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LE PRINCIPE DE SUPERPOSITION DES AIRES

Qu'il s'agisse donc d'un vaste domaine linguistique ou d'une portion de pays plus restreinte, les enseignements que fournit l'application du principe de configuration géographique sont précieux.

Tout aussi fécond, quoiqu'un peu moins neuf et original — comme on le verra — , le principe de la superposition géographique se distingue du précédent en ce qu'il fait intervenir à l'ordinaire plus d'une carte linguistique. Soient un faitrt! et un fait b : si ces deux faits sont observés sur tous les points de la même région, si les limites géographiques de l'un coïncident avec les limites de l'autre, en un mot si les aires sont superposables, il faut admettre que le fait a est conditionné par le fait b ou réciproquement.

Fig. 5. — « Coq » dans le Sud-Ouest de la France (schéma).

Le cercle autour de 691 représente l'emplacement de gaFo « coq ». A B =: limite orientale de kot •< colin m. Les crois représentent remplacement dcperdigjl « perdreau ».

4S II. LA MÉTllODK GÈOGKAPHlQt'E

Dans le sud-ouest de la France, sur tout le domaine bordé en gros par la Garonne, les Pyrénées et l'Océan, tous les -// finaux du latin sont en principe passés à -/. Dans ce domaine, — sans que nous songions à entrer dans le détail — coihuii « cou » a abouti à hot, à l'ouest de la ligne A B du schéma ci-joint (fig. 5) et gallmii «coq » devait par conséquent aboutir à *gal . Or. partout, les patois remplacent o'^/////// par des substituts tels que phasianiim, vicarium dans le sens de « coq ». La superposition géographique des aires où -// est devenu -/ kot <C collutn d'une part, avec les aires haïaû < phasianum, bégèy <i vicarium dans le sens de « coq ^) d'autre part, et la coïncidence des limites respectives du phénomène phonétique et du fait lexicologique sont parfaites sur toute l'étendue du domaine, à l'exception d'un secteur situé dans la région sud-est, lequel présente des faits d'ordre différent (voir El. géog. ling., carte XII). Le principe de la superposition géographique off're donc une démonstration décisive de la dépendance dans laquelle le phénomène lexicologique du remplacement de gaJhim se trouve par rapport à l'évolution phonétique de -// finale vers -/. On verra plus loin à quoi il faut attribuer cette dépendance ; mais pour le moment celle-ci est un fait qu'il est bien difficile de contester, à ne considérer que le seul principe de superposition.

D'ans la plupart des cas, la coïncidence des limites n'est pas aussi parfaite ; mais le principe de la superposition géographique n'en est pas moins applicable. Ainsi, en comparant les cartes de « traire » et de « moudre » (Et. géog. /., carte III, cf. p. 10 suiv.), on est frappé de voir que les quatre ou cinq aires qui ont conservé miilgere dans une partie de la Picardie, de la Wallonnie, sur les confins de la Suisse romande, dans la plus grande partie du Midi et dans le sud de la Gascogne, n'offrent à peu près aucun exemple de l'épenthèse d'un d pour les représentants de molere. Au contraire dans la grande majorité des régions où apparaît

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