‹ Lindenia (volume 3)Chapitre 24 sur 38 · M. LUCIEN LINDEN · texte numérisé non relu

M. LUCIEN LINDEN

Grâce au travail et à l'intelligence de ces rmessieurs, ils parvinrent à arracher à la

nature le secret de la vie des plus brillants représentants du règne végétal, et bientôt on vit les serres de leur bel établissement horticole s’emplir de verdure et de fleurs et prendre l’aspect de nos prairies et de nos champs aux plus beaux jours du printemps. Puis les plantes découvertes par M. LINDEN arrivèrent en foule, furent mises en végétation et

répandues dans l’Europe entière, avec le secret de leur culture, livré généreusement aux

quatre vents de la publicité.

Pour nous faire une idée complète des progrès réalisés, rappelons-nous le superbe établissement où nous étions réunis ce matin et qui est si admirablement dirigé par M. LUCIEN LiNDEN. En y entrant, on trouve d’abord la belle Lindenia, où nos fleurs amies sont représentées avec tant de délicatesse et de vérité, puis le bon petit Yowrnal des Orchidées (Applaudissements), répandant jusque chez les amateurs les plus modestes, la science de la culture et la connaissance de tous les progrès accomplis. En pénétrant plus avant dans les serres, si parfaitement tenues et disposées, on voit les plus beaux spécimens de la famille orchidéenne étaler leur luxuriante floraison; enfin, on admire les immenses arrivages, reçus aujourd’hui des pays étrangers, demain mis en culture et bientôt livrés à la consommation à des prix accessibles à tous.

Telle fut, Messieurs, l’œuvre Lindenienne, œuvre grande, complète et durable, méritant assurément la reconnaissance de tous les amis de l’horticulture et assurant au nom de LINDEN une place dans l’histoire. (Applaudissements.)

Ce nom aura l’avantage de ne rappeler que de bons souvenirs. Nous connaissons les noms historiques; les plus brillants ont été portés par des hommes dont les œuvres ont été éphémères ou néfastes. Que reste-t-il de ces longs sillons tracés à travers le monde par des conquérants fantaisistes ? Le temps les a recouverts de sa poussière, et la mémoire de ceux qui les ont creusés reste souillée par des souvenirs d’attentats contre le droit, la liberté des peuples, et par des images de sanglantes hécatombes.

Si le nom de LINDEN n’est pas entouré des palmes quelquefois décernées si faussement à la gloire militaire, il aura du moins l’avantage de rappeler des œuvres durables et pacifiques. Dans un siècle, dans deux siècles et plus, les belles Orchidées, dont les LINDEN nous ont dotés, feront encore le bonheur de nos descendants, et nulle pensée triste ou douloureuse ne sera jamais attachée à leur merveilleux éclat. (Applaudissements.)

Messieurs LINDEN, vous avez entendu les applaudissements qui m'ont interrompu à plusieurs reprises. Ils ne pouvaient s'adresser à ma parole insuffisante, et n’ont ainsi démontré qu’une seule chose : c’est l’élan unanime de sympathie et de reconnaissance avec lequel nous allons tous lever notre verre en votre honneur. Et quand je dis tous, je ne parle pas seulement des personnes réunies à cette table, je veux parler aussi de ces innombrables orchidophiles répandus dans tous les pays, et dont il me semble en ce moment entendre la voix se mêler à la nôtre pour répéter avec nous les paroles que nous vous adressons : — Merci, Messieurs LINDEN, de ce que vous avez fait pour l’horticulture ! Merci, Messieurs, de ce que vous avez fait pour nous! (Longs applaudissements.)

(Pour la Suite, voir p. 64.)

A. Goossens pinx.

CYPRIPEDIUM INSIGNE wazLicx var. MONTANUI

PL. CCCCXIV

P. De Pannemaeker chrom…

PL. CCCCXIV

CYPRIPEDIUM INSIGNE wazcicx var. MONTANUM

CYPRIPEDIUM. Vide Lindenia, I, p. 25.

Cypripedium insigne WALLICH in LiNDL. Collect. Bot., t. 32.

#4 eu d’Orchidées sont plus populaires que le C. insigne, et cette faveur est parfaitement méritée, car c’est une plante de culture facile, assez à un prix très abordable, fleurissant pendant

| abondante pour se vendre à HR et donnant une quantité de fleurs qui se conservent très longtemps. La forme de la fleur est très gracieuse ; le pavillon, bien étalé, est d’un charmant coloris, vert pomme à la base et jusque vers le centre, et surchargé de macules brunes plus ou moins grandes et plus ou moins nombreuses; il est entouré d’une bordure blanche, parfois très large au sommet de l'organe, et sur laquelle les macules, de brunes qu’elles étaient à la base, apparaissent violettes.

L'espèce est extrêmement variable, et depuis quelques années surtout, elle a produit un grand nombre de formes nouvelles des plus intéressantes.

Parmi les anciennes variétés, deux surtout ont eu une grande réputation, le C. insigne Maulei (ou C. insigne albo-marginatum), et le C. insigne Chantim (ou C. insigne punctatum violaceum).

Le C. insigne Maulei fit son apparition en 1855 dans une petite importation effectuée par MM. HENDERsoN. Sa floraison fut très remarquée, et la plante unique ayant été divisée, un certain nombre de morceaux furent vendus en 1869 au prix de 130 francs pièce.

Il a le pavillon assez large, mais un peu replié en arrière à la base, avec une large bordure blanche au sommet, les macules nombreuses et s’élevant assez haut, le labelle assez large et long, d’un vert olive clair.

En le regardant de profil, on peut aisément le distinguer du C. insigne Chantini, parce qu'il a le pavillon très incurvé en avant, tandis que dans l’autre varièté cet organe est presque dressé. 2

Le C. insigne Chantini a le pavillon plus étalé, et paraissant plus large, par suite, que celui du précédent; cet organe est sensiblement arrondi, vert à la base, avec une large bande blanche au sommet descendant sur les côtés presque jusqu’à la base, et maculé abondamment de brun pourpré; les macules sont souvent réparties en quatre lignes longitudinales; elles deviennent violet pourpré/ clair en pénétrant sur la région blanche du sommet.

En dehors de ces deux variétés distinctes, d’une beauté supérieure au type et toujours très appréciée, le C. insigne était considéré comme assez constant jusqu’à ces dernières années; mais les importations plus récentes ont fait découvrir

un type nouveau auquel on a donné le nom de C. insigne montanum, et qui s’est révélé extrêmement riche en variations de forme et de coloris. C’est ainsi que j'ai pu voir il y a peu de mois, à L’HOorTICULTURE INTERNATIONALE, une série de douze formes distinctes qui avaient été triées comme les plus remarquables parmi les plantes en fleurs d’une grande importation reçue peu de temps auparavant. Une d'elles, notamment, avait des macules d’une largeur et d’une vivacité de coloris remarquable; une autre, au contraire, n’en présentait qu’une trace à peine visible, comme une ombre, et était entièrement d’un coloris jaune brunâtre.

Je n’entreprendrai pas ici de décrire toutes les autres formes. Cette liste serait fastidieuse, et le lecteur peut y suppléer aisément en se figurant toutes les combinaisons de forme (pavillon plus ou moins large, etc.), de coloris (bande blanche plus ou moins étendue, macules plus ou moins nombreuses, de taille variable, disposées en lignes ou dispersées, etc.) et de grandeur. Celle qui a été peinte et dont on voit la reproduction ci-contre était une des plus remarquables comme

taille et comme beauté; elle montre bien ce qu’on peut attendre de cette célèbre

espèce. Max GARNIER.

(Suite de la page 62.) M. J. LINDEN a répondu de la façon suivante :

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