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PALÉONTOLOGIE ET BIOLOGIE

mais il lui serait interdit de fournir aucune démonstration précise de l'adaptation ■ de ces espèces aux divers milieux par transformation histologique.

En linguistique la paléontologie est également à la base de la science.

Et si nous voulons connaître les états anciens^ le comparatisme est notre principale ressource.

La méthode comparative est seule applicable lorsqu'il s'agit d'idiomes morts. Elle l'emporte encore sur la méthode géographique lorsqu'il s'agit d'idiomes vivants considérés dans leur état ancien . La géographie des parlers romans actuels ne nous permet de reconstituer que très imparfaitement les états latins. Elle est impuissante à restituer les états pré-latins. Les enseignements qu'elle apporte — et qui sont parfois très précieux ont d'autant plus de

valeur qu'ils ont trait à des époques plus modernes.

Bien loin donc d'avoir le monopole des vues d'ensemble, bien loin d'être la seule à éclairer le particulier parle général, la géographie doit en ces matières céder le pas à son aînée. La méthode comparative lui est nettement supérieure lorsqu'il s'agit d'établir, dans la catégorie du temps, des courbes prolongées, et de reconstituer des évolutions globales.

Et, si une conclusion nette se dégage de l'exposé qui précède, c'est que la méthode géographique n'est pas en état de remplacer l'ancienne méthode. Elle n'en est que l'auxiliaire — auxiliaire parfois indispensable, comme on le verra à l'occasion.

La géographie et le comparatisme historique doivent se prêter un mutuel appui.

Nous allons suivre dans le détail les applications des deux méthodes combinées. Nous rechercherons dans quelle mesure cette convergence des méthodes projette une lumière nouvelle sur les problèmes phonétiques, lexicaux,

90 IV. DIALECTOLOGIE ET LINGUISTiaUE

morphologiques et syntaxiques, c'est-à-dire sur les différentes parties dont se composent la linguistique et la dialectologie.

Mais il importe, auparavant, de déterminer l'importance relative de ces différentes parties et d'examiner les rapports qui unissent ces deux disciplines elles-mêmes, la dialectologie et la linguistique, car sur ces deux questions, comme sur la plupart des autres, il semble que les théories nouvelles demandent une mise au point.

RAPPORTS DE LA DIALECTOLOGIE ET DE LA LIKGUISTiaUE

L'apparition de la méthode géographique et les progrès que cette méthode a, dès l'abord et très rapidement, assurés à la linguistique romane, ont mis tout particulièrement la dialectologie en faveur. Depuis une quinzaine d'années, presque tous les jeunes romanistes se sont, surtout en France, tournés vers l'étude des patois. La dialectologie gallo-romane a pris une importance croissante sous l'impulsion puissante de M. Gilliéron et grâce aux travaux des adeptes que l'enseignement du maître ou l'influence de ses publications ont plus ou moins directement formés. Les thèses les plus marquantes qui ont été, depuis 1905, soutenues à Paris et qui sont consacrées à la linguistique néolatine, sont presque toutes des thèses de dialectologie galloromane.

Certes ce domaine mérite d'être étudié à fond, et les problèmes de tout ordre qui le concernent ne sont près d'être tous ni résolus ni même posés. Mais l'un des points faibles de tous ces travaux, c'est l'ignorance des faits attestés dans les langues et dialectes étrangers au gallo-roman, ignorance souvent systématique, parfois aussi involontaire.

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