ORCHIDÉES ANORMALES
D'’assez curieuses anomalies ont fait leur apparition dans ces derniers temps ; 1l nous paraît intéressant d’en dire quelques mots.
M. le capitaine C. C. Hursr a présenté à Londres une fleur de Cypripedium X Canhami (superbiens par villosuim) dont voici la description : « Un côté du labelle ou sabot est de couleur normale et bien intermédiaire entre les deux parents. L'autre côté peut se diviser en trois parties distinctes : 1° une bande étroite d’un riche coloris brun pourpré, comme dans le C. superbiens; 2° une large bande jaune verdâtre, comme dans le C. villosum : 3° le reste constituant un mélange des deux parents.
« Il y a évidemment ici, ajoute M. HURsST, une dissociation partielle du mélange de « sang » des deux espèces parents, d’où une mosaïque, plutôt qu’un mélange. Il est intéressant à noter que les cils à l’intérieur du sabot sont nettement séparés, comme les zônes de couleur, et il y a aussi une tendance à la dissociation dans le coloris du sépale dorsal et des pétales... |
« Nous connaissons en somme peu de chose relativement à la manière dont les cellules des hybrides sont déterminées et formées, mais il serait permis de supposer, d’après ce cas particulier, que quand les cellules se formaient en zônes (séries 1 et 2), les
déterminants propres à chaque parent se sont plus ou moins séparés au lieu de former un
mélange, ceux du C. superbiens produisant seuls la zône r, et ceux du C. villosum produisant seuls la zône 2. »
M. HursT rappelle que des sports analogues se sont produits dans le C. X Dautlneri (variétés marmoraium, Rossianum, etc.). Mentionnons aussi le C. Harrisianum X polychromum, bien connu de nos abonnés.
Le Gardeners Chronicle a publié, dans son numéro du 3 janvier, une figure représentant une autre anomalie des plus curieuses, et très rare, celle-là. C’est un Odonioglossum crispum prolifère, c’est-à-dire dans lequel, du centre de la fleur, s’élève. une tige, prolongement du pédicelle, qui se termine plus haut par une autre fleur. La fleur inférieure n’a pas d’ovaire; elle a trois sépales et trois pétales de forme régulière et symétrique. Elle n’a pas non plus de colonne, mais à peu près à la place de celle-ci se trouve un pédicelle, issu de la tige centrale, qui se termine par une petite fleur un peu tordue, composée de deux pétales et de deux sépales en croix; le second pétale est un labelle. Au centre se trouve une colonne rudimentaire avec indications de deux anthères. | |
Enfin M. O. DoiN, amateur, a présenté à Paris tout récemment un Cypripedium hybride issu du C. Aygus et du .C. insigne Chantini, dont une fleur possédait deux pavillons et deux staminodes accolés et bien développés. Il ne s’agit pas ici de deux fleurs soudées, comme on en voit parfois. Le pédicelle et l’ovaire étaient bien normaux et simples, de même que les pétales, le labelle et le sépale inférieur. La fleur ainsi étoffée avait une très belle allure.
Nous avouons que les anomalies nous intéressent et nous paraissent dignes d'étude. Tout le monde ne partage pas- cette façon de voir et nous le savons bien. Nous avons même observé des divergences de deux sortes.
(Pour la Suite, voir page 64)
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CYPRIPEDIUM x. LEEANUM rcus. Fr. var. OLIVACEUM L. LIND.
PL. DCCXCVII CYPRIPEDIUM < LÉPANTM 0 2 DLIVACEUM 20
VARIÈTÉ OLIVATRE
CYPRIPEDIUM. Vide Lindenia, I, p. 17.
Cypripedium X Leeanum. Vide Lindenia, III, p. 61. Var. olivaceum L. LiND., infra.
EN armi les nombreuses variétés du Coripeun X Leeanum, celle dont ê RU 7) nous publions le portrait ci-contre est sans doute la plus distincte.
x) Les autres diffèrent entre elles par la grandeur des fleurs, par l’abonus la grandeur et le coloris des macules qui recouvrent la moitié inférieure du pavillon; mais le coloris général est toujours sensiblement le même, et vraiment il semblait que l’hybridation du C. Spicerianum avec le C. insigne eût donné une fois pour toutes un produit sensiblement intermédiaire entre les deux parents, avec quelques variations inévitables, mais relativement secondaires.
La nouvelle variété que nous figurons ici est toute différente. À part la bordure blanche qui recouvre largement le bord supérieur de son pavillon, la fleur est entièrement d’un jaune olivâtre; les pétales sont curieusement striés de points bruns en lignes longitudinales; le sabot est lavé de brun clair sur fond jaune olivâtre; le pavillon porte plusieurs rangs de lignes rose-brun violacé plus ou moins interrompues et brisées. La fleur est, dans son ensemble, d'une belle et élégante forme, et les pétales sont plus larges que dans les C. X Leeanum ordinaire.
Il est difficile d'imaginer l’origine de ce coloris si particulier. Quoi qu'il en soit, on ne peut le considérer que comme une acquisition nouvelle d’un grand intérêt, un cas de semi-albinisme, d’où peut sortir du jaune pur.
(Suite de la page 62)
Les uns, et c’est la grande majorité, parmi les horticulteurs et jardiniers surtout, considèrent une fleur anormale comme une fleur ratée, une fleur mal venue, et la font disparaître rapidement, parce qu'ils se disent que si le bruit se répandait que leurs Orchidées produisent des fleurs tordues et biscornues, cela ferait du tort à leur habileté de praticiens. Si l’on tente de démontrer à ceux-ci qu’il peut y avoir parfois des observations très intéressantes à faire sur des fleurs anormales, ils lèvent les épaules : tout cela, ce sont des idées de « savants »; à supposer que l’on puisse en déduire une théorie, à quoi cela servirait-il ? Les fleurs mal faites, cela ne se vend pas: alors, à quoi bon ? |
D’autres — et nous en avons vu — se passionnent si bien pour l'étude de la botanique et de la biologie végétale qu'ils finissent par oublier les plantes normales pour les curiosités, et par voir dans les exceptions des exemples d’une norme différente, éteinte ou à venir, sur laquelle ils échafaudent des mondes.
L’exagération est toujours une erreur; et si l’on prétend faire de la science pratique, non de la rêverie, il convient de se borner à enregistrer les faits: en déduire des lois, quand on est en présence de faits fréquents et réguliers, c’est encore enregistrer des faits. Quant à en déduire des prévisions pour l’avenir, c’est se lancer dans les conjectures aventureuses.
Parfois les anomalies restent de simples exceptions, qui ne se reproduisent même pas d’une année à l’autre, et il n’y a, dans ce cas, aucune conséquence à en tirer: parfois elles persistent sur la plante qui les a produites (exemple le Caïtleya intermedia Aquinii), et dans ce cas on peut espérer d’en tirer par le semis des races nouvelles.
Enün, lorsqu'un genre produit des anomalies fréquentes, on peut espérer de voir apparaître un jour spontanément une nouvelle race naturelle. Il n’est pas invraisemblable que nous voyions un jour se produire une série d'Orchidées À fleurs symétriques. Mais la nature ne livre pas ses secrets, et il convient d’attendre, sans se lancer dans de vaines hypothèses.
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CATTLEYA LODDIGESI ziNpLz. var. HARRISONIAE verrcx sub-var. JORISIANA L. LIND.
PL. DCCXCIX
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CATTLEYA LODDIGESI Linz. var. HARRISONIAE verren sub-var. JORISIANA L. LIND.