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MOUVEMENTS DE POPULATIONS

Une foule d'autres causes sont intervenues au cours du temps, et ont produit des effets qui peuvent être bien différents de ceux dont il vient d'être question.

Ainsi, vers le nord-est de la Péninsule ibérique, — dont on connaît assez bien la géographie linguistique grâce au travail consciencieux de M. A. Griera i Gaja {La froiitera catalano-aragomsa. Esiiidi geografico lingiiistic, 19 14), et que l'on connaîtra mieux encore lorsque l'atlas linguistique de Catalogne, aujourd'hui terminé parce patient dialectologue, sera enfin publié — , il existe un contraste violent, dans l'aspect des aires linguistiques, entre la haute région catalane et aragonaise, le long des vallées supérieures des rios Cinca, Esera, Isabena et Ribagorzana, d'une part, et, d'autre part, la région plus méridionale, au dessous de Barbastro et de Tamarite, vers la Segre et l'Ebre.

Au nord, les limites phonétiques, par exemple celles de la diphtongaison de ô ou de ^, de l'assourdissement de Vs intervocalique ou de / initial, de la palatalisation de / initiale, de l'aspiration puis de l'amuissement de/initiale, de l'affaiblissement de -(7J atone final en -m, sont indépendantes les unes des autres, et leur entrecroisement rappelle tout à fait celui qui apparaît si souvent en France, dans une partie de TArdenne, des Vosges méridionales, ou des Landes.

Au sud, cts limites linguistiques tendent à coïncider les unes avec les autres, à se réunir en faisceau, offrant un aspect assez analogue à celui de la frontière catalano-languedocienne (voir fig. 41, p. 48e).

En regard de ce tableau, et dans l'intention plus ou moins explicite de rendre compte de l'emplacement des limites dialectales, M. Griera donne un aperçu de la géographie historique médiévale pour la région considérée, retraçant lesfrontières respectives ducomtédeRibagorza et de l'évèchéde Roda. Mais il flmtbien avouerque les faits historiques allégués expliquent d'une manière bien insuffisante les faits linguistiques, ou même ne cadrent pas du tout avec eux.

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Fig. 41 — La frontière catalano-aragonaise,

d'après M. R. Menéndez Pidal.

(Extrait de hRcvista de FiloJogia espaùola, III, 78.)

Ainsi, l'rintique comté de Ribagorza nous apparaît divisé, du nord au sud, en deux moitiés, dont l'orientale parle catalan, et l'occidentale aragonais.

Dans le magistral compte rendu qu'il a consacré au livre de M. Griera (Revista de Fiîologia, Ilf, 73-88), M. Menén-

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