ACTE DEUXIÈME
OCTAVIE, ifl levant.
Vous êtes un fat, mais votre fatuité me plaît. Vous êtes arrivé à vos fins, mon cher Raoul.
d'estrigaud.
Auxquelles?
OCTAVIE
Aux plus sérieuses.
/estrigaud.
Eh bien, sur ma parole, je regrette les autres.
' OCTAVIE
C’est parce que je ne suis pas loin de le croire que je vous servirai, quoiqu’il puisse m’en advenir.
d’kSTRIG AUD.
Il ne vous en adviendra rien de fâcheux. Ce que j’ai à vous demander, c’est précisément ce que vous demanderait M. de Sainte-Agathe iui-môme. Dites à Catherine beaucoup de mal de moi, vous m’entendez? et beaucoup de bien du petit vicomte...
OCTAVIE
Je vous entends. — Où en êtes-vous avec elle?
d’estrigaud.
J’ai remporté hier un avantage décisif. Elle ne peut plus douter do mon désintéressement.
OCTAVIE
Alors elle est à vous.
n’ EST R i g a un.
Oh! pas encore! Elle m’exècre pour le moment. Figurezvous qu’elle m’avait tendu un piège où j'étais tombé comme un écolier : je m’étais déclaré.
OCTAVIE
C’est bien jeune.
d’estrigaud.
Je m’en suis tiré par un coup de maître : ma déclaration a fait prestement un demi-tour... à gauche, et j’ai laissé Catherine irritée, comme vous pouvez croire. Mais mon offense est de celles qui indignent les femmes sans leur déplaire, n’est-ce pas, comtesse? Et je serai déjà à demi pardonné, quand j’irai solliciter mon pardon.
OCTAVIE
Catherine no vous a donc pas interdit sa porte?
d’estrigaud.
Si fait, avec majesté.
OCTAVIE
Alors, sous quel prétexte rentrerez-vous ?
d’estrigaud.
Est-ce quo la passion a besoin de prétexte! est-ce qu’elle compte avec les bienséances!
OCTAVIE, «ourlant.
Je n’y pensais plus. — Il doit se faire à l'heure qu’il est un travail étrange dans la tète do Catherine.