II. LA METHODE GEOGRAPHIQXJE
nord de cette ligne on dit le sel ou le se; on dit la sau au sud. La coïncidence géographique du genre féminin avec la vocalisation de / et du genre masculin avec la non-vocalisation de / serait parfaite^ si à l'ouest, n'existait une petite aire la sel, et si, à l'est, deux aires, dont une un peu plus étendue que le département des Vosges, n'offraient le sau. Le principe de superposition géographique nous empêche donc de penser que le genre féminin du mot soit conditionné par le fait phonétique de la vocalisation, explication qui apparaît de prime abord comme étant assez invraisemblable. .
Le principe de configuration géographique intervient alors : l'aire le sau étant en avance, vers le Nord, dans la zone le sel (ou le se), cette position atteste une résistance de la sau à une marche envahissante du français .r^/ (on se) venu du Nord avec son genre masculin. Ce genre s'imposant à la forme autochtone lui garde son aspect phonétique : d'où une aire le sau. La petite aire la sel de l'Ouest témoigne de la même invasion de la forme septentrionale mais avec maintien du genre indigène et acceptation de la forme phonétique étrangère. Enfin la position des îlots la sau (1,2) dans l'aire le sel, et la sé{l) (3, 4, 5) dans l'aire la sau vient parachever la démonstration, dont la force probante est tirée du principe de configuration géographique plus encore que du principe de superposition.
Ce second principe, qui, on le verra, fournit en certains cas des éléments de preuve d'une grande valeur, est à coup sûr moins neuf, moins original que le principe de configuration. Il existait déjà, du moins en puissance, dans la conception des romanistes bien avant l'établissement de Y Atlas linguistique et bien avant la naissance de la nouvelle méthode géographique.
Ainsi certains ont expliqué jadis Vi de fr. cire <^cêrain par r« écrasement » d'une ancienne triphtongue V/V/r^, et plusieurs ouvrages donnent encore cette explication (Guar-