‹ Linguistique et dialectologie romanes problèmes et méthodesChapitre 83 sur 149 · DIVERS EFFETS DE LA SYLLABATION 3 I I · texte numérisé non relu

DIVERS EFFETS DE LA SYLLABATION 3 I I

/rente <C Jrôntem, fleco, <C flôccum, ciikbra, anciennement ctilnebra <C *co]ôhra.

Pour rendre compte Je ces exemples d'une réduction de ne à e, auxquels il ajoute Bureba anciennement Burtieha ■< Borôvia, Norena, anciennement Noruena <C Norônia, M. Menéndez Pidal (^Man., 13, § 2) rectifie l'explication de Marden (Spanish dialect of Mexico City, Baltimore, 1896, 20). Il voit dans / ou dans r la principale cause de la chute de Vu consonne : l Qi r étant des dentales et exigeant, comme Ve, une élévation de la langue en avant, ont éliminé le H consonne où l'élévation devait se produire en arrière.

Cette explication est certainement meilfeure que celles de Baist (G/-. 889) ou de M. Krûger, Wsp. Mund., 77, qui mettent en cause la labiale. Nous ne nierons pas l'influence de / ou de r, mais ni cette influence, ni la dissimilation des labiales, ne suffisent à expliquer le traitement.

A la vérité, il y a là des cas différents à distinguer. Le plus simple est celui de /rente, Jîeco. Les formes /ruente, qui est encore celle du xiv^ siècle, elflueco, qui n'a pas encore de nos jours été éliminée définitivement parjîeco, montrent qu'il y a eu diphtongaison normale de Vô. Dans /ruente, fliieco, la consécution des apertures a donc été la suivante pour la syllabe initiale : i, 3, 4, 5, ce qui est un ordre normal.

Mais il faut admettre que les apertures 3 et 4 ont été senties dans cette langue à un moment donné comme trop voisines.

Et en effet les chiffres approximatifs qui les caractérisent dans la graduation de MM. Bally et Séchehaye ont quelque chose de trop brutal . Il est certain qu'en réalité la sonante ■w est très proche de la sonante r ou /. S'il est légitime d'évaluer le degré d'aperture de -w par celui dey, le passage de jy fricatif à 3» mi-occlusif — parallèle d'ailleurs au passage de lu à giu sous l'action de l'intensité initiale (v. précédemment p. 22) — est un fait qui s'observe fréquemment en espagnol {yelnio >• yeïmo : yo >■ yo : Navarro, Pro?i. esp . ,

100, cf. //;/ (^wéJio •< lin hiieco, etc., ib., 1 12). Ce traitement, qui se retrouve ailleurs, par exemple en sicilien : e^o >- ytt > \u, montre bien la diminution considérable de l'aperturc des semi-voyelles y, lu dans certaines positions. Si l'on ajoute que y et zo « explosifs » sont tous deux plus fermés dans leur début qu'à leur fin, suivant l'observation très délicate de M. Navarro (Jb., 40, 52), on admettra que l'indice 4 représente un degré d'aperture qui n'est pas éloigné de celui que marque l'indice 3, et que, entre r, l et lu, la distinction des apertures a pu paraître à un moment donné difficile à établir.

Par conséquent, bien que de type strictement normal, les syllabes friue-, flioe- ont tendu à éliminer la plus faible des deux sonantes en contact. Et de cette tendance ont résulté naturellement/;-^-, fie-.

Ce qui tend à prouver que la syllabation a été la cause de cet amuïssement en espagnol, c'est le traitement comparable des mots du type meurtrier ew français. La syllabe -///tv monosyllabique en vieux français, l'est restée jusque \-ers l'époque de Corneille. Ace moment seulement, la syllabe -tryê, — pendant français d'esp. friie-, fliic s'est dissociée en deux syllabes. Ici, la résolution de la difficulté phonologique a été obtenue, non par l'amuïssement de la semi-voyelle explosive comme en espagnol //'//cz/te ^freiite, mais par la transformation de la semi-voyelle — dans l'espèce y explosif, — en y implosif(de Saussure, Liiig.geii., 97 ; Grammont, loc. cit., 407) d'où naissance d'une syllabe supplémentaire : iiteitrtrier = mœrlryê >> niœrtriyé.

Pour en revenir au traitement espagnol, la réduction de rive, Iwe >- re, le, n'a eu force de loi que dans les cas où la liquide ou vibrante était précédée de fricative, d'aperture i : en l'espèce /. Après occlusive, d'aperture o, le changement n'apparaît que sous forme de simple tendance : esp. mod. coinbl(ii)e:{0, coinhl(^ii)e:{a. Mâ\s pnieba , trueco, etc. maintiennent le zc. Toutefois la tendance cala réduction se manifeste sporadiquement dès le moyen âge : preiin <i priieiia, charte

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