Stieda, op. cit., p. 214, etc
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dustrie textile. De plus la suppression du travail féminin eut provoqué un vide dans les réserves de main-d'œuvre ouvrière. Il eut fallu rechercher l’élément masculin, recruter des travailleurs dans les campagnes, ce qui eut nui considérablement à l’agriculture. Enfin le travail masculin limité d’ailleurs par les exigences du service militaire qui absorde les forces les plus vives de la nation eut imposé à l’industrie des sacrifices trop élevés, eut abouti sans doute à une élévation des prix et mis l’industrie nationale hors d'état de soutenir la concurrence des autres pays sur le marché international.
A ces raisons d'ordre technique et économique les industriels ajoutaient des considérations plus sentimentales. Ils présentaient l’interdiction du travail des femmes sous les couleurs les plus sombres au point de vue de la vie ouvrière elle-même. Les veuves, les femmes abandonnées ou mariées à des prodigues seraient privées de la ressource de leur travail et abandonnées à la charité publique. D'ailleurs la misère, les privations n’élaient-elles pas plus redoutables pour les familles ouvrières que le travail physique avec la possibilité d'une vie plus confortable ? C'était l'avis presque unanime. Des exceptions se produisirent cependant. Quelques industriels acceptaient volontiers l’interdiction du travail des femmes. Ils soutenaient que la femme occupée aux travaux domestiques compensait amplement par ses occupations de ménage le gain qu’elle pouvait réaliser à l'usine. C'était d’ailleurs la condition d’une vie de famille plus parfaite et d’une convenable éducation des enfants.
La seconde solution, la limitation du travail des fem-
mes ne trouva pas un accueil plus favorable. Très peu d’industriels adhérèrent à cette idée. La concurrenceinternationale était loujours le plus grand obstacle. En Sue on prétendait que ce serait la ruine de toute l’industrie du pays, que les filatures ne pourraient soutenir la concurrence de la Suisse et de l'Angleterre, l'industrie du lin la concurrence de l'Autriche, l’industrie du drap celle de la Belgique et de l'Angleterre, l'industrie du papier celle de l'Angleterre, de la Belgique, de la France et de l'Autriche, etc.. etc. À tous les moments de l’évolution de la législation protectrice nous nous heurterons à cet argument qui arrêta les pouvoirs publics et qui fut un continuel obstacle aux mesures humanitaires dès les débuts, dès 1820.
Quant aux mesures de protection à prendre dans l’usine pour préserver la santé ouvrière on prétendait que tout était fait dans ce sens et que la législation en vigueur suffisait. C'était donc une fin de non recevoir absolue qu'opposaient les industriels à une protection quelconque du travail féminin.
En ce qui concerne les jeunes ouvriers l'enquête ne révéla pas de dispositions plus favorables. Les industries sur lesquelles elle avait porté occupaient 88.000 jeunes ouvriers, dont. 24 0/0 de 12 à 14 ans et 76 0/0 de 14 à 16 ans. Ils représentaient environ 1/10 de la population ouvrière totale de ces industries qui comptaient 880.000 travailleurs. Les salaires étaient minimes. Pour les ouvriers de 12 à 14 ans ils variaient de 1 à 9 marks par semaine ; la moyenne ordinaire était de 8 marks. Pour les ouvriers de 14 à 16 ans ils variaient de ! mark 50 à