Voir Sociale Praxis, 4 mai
Dans ce cas il s’agit ordinairement d’une entreprise considé-
C. Limitation du travail des femmes et des enfants dans les ateliers de confection et de lingerie.
Dans le second ordre d'idées, en ce quiconcerne l’extension des mesures protectrices des femmes et des enfants aux ateliers et à l’industrie à domicile, le Conseil fédéral n'a usé qu'une fois de son pouvoir ; c'est au profit des femmes etdesenfants employés dans la confection et dans la lingerie. Dès 1887 l'attention du gouvernement avait été attirée sur l’état déplorable des ouvriers de cette industrie. Il ordonna une enquête.
Cette industrie occupait un nombre considérable d’ouvrières. Très peu travaillaient dans les fabriques ; l’immense majorité travaillait en chambre ou dans des ateliers de marchandeurs. Les salaires étaient très bas par suite de la concurrence des ouvriers entre eux. Beaucoup de mères de famille trouvaient dans ce métier qu’elles pouvaient exercer chez elles tout en s’occupant de leurs enfants et de leur ménage un supplément de ressources. De plus un nombre considérable de femmes et de filles de petits fonctionnaires travaillaient elles aussi à domicile non pour se procurer des moyens d'existence, mais pour satisfaire à des besoins de luxe, aller parfois au theâtre etc., etc. Le salaire qu’elles recevaient constituant pour elles un « argent de poche » elles pouvaient naturellement se contenter d'un salaire minime.
rable où l’on peut établir un système de deux équipes. Le Conseil fédéral se montra surtout indulgent pour les petites meuneries qui ne pouvent occuper qu'un ouvrier,
Cest cette concurrence qui pesait lourdement sur les salaires et atteignait directement les vraies ouvrières qui ne cherchaient pas elles, dans l'exercice de leur profession, le moyen de satisfaire à quelques besoins de luxe mais le moyen de subvenir aux besoins de première nécessité. Elles étaient obligées de travailler démesurément. Leur journée de travail atteignait fréquemment 18 heures.
Au mois de février 1896 se produisit un grand mouvement de grèves des ouvriers de la confection. Parti de Berlin 1l gagna rapidement les grands centres de cette industrie: Hambourg, Stettin, Erfuhrt, Breslau, Halle, etc. L'opinion publique était en général favorable aux grévistes. Une interpellation fut faite au Reichstag par le député national-libéral von Heyl zu Herrnsheim ; 11 demandait au gouvernement de prendre des mesures pour remédier à cette triste situation, de reglementer en particulier l’industrie à domicile où se produisaient le plus d'abus. Les orateurs de tous les partis eurent des paroles de sympathie pour les ouvriers en grève. Le secrétaire d'Etat von Bôtticher répondit à l’auteur de l’interpellation qu'il avait « mis le doigt sur une des plaies les plus hideuses de notre organisation économique » (1). Des mesures furent annoncées et préparées.
Une enquête fut faite par la Commission de statistique ouvrière. Elle aboutit à des résultats peu favorables. La durée de la journée de travail atteignait 18 heures; les salaires variaient entre 20 et 25 centimes par heure; l’hygiène des ateliers était au-dessous de toute critique. De