GÉOGRAPHIE HUMAINE ET LINGUISTIQUE
et des aspirations sociales de tous ces gens s'inscrivent, depuis qu'on vote en France, en couleurs tranchées, sur la carte des élections politiques. Et, de cet état actuel, que ne peut-on pas inférer sur les conditions d'autrefois, telles qu'elles existaient avant le développement des voies de communications modernes ?
L'antagonisme n'est pas moins profond entre la plupart des points du second « groupe » de patois, supposé par les auteurs des Mirages dans la région de l'Ouest, et qui, depuis le pays Nantais, au nord de l'estuaire de la Loire (Sucé-|4é, c°" de la Chapelle-sur-Erdre), s'étend jusqu'au Blanc, dans l'Indre, non sans exécuter bon nombre de sinuosités capricieuses.
Rassemblés par les besoins d'une démonstration linguistique, sans y pouvoir mais, les chouans du Bocage vendéen (Saint-Germain-le-Prinçay-429, c°" de Chantonnay), les habitants de la Plaine (Triaize, c°" de Luçon-521) et ceux de la région poitevine (409, 416) doivent se regarder en chiens de faïence ! Les pêcheurs de l'île d'Yeu-479 ne sont-ils pas étonnés de donner la main, par-dessus le massif armoricain (Gorges-447, c°" de Clisson ; Voultegon-417, dans la Gàtine), aux riverains de la Creuse (Pouligny-405, c°" de Le Blanc, Indre) ?
A tout prendre, ce dernier point eût pu faire figure aussi légitime dans le quatrième groupe, celui du Massif Central. Et pourquoi Dissay-z^09, en pleine trouée du Poitou, ne serait-il pas rattaché à Varaize-515 près de Saint-Jean d'Angély, qu'on a introduit dans le troisième groupe on ne sait trop pourquoi ? Les conditions de la vie dans ces régions à propriété morcelée ne sont-elles pas en opposition absolue avec celles qui prévalent dans des pays à latifihidia comme la Vendée ?
L'affirmation que « ces parlers forment des groupes géographiquement cohérents » est en vérité inconcevable.
« Dans une même région de petite étendue, poursuit-