Günther K. Anthon, op. cit, p
gouvernement. Von Olfers, au cours de la discussion, avait prononcé ces dignes paroles : « On a parlé tout à l'heure #« d'une perte de capital. Il y a aussi, messieurs, des ca- & pitaux vampires et celui-là en serait un quise nourri- « rait de la moelle de l'Etat. Nous n’en sommes pas heu- « reusement réduits à traiter les enfants des pauvres « comme des machines. C’est pour nous un devoir d’hu- « manité, de civisme et de religion que de leur faire « part des bienfaits de l’organisation sociale ». (1) La loi fat promulguée le 16 mai 1853.
Ainsi avait élé réalisée dans ses dispositions essentielles la protection. légale des enfants de fabrique, telle qu'elle s’est à peu près maintenue jusqu’à nos jours: Quelques perfectionnements y furent apportés en 1878 et en 1891. Mais les bases fondamentales furent déjà posées en 1839, surtout en 1853 : Interdiction du travail régulier des enfants jusqu’à 12 ans, limitation à 6 heures de 12 à 14 ans, à 10 heures de 14 à 16 et interdiction du travail de nuit. Telles étaient les dispositions bienfaisantes qui devaient mettre un terme à la dégénérescence de la race. Malheureusement la pratique démentit cruellement ces espérances. Après l'enthousiasme de la révolution et le coup d’éperon qui poussait loin en avant la législation ouvrière survint le lendemain réactionnaire, l’étouffement des révendications politiques et l'indifférence pour les enfants voués au travail. Le ministre von Heydt avait af-