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plus hémolytiques que ceux dans lesquels prédominent au contraire les composés cliolestériques. Et, de fait, Salkowski avait déjà prévu, dès 1906, l’action antitoxique de la cholestérine que renferme le sérum sanguin en pensant que cette substance pouvait bien être l’agent de la défense contre les substances hémolytiques, produites dans l’organisme ou contre celles d’origine exogène provenant des aliments.
Les faits que nous avons antérieurement cités relatifs à l’action antihémolytique de la cholestérine peuvent être considérés comme des réactions de défense provoquées par la cholestérine.
Mais serrons de plus près cette question si importante de l’antitoxicité des lipoïdes :
G. Fermi (1) a montré en 1906 que des émulsions de lécilliine, de cholestérine, de substances riches en phosphatides omme le jaune d’œuf par exemple, possèdent contre la rage, 111 pouvoir immunisant au même titre que la substance icrveuse rabique.
Wassermann et Takaki (2) ontjmontré que les lipoïdes, conenus en si grande quantité dans le cerveau, sont susceptibles de se combiner avec le poison tétanique et de neutraliser mssi son action toxique.
Almagia a cherché à déterminer quelle était la substance pii, dans les expériences précédentes de Wassermann cl Takaki, fixait la toxine tétanique sur le tissu nerveux. 11 esl flbrrivé à cette conclusion que la lécithine et la cholestérine ! ouissent des mêmes propriétés de fixation que la substance lerveuse entière.
Le pouvoir de fixation et de neutralisation de la toxi. étanique est beaucoup plus développe avec la cholestérine [u’avec la lécithine.
(1) Centr. f. Bakter., t. XLVI, p. 08, 1908.
(2) Berlin. Klin. Wochens., 1898, p. 5.
Ces constatai ions olit amené Alrnagia à essayer, avec un certain succès, les injections de cholestérine comme moyen <le préservation chez les animaux primitivement injectés de toxine. Passant dans le domaine pratique, Almagia el Mondes (i) ont employé ces injections dans deux cas de tétanos humain ; les deux malades ont guéri. Dans les deux cas, il s’agissait d’un tétanos grave, à marche rapide. De sorte que ces auteurs estiment qu’on ne peut considérer ces deux observations comme des cas de tétanos à allure chro nique, évoluant spontanément vers la guérison. Ils pensent que la cholestérine, l’un des composants des lipoïdes cérébraux, injectée, neutralise véritablement d’une façon conti nue la toxine produite et permet dès lors à l’organisme de sc débarrasser de la loxine déjà fixée sur les centres nerveux et les bacilles.
Cernovodeanu et Y. Henri (2) confirment le rôle des lipoïde^ cérébraux comme neutralisant la toxine tétanique. En outre Takaki (3) en traitant le cerveau desséché par de l’alcool extrait une substance qui fixe et neutralise le poison téta nique, et la partie qui résiste à l’action antitoxique n’a plu; aucune action vis-à-vis du tétanos. Nous devons, à la vérité dire que, malgré ces faits appuyés par des auteurs différents! Tiffeneau et Marie (4) estiment que la lécithine et la cholesté
rine n’ont aucune action in vitro sur la tétanotoxine et que 1 pouvoir neutralisant exercé par la substance cérébrale sur 1 poison relève de l'action de ses composants.
Faisons bien remarquer que ces derniers auteurs sembler être seuls à considérer les lipoïdes cérébraux comme inactil dans T action an li toxique exercée par la substance cérébrah
(1) Reforma médira, 1907, p. G51.
(2) G. R Soc. Biol. 1907, t. LXII, p. 892.
Ç\) Bei.tr. z. cliem. Phvsiol. u. Pathol., t. XI, p. 288-1909. (4) Ann. de l’Institut Pasteur, 1908, mai, p. 289.
Tout récemment, Mario, Legale* (i) reconnaissent aux complexes lipoïdes une action bactéricide, puisque les extraits j éthérés d’organes d’animaux, mis au contact des spores charbonneuses dans des boîtes de Pétri ou dans du bouillon, stérilisent les liquides contaminés.
Pouvoir antitoxique de l’un des composants des lipoïdes : la cholestérine et ses dérivés.
Mais à propos du pouvoir antitoxique de l’un des ôonstituants des lipoïdes, la cholestérine, il est utile que nous revenions en arrière dans la nomenclature des faits. Fraser ivait été le premier à remarquer que les extraits alcooliques le bile pouvaient neutraliser une dose plusieurs fois mortelle ie venin de vipère. C’est alors que Phisalix (2) a pu démonrer d’une façon indiscutable l’action antitoxique de la clioestérine à l’égard du venin du même animal. Les recherches e poursuivant, Kyes et Sachs font voir que la cholestérine
)eut rendre non toxique la combinaison de lécithine et de enin de cobra appelée cobralécithide.
Il semblerait donc que la lécithine des lipoïdes soit chargée !e fixer, de laquer, en quelque sorte, le poison et que la cholesérine ait pour but de la rendre inoffensive en formant, avec î toxine, un complexe analogue à celui qui se forme lorsqu’on dditionne une solution alcoolique de cholestérine d’une utre solution alcoolique de digitonine (saponine). C’est, du este, l’opinion de A. Minz (3) qui pense que la cholestérine ontracte une véritable combinaison avec le toxolécithide, ‘.quel n’est plus susceptible alors d’hémolyser les globules Juges.
(1) Patliologica, 1911.
(2) Biochem. Zeitchr., t. IX, p. 357-1908.
(3) Loc. cit.
A propos de cette action antihémolytique de la cholestérine, les travaux abondent et nous n’avons pas la prétention de Jes citer tous. Qu’il nous suffise de citer ceux de Noguchi (i), de Landsteiner et Eisler (i) et de Mieller (2).
Lorsque nous entreprîmes, en igo4, nos premières expé riences relatives à l’action de la cholestérine sur le bacille tuberculeux, alors que le rôle de cette substance dans l’économie était imparfaitement connu, des tâtonnements qui ont duré plusieurs années ont marqué le début de nos expériences : il y «a plus de dix ans que l’un de nous (3) a démontré que la cholestérine existait même dans les cryptogames et auss dans certaines espèces microbiennes donnant ainsi la preuve (|ue ce produit se trouve avec une constance remarquable non seulement chez les animaux, mais aussi dans toutes le cellules végétales. Aussi avons-nous voulu voir si la choies! térine animale ne possédait pas des propriétés immunisante contre le bacille tuberculeux : les résultats obtenus ont ét assez heureux, mais inconstants. C’est alors que nous a von dirigé nos recherches sur les lipoïdes et, en particulier, su ceux retirés de la bile. Ces travaux, qui ont fait l’objet d nombreuses communications, seront rapidement esquissé plus loin à propos de l’action antitoxique de la paratoxhrô vis-à-vis du poison tuberculeux.
Continuons à relater toutes les recherches faites à partir d .cette époque avec la cholestérine considérée comme un agei susceptible de neutraliser les poisons.
Tout d’abord Vincent (4), en étudiant le pouvoir antib lanique de la bile, constate que ce pouvoir appartient surtoi à la cholestérine et aux savons biliaires. De ces faits, il fai rapprocher les deux cas de guérison de tétanos obtenus p;
(1) Wien. Klin. Wochens., p. (17(1-1904.
(2) Centr. f. Bakter., t. XXXIV, p. 567-1903.
(3) C. R. Ac. des Sciences, t. GXXX, p. 723 et t. CXXVI, p. 909-1898.
(4) C. R. Soc. Biol., 1908, t. LXIII, p. 692.
Àlmagia et Mondes à la suite d’injections de cholestérine voir p. 20).
Iscoveseo (1) estimant aussi que, dans Je sang, la choies Lérine joue un rôle défensif et que, dans la cellule où elle s’accumule, surtout à la périphérie, elle constitue une barrière et une défense, a pensé à utiliser cette substance en théra peutique. Cet auteur, guidé par l’action antihémolytique de Ja cholestérine, l’a employée dans des cas de chlorose rebelle et a obtenu des améliorations et même des guérisons. Dans huit cas de tuberculose pulmonaire, l’état général a été onsidérablement amélioré, l’anémie a considérablement diminué sans que la lésion elle-même ait présenté un changement important. Iscoveseo a encore administré la cholestérine à des enfants lymphatiques, avec des adénopathies diverses ou des tuberculoses locales et il a observé des arnéiorations rapides dans tous les cas. Cet auteur ajoute qu’il iroit la cholestérine indiquée dans tous les cas de déglobuisation.
Nous voyons alors, à la suite de la publication de tous ces [Ira vaux sur l’action antitoxique de la cholestérine, l’attention
Îlittirée sur la quantité plus ou moins grande de cette substance dans le sang autour de certaines affections. C’est ainsi nue Chauffard, Guy-Laroche et Grigaut (2) reconnaissent que
lans le premier septénaire de la fièvre typhoïde, le taux de la cholestérine du sérum sanguin est faible et le plus souvent nférieur à la normale. Puis la courbe devient progressivenent ascendante pour atteindre son maximum entre le 270 et e 56e jour. Ce maximum se produit au moment de la défervescence et dans les huit jours qui suivent, et précède touours la reprise alimentaire. Dans les cas de rechute ou de berforation, la cholestérine tombe brusquement au-dessous
(1) Presse médicale, 1908, t. II, p. 554.
(2) G. R. Soc. Biol., 14 janvier 1911.
de J a normale et cet abaissement ne s’accompagne pas d’une réascension secondaire.
L’hypocholestérinémie, au début de la maladie et des rechutes, semble bien une réaction d’état infectieux aigu,
l’ hypercholestérinémie de la fin de la maladie semble une
réaction d’immunisation. Ces deux résultats, disent les auteurs, peuvent s’expliquer par un rôle antitoxique de lai cholestérine.
Incontestablement, la cholestérine, que l’on considérai I jusqu’ici comme un produit de désassimilation résultant du métabolisme des matières albuminoïdes et destiné à être rejeté de l’économie, possède une action neutralisante vis-à vis de certains poisons, mais il semble bien établi qu’elle n’est qu’une partie active des lipoïdes dont le pouvoir anti toxique s’exerce d’une façon plus active, lipoïdes plus assi milables car ils ont cet avantage considérable de prendre avec leur mélange à l’eau, l’état colloïdal. Or, cet état phy sique contribue pour une grande part à leur action si éner
gique.
Les lipoïdes agissent comme des antitoxines.
Nous allons donner maintenant des observations dan lesquelles les lipoïdes jouent le véritable rôle d’antitoxines Deyker pacha et Reschad bey (i) ont extrait du Strepto thrix, cultivé sur le lait, un lipoïde, défini, cristallisabL m, qu’ils appellent la nastine. Ce composé injecté à des lépreu : JL agit comme les cultures vivantes de Streptothrix ; il bacté «>,, riolyse énergiquement les bacilles lépreux, provoquant un j immunisation active contre les substances grasses qu imprègnent le bacille et lui permettent de résister aux agent
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de défense de l’économie.
(1) Deut. med. Wochens., t. XXXIII, p. 89, 1907.
Kléinschmidt (i) reprenant l’étude de la « nastine » préend qu’elle provoque chez le lépreux à qui elle est injectée a formation d’anticorps fixateurs 'du complément.
La tuberculonastine, combinaison de nastine et de lipoïde, tétermine une fixation du complément avec le sérum de uberculeux avérés. Le phénomène repose sur la présence de e corps lipoïde. Dans une série de cas, il existe une analogie rappante entre la fixation du complément avec la tubercuonastine et la tuberculine. Il en résulte que l’on doit conceôir cette action de la tuberculine comme fonction de sa teneur en corps lipoïde.
Emmerich et Ldw avaient attiré F attention sur les propriéps bactéricides et bactérioly tiques de la pyocyanase qu’on ibtient en filtrant les vieilles cultures pyocyaniques à travers *, filtre Berkefeld. Ces auteurs avaient observé que cette olution de pyocyanase tuait et dissolvait non seulement les x jacilles pyocyaniques, mais encore les streptocoques, staphypcoques, gonocoques, vibrions cholériques, les bacilles de la iphtérie, etc. Emmerich et Lchv attribuaient à tort cette ption à une enzyme bactériolytique.
J Or Raubitschek et Rüss (2) ont montré que si on traite la jyocyanase par de l’éther, du chloroforme ou de l’alcool, 011 1 extrait une substance lipoïde dont l’action sur les cultures microbiennes est tout à fait semblable à celle de la pyocyanase.
Inversement la pyocyanase, privée de ses lipoïdes, se ionlre presque inactive et présente, en tout cas, une dimi-
ition considérable de son pouvoir bactéricide.
Le rôle de défense des lipoïdes a encore été établi dans un f émoire de Landsteiner et Erlich (3) « sur les propriétés bao I ricides des lipoïdes et leur aptitude au rôle de complément ».
j 1) Berlin, med. Klin. Woehens., 10 janvier 1910, p. 57. 12) Wicn. Klin. Wocliens., 1908, p. 150.
5) Centralb. für Bakt., t. XLV, p. 247, 1908.
Ces auteurs ont montré que la combinaison : sérum if lipoïde, agit de façon analogue à la combinaison : ambocep leur + complément, et ils pensent que la bactériolyse peut s< produire par réaction sur les parties grasses du corps dei 2 3 bactéries et que les compléments même du sérum sanguii sont peut-être des substances grasses.
On voit donc que, d’après eux, les lipoïdes sont chimique ment et fonctionnellement analogues, sinon identiques, au compléments du sérum qu’ils sont capables de remplacer dan certaines expériences de cytolyse. Ces substances' s’étan montrées d’une importance égale dans la bactériolyse, Landt teiner et Erlich se sont demandé si le pouvoir bactéricid reconnu aux organes de l’homme ne leur était pas attribm ble, hypothèse que leur travail a démontré.
C’est là la première notion relative à l’importance d< lipoïdes dans les phénomènes de défense de l’organisme < nous rappellerons que nous sommes parmi les premiers, avoir envisagé l’auto-protection de l’organisme par les 1 poïdes élaborés dans son sein (i) (voir p. 27).
A. Bogomolez (2) a empoisonné des chats avec la toxine d
botulisme et il a remarqué que l’écorce des surrénales de c<j t animaux produisait un accroissement d’adrénaline, c’est .ij L un processus de défense pour empêcher le collapsus ca
diaque. Mais quand l’intoxication ne suit pas une marc! très rapide, on constate de plus que la substance cortica sécrète abondamment des lipoïdes. Ce point a son impe tance en raison des «constatations faites par Kempner Schepelewsky (3) sur le rôle joué par les lipoïdes dans neutralisation de la toxine botulique.
(1) Tribune médicale, 24 avril 1909.
(2) Zeitsch. für Furnanil, 7 novembre 1910.
(3) Zeit. für Hygiène, 1898, t. XXVII, p. 213.
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