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IMMUNISATION DES COBAYES CONTRE LA TUBERCULOSE

Cobayes d’abord saturés de paratoxine, puis soumis à des injections de bacilles tuberculeux.

Action préventive.

Si, par des injections répétées, on sature des cobayes de paratoxine puis, si on leur injecte des bacilles tuberculeux, soit par voie intrapéritonéale, soit par voie sous-cutanée, on constate qu’à part la mortalité ordinaire par entérite, les animaux ne semblent pas incommodés par la tuberculose. On constate même, le plus souvent, que si les animaux avaient maigri pendant la première période, ils grossissent parfois très rapidement, malgré l’injection de bacilles tuberculeux. Ce fait est très intéressant et se produit aussi bien après injection sous-cutanée de bacilles de virulence moyenne qu’après l’injection intrapéritonéale de bacilles exaltés par le passage sur milieu au manganèse (procédé de Baudran). Cette augmentation de poids n’est nullement liée à la production d’une péritonite, et jamais, à l’autopsie de nos animaux, nous n’avons trouvé d’exsudat (péritonéal.

J, es animaux témoins, par contre, présentaient souvenl surtout s’ils avaient été injectés avec des bacilles poussés su milieu au manganèse, des exsudats péritonéaux et parfoi pleuraux abondants.

La comparaison des séries de cobayes traités par le lipoïdes avant de recevoir une injection de bacilles tubei ciileux et des séries témoins nous a donné les résulta! suivants : à la suite de l’injection bacillaire, la mortalité dejj cobayes traités était d’environ de io à 20 0/0 par gastre entérite, morsure, infection. Mais les cobayes restant cont nuaient à vivre, alors que les animaux témoins étaient morl depuis plus d’un mois. Les animaux témoins présentaier des lésions classiques dé tuberculose ganglionnaire, spléniqu et hépatique ; les animaux traités, sacrifiés un mois après 1 mort du dernier témoin, ne présentaient qu’une congestio bilaterale des ganglions inguinaux et iliaques en cas d’injet lion sous-cutanée, et le plus souvent des seuls ganglion iliaques en cas d’injection péritonéale. Cette congestio ganglionnaire bilatérale semble surtout due aux injectioi antérieures de lipoïdes, dont quelques-unes avaient dorni lieu à des nodosités.

Au niveau des pédicules hépatique et splénique on nj trouve pas de lésions tuberculeuses, mais un amas de graissj envahissant ces pédicules.

Cobayes soumis d’abord à des injections de bacilh tuberculeux puis de paratoxine.

Action curatrice.

Si, au lieu de faire l’injection de paratoxine de façoj préventive, on la fait de façon curative, c’est-à-dire si 0 fait précéder de quelques jours les injections sous-cutané< de lipoïdes de l’injection sous-cutanée ou intrapéritonéale c

bacilles, ou observe également toute une série de faits des plus intéressants.

Si l’injection journalière est volumineuse et atteint un centigramme par jour, on constate, au bout de quelques jours, la production des nodosités déjà signalées précédemment qui peuvent atteindre le volume d’une petite noix. Si l’on ouvre une de ces nodosités trois semaines à un mois après l’inoculation tuberculeuse, on constate qu’elle est remplie par un magma épais, crémeux.

Si I on examine ce magma au microscope, on y trouve des bacilles de Koch ou des débris bacillaires colora b les par le ! rouge de Ziehl.

Mais, fait particulièrement intéressant et qui montre sur le vif l’action bactéricide des lipoïdes, ce magma, injecté sous la peau ou dans le péritoine du cobaye, ne donne jamais de tuberculose.

11 se produit donc de véritables foyers de fixai ion à bacilles tuberculeux morts.

En outre, si l’on fait l’autopsie d'un cobaye ainsi sursaturé de paratoxine, on constate que le péritoine, et, en particulier, les replis gastro-spléniques et gastro-hépatiques, I sont remplis d’une graisse blanc jaunâtre, présentant à J’exa-

I /rien les caractères des lipoïdes. On y trouve, en effet, dans a masse graisseuse, d’assez nombreux cristaux de choiesérine.

Il devenait intéressant de connaître la valeur de ces amas graisseux disséminés dans le péritoine. Etaient-ce des tubercules ou de simples amas de lipoïdes : les inoculations de ces jimas à des cobayes démontrèrent qu’elles ne leur donnaient )as la tuberculose, il s’agissait donc d’amas lipoïdiques * l’étant probablement que l’expression exagérée de la fixation apide des leucocytes chargés de lipoïdes sur un point infecte >ar le bacille tuberculeux.

Ces résultats sont confirmés par une large expérimentation

itai'l 'à

puisqu'elle n a pas porté sur moins de 5oo cobayes répartis! en diverses séries.

Ayant soumis au commencement de l’année 1909 plusieurs! séries de cobayes à un traitement prolongé par des injections 1 de paratoxine après Jes avoir préalablement soumis à l’inoculation de cultures pures et virulentes de tuberculose, nom avons pu constater que ces animaux survivaient dans une 1res large proportion par rapport à ceux qui avaient été inc I culés sans être traités consécutivement.

Parmi les cobayes que nous avons ainsi traités en i90<Â plusieurs vivaient encore en mai 1910. Nous avons eu alorfl l’idée de leur injecter des bacilles tuberculeux bovins sans le.il mettre ensuite au traitement à la paratoxine. Ces injection;! ont été très bien supportées. Deux cobayes ont été sacrifié j trois mois après cette nouvelle inoculation.

Une parcelle de foie et de rate, les ganglions iliaques, 011 été prélevés et broyés dans un centimètre cube d’eau salé» > physiologique. L’émulsion ainsi obtenue a été injectée sous L| peau de la cuisse de deux cobayes sains, aucun d’eux ne ppé!

ife

senta de réactions ganglionnaires.

11 s'ensuit donc que les premiers avaient été manifestemen 1

immunisés contre la tuberculose.

Ces expériences démontrent que les lipoïdes biliaire!

(paratoxine) sont pourvus de propriétés antituberculeuse; i

efficaces, qu’ils sont capables de prévenir l’évolution de I tuberculose expérimentale, et que les animaux traités par- le lipoïdes et ayant résisté à la tuberculose, restent immunisé i contre elle.

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EFFETS LOCAUX DE LA FàRATÔXINE

Effets au niveau, de V injection. — Les injections sous-cutanées doivent être faites profondément sous la peau, soit dans le tissu cellulaire sous-cutané, soit en plein muscle, car si on injecte la paratoxine dans le derme elle sc résorbe très lentement.

Ces injections ne sont pas douloureuses. On doit les faire de préférence soit dans l’espace inter-scapulaire, soit à la région dorso-lombaire. Il vaut mieux éviter de les faire dans la fesse, car elles pourraient devenir un jour une cause de ^ène. Quand on les fait sur les membres, ce qui n’est du reste pas à conseiller, il faut les faire intra-musculaires.

11 peut, arriver que l’injection soit poussée au voisinage l’un filet nerveux, elle provoque alors une légère douleur lont il n’y a pas à tenir compte, c’est du reste ce qui arrive >our toute injection quelle qu’elle soit.

Chez certains sujets, il peut arriver que l’injection de paraoxine ne se résorbe pas, et produise un nodule induré. En >areil cas, il vaut mieux ne pas continuer à en faire, le sujet )résentant une certaine intolérance pour ce mode de traitenent. On pratiquera alors la médication par la voie buccale,.

Effets sur les voies digestives. — La paratoxipe donnée par la oie buccale n’amène jamais de troubles digestifs, quelle que oit la dose. L’estomac la tolère parfaitement et elle passe par intestin sans amener ni coliques, ni diarrhée. Au contraire, lie présente toujours l’avantage de stimuler l’appétit et de utter contre les troubles intestinaux qui sont si fréquents hez les tuberculeux et chez les anémiques.

Effets sur la muqueuse laryngée.

Les injections in Ira-

laryngées de paratoxine sont indiquées toutes les fois que le. larynx présente des lésions tuberculeuses, qu’il s’agisse d’une, congestion simple des bandes ventriculaires ou de lésion.' ulcéreuses des cordes vocales. L’action locale de la paratoxine sur la muqueuse laryngée est des plus nettes : au bout d< trois ou quatre semaines d’injections locales les signes d< congestion disparaissent et la voix reprend peu à peu soi timbre normal.

Quand il s’agit de lésions ulcéreuses, le processus de répa ration est plus long à se faire, mais il finit par se produire el des laryngologistes, en particulier Valentin et Labarrière, on! vu la cicatrisation totale des lésions se produire. Il se pro

duit au début une diminution de rougeur au pourtour d<

l’ulcération, puis un rétrécissement progressif de la surface malade. Des récidives sont possibles après la guérison, car 1< larynx se réinfecte par les bacilles qui viennent du poumon

Aussi est-il nécessaire de faire le traitement général en menu

temps que le traitement local.

Sans aucun doute, la paratoxine a une action directe sui les bacilles avec lesquels elle est mise en contact. Il s’agi sans doute, en ce cas, de phénomènes osmotiques, d’anti toxines, pénétrant par osmose dans l’organisme du bacille* ('/est là le phénomène d’osmo-nocivité bien connu des bactéj riologistes.

Effets locaux sur le lupus. — L’action sur la peau lupiqu» est tout à fait comparable à celle qui s’exerce sur la mu queuse laryngée. Employée en vaporisations la paratoxiin procure, au moment de son application, une sensation d< chaleur et de battement au niveau de la région traitée.

Cette sensation, très supportable du reste, dure à peine un< demi-heure, elle se répète à chaque vaporisation, mais ell< * s'accuse de moins en moins, à tel point qu’au'bout de quatn ou cinq jours, elle disparaît tout à fait.

Le pourtour des lésions lupiques commence d’abord a blanchir, puis le fond des ulcérations pâlit à son tour, et la cicatrisation s’accuse progressivement. Au bout de six à huit semaines de traitement en moyenne on ne trouve plus là où (existait le lupus, qu’un tissu légèrement blanchâtre et totalement dépourvu de cet aspect luisant que donne le traitement par les rayons X. Les plaques ulcérées sont remplacées (par un tissu de cicatrice qui ne diffère du tissu sain que par sa teinte blanchâtre. Au boni de quatre à cinq mois de traijtement cette pâleur spéciale s’atténue peu à peu et les traces lu lupus disparaissent avec elle.

Là encore il s’agit très vraisemblablement de phénomènes jl’osmo-nocivité. Les bacilles perdent de leur vitalité au cou-

act des antitoxines et les tissus de l’organisme voient leur S italité s’exalter, ce qui permet à la cicatrisation de s’effectuer.

si!

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