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GARDIENS DE L'ORDRE PURLIC

A cette époque où la lumière était rare dans les rues, mais où les voleurs n'étaient pas rares (I), la sûreté de la vie et des propriétés était confiée au bras de celui qui voulait se défendre. La terreur des pacifiques habitants de Lima en était arrivée à ce point que les citoyens de chaque quartier résolurent de se réunir pour faire des patrouilles. En conséquence, tous les soirs, dix ou douze hommes sortaient en armes, les uns avec des pistolets, les autres avec des épées et un certain nombre avec de simples bâtons. Mais l'entêtement des voleurs finit par fatiguer les patrouilles , et de nombreuses réclamations adressées à l'autorité donnèrent naissance à la fameuse compagnie des encapados (2), chargés de poursuivre les malfaiteurs. Les eneapados portaient un chapeau rond, un manteau noir, et un énorme rouleau de corde pour attacher les voleurs. 11 ne s'écoula guère beaucoup de temps sans que les pacifiques habitants eussent plus à redouter les encapados que les bandits. La cause de cette crainte, c'est que les bandits, pour assurer l'impunité de leurs méfaits, s'enrôlaient dans la compagnie des encapados, ruse qui les autorisait à porter des armes et leur procurait un déguisement.

Les eneapados furent remplacés plus lard par les serenos (3), qui devaient se placer aux coins des rues et les parcourir de temps à autre. Ils étaient chargés en outre de chanter toutes les heures pour annoncer l'état de l'atmosphère. Le sereno remplissait cette partie de ses devoirs de vigilance en criant d'heure en heure :

(I) Voir l'article El relero (le marchand de chandelles), pages 20îî et suiv,

('2) C'est-à-dire revêtus d'une capa, sorte de manteau.

(3) C'est-à-dire sereins, qui annoncent le beau temps et la pluie.

Il Ave Maria purisimall (je vous salue, Marie très-pure) , \\Las diez han dadolï (dix heures sont sonnées), \Viva el Perû! et le temps est serein, ou il pleut ! etc.

Les serenos portaient un chapeau avec de larges bords , un manteau court et un fusil. Ils devaient passer la nuit éveillés, mais le plus grand nombre s'appuyaient aux coins des rues et dormaient sur un pied. Souvent, en se réveillant, ils s'apercevaient qu'un voleur leur avait enlevé leur fusil. Les serenos portaient en outre un sifflet, dont ils se servaient toutes les demi-heures; le sifflet avait l'avantage d'avertir les voleurs, qui avaient ainsi du temps de reste pour s'échapper lorsqu'ils entendaient le signal des serenos pour se réunir.

Le corps des serenos subit plusieurs réformes. Ils prirent plus tard le nom de vigilantes (surveillants) et le peuple leur donna celui de corbatones (grosses cravates). Plus tard, ces surveillants s'appelèrent

Celador en tenue de ville.

celadores (inspecteurs), et aujourd'hui les celadores sont des celadores bomberos (pompiers), parce qu'ils sont chargés du service des pompes pour éteindre les incendies. Le bas peuple, voyant qu'ils

i ; quu

Celador en tenue de revue.

ne connaissent en fait d'incendies que ceux que produit l'eau-devie, les a surnommés celadores bombistas, c'est-à-dire qui pompent

Celadores arrêtant un marchand de biscuit.

souvent la bouteille. — Les celadorcs ont deux uniformes, l'un

pour tous les jours , l'autre pour les revues; ce dernier n'est autre que l'uniforme de pompier.

Le celador d'aujourd'hui n'est plus l'ancien coquin encapado, ni le paresseux sereno ; homme d'un meilleur ton, il passe ses journées commodément assis à la porte d'une pu /péri 'a (boutique d'épicier) , en lisant les journaux et parlant politique. Il faut qu'un événement soit bien grave pour qu'il éveille l'attention du celado?-; toutefois, quoiqu'il y ait encore beaucoup à faire de ce côté, le service de la police a gagné considérablement depuis quelques années.

Les celadores sont chargés de veiller à la fidèle exécution des règlements de police en ce qui concerne la propreté de la ville , la liberté du commerce et la morale publique.

Gendarme Je cavalerie.

Pour poursuivre les malfaiteurs extrà-muros et dans la campagne, on a organisé des brigades de gendarmes à cheval.

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