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EL VELEKO (MARCHAND DE CHANDELLES) ET DEUX HISTOIRES

Le velero vend et distribue en différents lieux sa marchandise. L'article dont il est le marchand ambulant perd chaque jour de son importance, grâce aux progrès qu'il a faits naître lui-même. Nous allons expliquer cette proposition, qu'au premier abord on pourrait prendre pour un paradoxe.

Il y a quatre-vingts ans, les habitants de la Heréica Ciudad de los Reyes (héroïque Cité des Rois) éclairaient encore les pièces principales de leurs maisons, par exemple les salons et les chambres ;i coucher, avec des chandelles en suif noir; les autres pièces étaient éclairées avec des lampes grossières, remplies de graisse ou de saindoux au milieu duquel brûlait une grosse mèche.

Plus tard (et ce fut le temps de la vogue pour les marchands de chandelles) , l'éclairage des pièces principales se faisait avec des velones (grosses chandelles) en suif blanc, et celui des autres pièces, au moyen de rclilas (petites chandelles) de la même couleur. Les chandelles en suif noir furent laissées aux pauvres gens, et les lampes grossières reléguées dans les cuisines.

Ce l'ut l'époque des chandelles , grandes , moyennes et petites {reloues, relitus et qçhncitos}.

(\) Viens, petite zamba de ma \w.

Zarahia de mon.eœur, Viens l'aire un tour de promenade l>an> mon carrelon.

Si tu connais, belle zamba, L'amour d'un chevalier, Viens, zamba, tu connaîtras L'amour d'un carretonero.

On dit que le Dieu des cicu \ Mourut cloué sur la croix :

Qu'ainsi meure Cayetarto Pour la petite négresse Jésus!

mendc , l'obligation de mettre à leur porte une lanterne qui brûlerait jusqu'à dix heures du soir. Cette innovation, qui marque la seconde période de progrès, produisit, tout d'abord, un résultat avantageux pour les ferblantiers, qui fabriquèrent toutes sortes de lanternes, depuis les lanternes microscopiques, destinées aux pauvres et aux boutiquiers, jusqu'aux lanternes colossales à cinq branches qui servirent d'abord à éclairer les salons et., plus tard, les portes cochères pendant les illuminations extraordinaires.

On voyait dans la même rue des lanternes de toutes les grandeurs, abritant des chandelles de suif, ou des verres remplis d'huile odorante de hiyuerilla (de ricin). Les manœuvres des voleurs pour enlever les manteaux des passants ne commençaient alors qu'à dix heures.

Quoique cette mesure ait amélioré beaucoup l'éclairage public, le mauvais vouloir des uns, la pauvreté des autres, et surtout le bon vouloir du gouvernement, donnèrent lieu à l'éclairage au moyen de réverbères, placés sur de hautes colonnes en fer solidement construites, ou soutenus par des chaînes fixées aux deux côtés de la rue. Dès lors, on put dire que l'éclairage remplissait son but. Grâce à cette innovation, et grâce aussi à d'autres mesures dont nous avons parlé à l'article des gardiens de l'ordre public, on cessa de voler dans les rues les chapeaux et les manteaux.

Ce dernier mode d'éclairage fut enfin remplacé par le gaz, dont on vit briller la lumière pour la première fois à Lima, dans la soirée du 7 mai 1855.

Telle est l'histoire de l'éclairage public et privé à Lima. Il eût été naturel d'écrire celle des chandeliers, des lanternes et des lampes : mais celle-ci n'a point suivi la même voie que l'autre. A l'époque de mauvais éclairage, les maisons des riches étalaient des lustres et des candélabres de grande valeur, en argent massif, quoique les pauvres ne pussent se servir que de lampions en terre cuite. Aujourd'hui, il faudrait qu'une personne fût dans une extrême indi= gence, pour ne pas avoir un chandelier en cuivre ou une lampe à brûler de l'huile de pétrole. Les maisons les plus opulentes ont des lampes et des candélabres d'un travail artistique très-délicat et

d'un goût remarquable. Mais.... l'or et l'argent ont à peine donné extérieurement à ces objets leur couleur et leur éclat. Sous ce rapport, si Ton peut constater les progrès de l'art, on peut constater également la décadence du luxe et de l'opulence qui, dans des temps peu éloignés de nous, régnaient encore à Lima.

BISCOCHEROS (MARCHAiNDS DE PATISSERIES AMBULANTS).

Les biscocheros sont ordinairement des Indiens ou zambos (mulâtres), qui reçoivent du fabricant de pâtisseries tant pour cent, sur le produit de la vente réalisée chaque jour, en parcourant les rues. Le biscochero a inventé, pour augmenter son bénéfice, le jeu de la mosquita (petite mouche).

Tous les objets appétissants qui ornent la table du biscochero ne sont pas du même prix, et tous les gamins n'ont pas le bonheur de posséder la somme de six, douze ou vingt centavos (le centavo vaut un sou) pour se régaler d'un morceau délicat et cher. Mais le biscochero procure à tous un moyen facile de pouvoir atteindre l'objet de leurs vœux ; et voici comment : il pose sa table à terre, tous les gamins l'entourent et chacun d'eux met sur l'objet de sa convoitise deux ou trois centavos au plus; le biscochero agite alors son plumeau ou sa serviette pour chasser les mouches. Quand cette manœuvre cesse, les mouches reviennent, et l'une d'elles se pose naturellement avant les autres sur l'un des gâteaux; dès lors ce gâteau appartient à celui qui a parié pour lui, cl tous les autres joueurs perdent leurs mises: ce qui permet au biscochero de ramasser pour un gâteau quatre ou cinq fois sa valeur. Si la mouche a eu la fantaisie de se poser sur une pièce non désignée, le biscochero ramasse toutes les mises.

Les biscocheros parcourent les rues, pendant toute l'année, depuis les premières heures de la matinée jusqu'à trois ou quatre heures du soir. L'intonation et les mots qu'ils emploient pour crier sont très-variés; mais c'est surtout pendant la semaine sainte qu'on les voit par centaines criant par les rues : \Pan de du/ce! \pan de dukel (espèce de gâteau) de toute la force de leurs poumons, sur des tons divers et avec des inflexions différentes.

Le bisœchem (marchand de pâtisseries ambulant).

La biicûchusrela (marchande de pâtisseries) de la gare du chemin de fer.

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