l'aspect de cette bourgade est désagréable et même très-laid. Les rues sont étroites et tortueuses, et le manque de pavage, qui ne permet guère de marcher commodément, produit, suivant le temps sec ou la pluie, de la poussière ou de la boue.

Quel est donc l'attrait de Chorrillos? pourquoi cette localité estelle la résidence favorite de l'aristocratie? pourquoi ne peut-on passer pour une personne de bon Ion, si l'on ne se rend, au moins les dimanches, à Chorrillos? pourquoi est-ce le rendez-vous des flâneurs de la capitale? Est-ce le climat, sont-ce les eaux, qui attirent la foule? Rien de tout cela. C'est parce que la déesse Fortune y a ses temples; c'est parce que la plupart des maisons sont autant de champs de bataille où luttent sans cesse , le jour comme la nuit, les bons ou les mauvais génies des hommes. A Chorrillos , on peut conquérir une fortune en deux ou trois jours, ou perdre en une nuit les économies de toute une année ou de toute la vie.

Vue du petit môle de Chorrillos.

On doit au général Castilla l'amélioration la plus importante qui ait été réalisée à Chorrillos : c'est l'établissement de la promenade

sur le Barranco (ravin) , d'où l'on jouit d'une vue délicieuse sur la mer. Pendant les belles soirées, où la lune brille de tout son éclat, la société nombreuse et choisie qu'on y trouve , et la musique militaire, font de cette promenade un véritable lieu de délices.

Avant la création de cette promenade , l'existence des dames à Chorrillos était bien monotone et bien triste. Pendant les soirées surtout, elles se voyaient condamnées à la solitude, tandis que le sexe fort se livrait, corps et âme, à X innocent passe-temps que lui procuraient les maisons de jeu.

Vue extérieure du rancho (maison de campagne) du général Pezet.

Les maisons de Chorrillos conservent le nom de ranchos (espèce de baraques), nom qu'on donnait aux habitations des Indiens qui les louaient jadis aux familles de Lima, pendant la saison des eaux, ne réservant pour eux qu'un petit nombre de logements. Les Indiens ont déjà vendu beaucoup de ces l'anchos, et des terrains où l'on a bâti de somptueux hôtels, qui seraient plus avantageusement placés dans la capitale. Le petit palais de la senora Elguera mérite surtout une mention spéciale, ainsi que celui du général Pezet, construit et meublé avec un luxe inutile dans une localité comme Chorrillos.

L'occupation principale des ChorilJanos (Indiens de Chorrillos), c'est la pèche. Les femmes portent le poisson à Lima pour le vendre, soit au marché, soit en parcourant les rues. Avant l'établissement

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Entrée do jardin <ln rancho du général Pezet,

du chemin de fer de Lima à Cliorrillos, la pescadora (femme de pêcheur) servait de courrier ei de comntissionriaire h toutes les familles de Lima.

Intérieur du jardin

Côté du jardin.

Il a fallu bien du temps avant que les ChorriUanas (femmes de Chorrillos) aient osé voyager en chemin de fer; elles ne pouvaient comprendre que des voitures sans chevaux pussent marcher avec

Devant du jardin.

une telle rapidité, sansque le diable s'en mêlât. — Aujourd'hui même, la pescadora préfère le pas lent de sa mule, bien que ce pacifique animal n'emploie pas moins de trois heures pour accomplir le trajet de Chorrillos à Lima.

Pescadora de Chorrillos.

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