ACTE PREMIER
MARIETTE
Une femme très-capable, mon cher, et do très-bonne famille, à ce qu'il parait : un de ses frères est évêque aux colonies... pas celui qui vient ici.
SIMON
Pas le bossu, je pense bien ! Il y a un conseil de révision pour l'Église comme pour l'armée... C’est égal, je vois qu’il n’y a pas grand’choso à faire ici.
MARIETTE
Il n’y a rien à faire du tout; mais vous n’y perdrez pas; mademoiselle est très-généreuse.
SIMON
Alors, le genre, chez vous, est d’aimer les maîtres?
MARIETTE
Oui, mon cher; si ça ne vous va pas...
SIMON
Oh! ça m’est égal... Ça me change! — Et le tuteur, le comte de... de...?
MARIETTE
De Prévenquière.
SIMON
Faut-il aussi que je l’aime?
MARIETTE
C'ost inutile. Il n'a pas voix au chapitre... Toute la fortune est à sa femme.
SIMON
Tiens! J'aurais Cru le contraire. Pourquoi une si belle personne a-t-ello épousé ce petit chafouin ?
MARIETTE
Pour être comtesse, donc ! Elle avait eu pour premier mari un agent de change, M. Clampanin, qui l’a laisséo veuve et riche. Riche, c’était bon, mais veuve Clampanin, ce n'était pa3 drôle 1 Elle est belle et fine, elle a tourné la tète au brave comte et s'est remariée sous le régime de la séparation de biens. Son titre ne lui coûte rien. .
SIMON
Pas bête! Je vais me mettre à l'aimer beaucoup.
MA R1ETTK.
Et surtout à la respecter, monsieur Simon! elle est fière...
SIMON
Comme toutes les parvenues.
MA RIETTE.
C’est monsieur qui est noble et c'est madame qui se croit née maintenant.