Op. cit., séance du 20 mai 1890, pp. 169 et suivantes
en deuxième, lecture reprise par Grillenberger qui prononça ces paroles significatives : « Il n’est pas un ou- € vrier intelligent qui demande une réduction considé- « rable de la journée de travail par des mesures légales « tant qu’une entente internationale n’aura pas eu lieu «entre les grands pays industriels » (1). La proposition socialiste ne demandait, en effet, l'application de la journée de 8 heures qu’au 1° janvier 1898. On devait y arriver par étapes, par l'application de la journée de 10 heures en 1891 et de la journée de 9 heures en 1894. Entre temps on devait convoquer une nouvelle conférence internationale et tâcher d’aboutir à une entente entre les grands pays industriels.
Le baron de Beérlepsch constata que tous les partis au Reichstag avaient ainsi reconnu les difficultés créées à la législation ouvrière par la concurrence internationale. Quant à une entente entre les grands pays industriels sur la base de la journée de 8 heures, elle était du domaine des rêves. Depuis la conférence de Berlin, des projets de législation ouvrière avaient été déposés en Angleterre et en France. Ni l’un, ni l’autre ne contenait de dispositions limitant le travail des adultes. Le ministre ajoutait qu’on ne pouvait traiter aussi légèrement la question des salaires ouvriers sûrement menacés par une diminution notable de la journée de travail. Il comptait d’ailleurs sur lopinion publique et l’organisation ouvrière. À Berlin, dans la grande industrie, il était rare qu'on travaillât plus de 10 heures. Dans l’industrie métallurgique, le travail ordinaire était de 10 heures, tout