‹ Limitation Légale de la Durée du Travail en AllemagneChapitre 63 sur 88 · Op. cit., Séance du 18 avril 1891, p · texte numérisé non relu

Op. cit., Séance du 18 avril 1891, p

pait régulièrement un grand nombre de femmes et dans les houillères silésiennes où elles n'étaient au contraire occupées la nuit qu’à titre exceptionnel. L'article 137 adopté par le Reichstag était ainsi concu :

« Les ouvrières ne doivent pas être employées dans les «fabriques pendant la nuit de 8 heures 1/2 du soir à « o heures 1/2 du matin ; ni le samedi et les veilles des « fêtes après 5 heures 1/2 du soir ».

Ici encore, la législation allemande suivait les conseils de la Conférence de Berlin qui s'était prononcée contre le travail de nuit des ouvrières. Le samedi, les femmes ne devaient travailler que 10 heures et devaient quitter l'atelier à 5 heures 1/2 du soir pour vaquer aux occupations du ménage el pouvoir jouir ainsi plus complètement du repos dominical.

Pauses. — En ce qui concerne les pauses, l’art. 137, alinéa 3, était ainsi conçu :

« Les heures de travail des ouvrières doivent être séparées par une pause d’une heure au moins à midi. »

Ce texte fut voté sans débat. Une discussion animée s’engagea au contraire sur une disposition subsidiaire. Il s'agissait des ouvrières ayant un ménage, mariées ou veuves au profit desquelles le projet du gouvernement avait introduit la proposition suivante :

«Si le repos de midi ne dure pas 1 heure 1/2 au moins, le travail devra cesser {/2 heure avant le repos de midi pour les femmes qui ont un ménage et sauf avis contraire de la police, pour les femmes mariées et les veuves ayant des enfants. »

Cette disposition avait été dictée par le désir de ren-

dre au foyer domestique, pour-vaquer à leurs occupations de ménage, les femmes obligées de recourir au travail de fabriques. Elle n’était pas sans présenter quelques iaconvénients. C’était d’abord une charge pour beaucoup d’ouvrières que l'éloignement de la fabrique mettait dans l'impossibilité de regagner leur domicile à midi.Le Reichstag trouva encore que l’on allait trop loin en imposant cette nouvelle pause à toutes les femmes mariées et aux veuves ayant des enfants. Max Hirsch releva surtout ces inconvénients (1). On invoqua l’exemple de la Suisse qui n’accorde ce supplément de repos que sur la demande des ouvrières et sar la proposition de Gutfleisch, le $ 4 de l’article 137 du « Code industriel » fut ainsi amendé :

« Les ouvrières de plus de 16 ans qui ont un ménage « doivent être congédiées sur leur requête une demi- « heure avant le repos de midi, si la durée de ce repos « n’est pas de 1 heure 1/2 au moins. »

Femmes en couches. — La législation de 1878 avait interdit, comme nous l'avons vu, aux femmes accouchées le travail de fabriques pendant les trois semaines qui suivent l’accouchement. Le projet de loi voté par le Reichstag en 1887 étendait à quatre semaines cette interdiction. La Conférence de Berlin recommandait aussi cette dernière mesure.

Le projet du gouvernement reproduisit cette disposition. Les députés du « Centre » demandèrent une protection plus étendue ; ils voulaient que le travail fut

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