Günther K. Anton, op. cit., p
Les
cupaient celui-ci. Absorbé par les soucis du développe ment de l’industrie nationale, et craignant pour elle les effets d’une loi de protection, il arrêta, sous mille prétextes, l'élan généreux d’Altenstein. Tantôt c’étaient les rapports en retard qu’il attendait, tantôt c'était un agent qu'il voulait envoyer en Angleterre pour y étudier les” conséquences des lois protectrices. Plus tard encore, 1l alléguait le caractère fragmentaire des projets d’Allenstein et lui rappelaitles conséquences nuisibles des études classiques sur la santé des jeunes collégiens.
Las de tous ces obstacles, Altenstein résolut d’agir seul dans la limite de ses attributions, et, le 27 avril 1827, 1l envoyait une circulaire à tous les gouvernements prescrivant une observation rigoureuse des lois scolaires. Dans cette circulaire, le ministre s’excusait de n'avoir pu aboutir encore à une législation du travail; 1l rappelait les difficultés accumulées contre pareille loi, les intérêts antagonistes des enfants, des parents et des industriels, les conditions variées des provinces et les inconvénients d’une législation unitaire prématurée. En attendant, il cherchait dans les dispositions du droit commun une arme contre les parents sans conscience et les industriels égoïstes. Il ordonnait une application rigoureuse des lois scolaires et rappelait leur teneur.
1° Les parents ou leurs représentants légaux qui ne peuvent faire donner chez eux, à leurs enfants, l’instruction nécessaire, doivent, le cas échéant de force et sous peine d'amende, envoyer leurs enfants à l’école dès la cinquième année de leur âge. |
2° Tout enfant ne sera plus astreint à la fréquentation
ne
de l’école quelorsque son directeur jugera qu’il a acquis les connaissances nécessaires à une personne de sa condition.
3° Il ne pourra être dispensé provisoirement de la fréquentalion scolaire que par le directeur de l’école et les autorités locales. (1)
C’est à ces prescriptions de droit commun qu'avait dû recourir Altenstein. La législation scolaire en Prusse fut toujours d’un puissant secours aux réformateurs. C’est grâce à elle que, dans l’impuissance où l’on fut souvent d’édicter des dispositions protectrices, on put limiter dans une certaine mesure les abus du régime industriel. Plus tard ce fut le seul moyen qui permit de corriger le caractère incomplet de la législation ouvrière et d’étendre la protection de la loi aux Jeunes ouvriers des ateliers et de l’industrie à domicile. Pour le moment von Altenstein ne pouvait faire davantage etles obstacles soulevés par les autres ministères semblaient interdire toute espérance pour l'avenir.
Heureusement pour les jeunes travailleurs de fabrique une circonstance nouvelle favorisa les projets d’Altenstein. De terribles conséquences de l'exploitation enfantine venaient d’être dévoilées. Ge n'était plus l'intérêt immédial des enfants, c’est la puissance militaire de la nation qui était menacée et l’argument restait sans réplique.
Dans un rapport officiel le lieutenant général von Horn avait averti le gouvernement que dans les régions de fabrique le contingent nécessaire ne pouvait être levé et il avait appelé plus particulièrement l'attention sur le tra-