ACTE DEUXIÈME
OCTA VIE.
Que voulez-vous dire? Vous me faites peur à votre tour.
D RSTRIGAUD, reprenant le ion gracieux.
l’eur? De quoi me croyez-vous donc capable? Ali! baronne!... Pardon, madame la comtesse, de vous donner un titre que vous avez dédaigné.
OCTAVIE
Dédaigné? Me l’avez-vous offert?
d’estrigaüo.
Vous m’auriez bien reçu ! Quand la nouvelle de votro mariage m'est arrivée au fond de la solitude où je cachais mon désastre, je n’étais pas un parti présentable, je le reconnais. Et, lorsque mon nom est redevenu digne do vous, il était trop tard pour vous l'offrir... Vous étiez comtesse; autrement, soyez sûre...
OCTAVIE, souriant.
Faut-il que vous teniez à la main de Catherine! d’estrigaud.
Ah! parbleu! vous auriez un moyen bien simple de m’y faire renoncer.
OCTAVIE
Lequel ?
D ESTRIGÀUD, s'asseyant près d'elle.
Ce serait de donner un peu raison à la jalousie du comte.
OCTA VIE.
Vous seriez bien attrapé si je vous prenais au mot. d’estrigaud.
Essayez. Vous êtes la seule femme que j’aie vraiment aimée, la seule que je puisso aimer encore.
0CTAV1E.
Vous mentez peut-être moins que vous no pensez.
d’eSTR 1GAUD.
Faitos-en l'épreuve. Je suis prêt à tout quitter pour vous... et avec vous.
OCTAVtK.
Même la France?
d'estrigaud.
Si vous voulez.
OCTAVIE
Je n'en crois pas un mot, et pourtant cela me fait plaisir à entendre. Pourquoi?
Parce que vous savez bion que, si vous acceptiez, je ne reculerais pas.
OCTAVIE
Mais vous savez bien vous-même que je n’accepterai pas.
d'estrigaud.
Ma foi, je n’en suis pas sûr.