Op. cil., séance du 19 mai 1890, pp. 442 et suivantes
tèur socialiste avait voulu démontrer qu’une réduction de la'journée de travail n’entraînerait pas une diminution de la productivité générale. Ici, il admettait cette diminution puisqu'il voulait justement la compenser par le travail des inoccupés.
C’est ce que lui firent observer ses adversaires qui se livrèrent à une critique très serrée de la proposition. Pour eux, il ne pouvait être question de la journée de 8 heures. Elle eût diminué considérablement la production industrielle et mis en état d’infériorité l’industrie allemande dans sa lutte contre la concurrence étrangère. C'était vouer à la ruine la prospérité économique du pays et Le bien-être des oùvriers eux-mêmes.
Le ministre du commerce Von Berlepsch prit part à plusieurs reprises à la discussion. Il n’était pas, en prin- . cipe, contre la limitation du travail des adultes ; 1l croyait la question « discutable », et s’il ne l’avait pas posée dans le projet de loi c'était uniquement pour des raisons pratiques. Quant à l’adoption de la journéede 8 heures 1l n’y fallait pas songer «en raison de deux autrés questions dont elle entraine la solution : celle des nécessités budgétaires des familles ouvrières et celle des exigences de la concurrence internationale » (1).
L'abbé Hitze au nom du « Centre », Max Hirsch au nom des progressistes atlaquèrent à leur tour la proposition socialiste. Elle était, d’après eux, impraticable ; la diminution de la production eût entrainé une baisse considérable des salaires.
Cependant, la proposition ne fut pas retirée. Elle fut