EFFETS GÉNÉRAUX DE LA PARATOXINE SUR L’ORGANISME
i° Sur la température. — Lorsqu’on emploie les injections sous-cutanées de paratoxine, les sujets présentent assez sou vent, mais ce n’est pas une règle absolue, une légère réaction thermique qui ne dépasse guère un demi-degré. Ce n’est, qu< dans des cas très exceptionnels qu’une élévation plus forte se produit.
La température commence à monter trois ou quatre heure après l’injection. Elle reste à son summum pendant un» heure ou deux, et la défervescence s’opère dans l’espace d» quatre à cinq heures.
C’est du moins ce qu’on observe quand on fait l’injectioi chez des tuberculeux apyrétiques.
Mais lorsqu’on la pratique sur des malades fébricitants
l’action de la paratoxine se borne à élever légèrement l;j courbe thermique habituelle du malade.
Au bout de quelques jours cette réaction thermique ne s<j produit plus. Du reste, dans l’immense majorité des cas, ell manque totalement. De toute façon jamais cette élévation d température n’a fait obstacle au traitement.
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a0 Sur la circulation. — La tension artérielle ne subi aucune modification appréciable au début du traitement. Pa contre on peut constater au bout d’un ou deux mois de trai j tement par la paratoxine que la tension qui était le plus son JfUii vent au-dessous de la normale au début, s’est légèremei bfiere
relevée pour devenir normale. Dans quelques cas, nous avon pu noter une légère hypertension, de 16 à 17 par exemple
Lorsque la tension artérielle se maintient à un degré [dus élevé que celui-ci, fait exceptionnel, le traitement doit être suspendu pendant quelque temps pour être repris plus tard. Ceci se voit principalement chez les malades, fortement entachés d’arthritisme. Ce sont, du reste, ceux qui guérissent le mieux.
3° Sur le sang. — La paratoxine, étant fortement antihémolytique, permet au sang de se régénérer rapidement. On note l’augmentation du nombre des globules rouges, puis, au bout d’un certain temps de traitement, on s’aperçoit que le sang contient à nouveau de la cholestérine alors qu’il en est habi- Luellement dépourvu chez les tuberculeux ainsi que l’avaient démontré Gilbert et Herscher.
4° Sur la respiration. — Aucune action particulière n’esl i signaler.
5° Sur les voies digestives. — L’introduction de la parajoxine dans l’organisme n’amène aucune réaction morbide. Au contraire, les fonctions digestives sont stimulées et l'anorexie disparaît.
| Un fait qui nous a été signalé par de nombreux médecins t que nous avons pu constater nous-mêmes maintes fois esl ’ine hypersécrétion biliaire qui donne aux selles une coloration légèrement verdâtre. La paratoxine avait donc excité les jonctions du foie au grand bénéfice des malades. C’est pour jette raison que l’on se sert très souvent de la paratoxine; Ihez les malades qui sont atteints d’affections du foie diverses plies que celles qui produisent l’ictère et qui se caractérisent
ar l’absence de bile dans les selles.
6° Sur le système nerveux. — C’est essentiellement une ction stimulante. Les malades sentent leurs forces et leur nergie revenir peu à peu. Jamais aucun trouble morbide.
7° Sur les fonctiotis de la peau. — La paratoxine possède des ropriétés remarquables pour provoquer la disparition assez
rapide des sueurs profuses si pénibles et si désastreuses pouij les tuberculeux. Cette action est l’une des premières que l’or| constate au cours du traitement.
Anaphylaxie.
Des phénomènes d’anaphylaxie se voient rarement au cour;] du traitement par la paratoxine. Cependant nous avons pi les constater à plusieurs reprises et cette constatation est trèj intéressante car elle pourra servir un jour à mettre sur la voi de l’interprétation de l’action thérapeutique de cette anti toxine. Quand ils se manifestent les choses se passent de I façon suivante : Un sujet qui aura très bien supporté jusque là un nombre parfois considérable d’injections sous-cutanées verra un jour toutes les injections qui ont été faites réappr raître sous forme d’une nodosité en tous points comparable celle qui se produit lorsqu’une injection ne se résorbe pic Ces nodosités prenaient une teinte rosée, parfois couleur é jambon et, par leur confluence, elles peuvent déterminer l’aj parition de placards, plus ou moins étendus légèrement gon liés et plus ou moins fortement colorés. On dirait presque u abcès en voie de formation, d’autant plus qu’il peut existe au début quelques douleurs à ce niveau et une sensation <i chaleur. Jamais il ne se produit de suppuration. Si, p hasard, on incise l’une de ces nodosités il en sort simplemei de la sérosité.
Il s’agit certainement là d’anaphylaxie, le sujet s’est peu à pe saturé de paratoxine et c’est au moment où la saturation c? complète que les symptômes anaphylaxiques apparaissen Aussi faut-il avoir soin de cesser l’emploi de la paratoxir dès qu’on constate qu’une ou deux injections successives ne ?• résorbent pas et que la peau devient rouge à leur niveai
Je puis en citer deux exemples typiques.
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Un jeune homme de 22 ans, étudiant, est traité pendant automne et l’hiver de 1 909-1 910, pour un point de tuberculose pulmonaire avec craquements au sommet gauche. Les iymptômes généraux et les symptômes locaux s’amendent >eu à peu, puis disparaissent totalement. La recherche des >acilles dans les crachats devient négative. Au début de l’auomne 1910, la guérison se maintenait, mais par mesure le précaution on reprit le traitement par la paratoxine. Il fut irès bien supporté pendant un mois, et l’état général parafait s’en très bien trouver, lorsque après la dix-huitième injection, brusquement toutes les injections faites huit mois Auparavant parurent s’enflammer localement et provoquèrent fapparition de placards rouges, au point où elles avaient été laites. Le traitement fut immédiatement cessé et, peu à peu, !out rentra dans l’ordre.
Une seconde observation montre que l'anaphylaxie peut ■gaiement se produire sous l’influence du traitement par a voie buccale et donne en même temps la preuve que a paratoxine ingérée par l’estomac s’absorbe et agit xactement comme la paratoxine donnée en injections ous-cutanées.
Il s’agit de M. T..., docteur en médecine, qui, après avoir été !j empiètement débarrassé d’une poussée congestive au sommet gauche par des injections de paratoxine, voulut, trois
ijtiois après, par mesure de précaution faire un traitement en iimployant la voie stomacale. Il ingéra des capsules de para- Ijoxine à la dose de six par jour, mais au bout de quelques [purs de ce traitement il vit la réaction anaphylactique se pontrer entre ses omoplates là où les injections avaient été faites. Il cessa le traitement et peu à peu les nodules dispa- ! lurent. Cette constatation lui fit du reste le plus grand plaisir [|n lui montrant que son organisme était toujours saturé « antitoxine et qu’il n’avait pas à redouter une nouvelle poussée tuberculeuse.
Lorsque les nodules anaphylactiques gênent tant soit pei le sujet par leur persistance, il suffit en général, pour les fair< disparaître, d’appliquer sur eux chaque nuit une compress imbibée d’eau de Goulard.
Les phénomènes -anaphylactiques sont du reste rares et j. les considère comme étant en général d’un très heureux pro nostic.
Réactions de la paratoxine sur les foyers
tuberculeux pulmonaires.
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Dans les cas de tuberculose pulmonaire, elle provoque un amélioration évidente des phénomènes fonctionnels portait surtout sur la toux, la dyspnée et l’expectoration.
Sous son influence les crachats se modifient.
Lorsqu’ils sont très abondants, purulents, jaune verdâtn peu a peu ils deviennent muco-purulents, puis blanc jaunâtre fu puis mousseux. Dans les prehiières semaines du traitemenl
ils sont plus abondants et se détachent avec plus de facilite Au bout de deux ou trois mois, ils commencent à se tari et en l’espace de cinq à six mois ils deviennent pour ain^
dire nuis. Ceci dans les cas de tuberculose au début ou à 1 deuxième période. Quant aux sujets porteurs de cavernes, Ij suppuration reste très longue à se tarir, quand elle peut se tarii La paratoxine possède des propriétés antibacillaires ; ell fait diminuer puis disparaître les bacilles de Koch ; de plue tu elle diminue le nombre des microorganismes associés.
La paratoxine ne provoque aucune hémoptysie et chez d( sujets terminant une hémorragie pulmonaire, le traitemer ne provoque pas l’apparition du sang dans les crachats.
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Signes physiques. — C’est sur eux que l’on peut surprendi le mieux l’efficacité du traitement par la paratoxine.
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Sous son influence la mutité s’atténue, puis disparaît, niais avec une extrême lenteur, cela se conçoit : il s’agit de transformer un foyer envahi par une infection lente et tenace et la matité (signe de congestion) ne disparaît que lors de la fin de la lutte, c’est-à-dire au moment de la guérison.
Les râles, de nature variable suivant le degré de la tuberculose, ne restent pas longtemps sans être modifiés par la paratoxine. Grâce à elle, les râles humides, non cavitaires, s’assèchent au bout de quelques mois de traitement, c’est alors que l’expectoration diminue. A leur place, se font entendre des craquements secs dont la disparition est plus lente à se produire.
Les souffles bronchiques s’amendent assez vite, mais leur
disparition est très lente.
Les. souffles tubaires ou cavitaires ne disparaissent pour ainsi dire jamais, malgré l’amélioration générale et locale
des sujets et la cessation de l’expectoration.
Quant aux signes d ’ adénopathie trachéobronchique, on peut lire que, dans la moitié des cas, on ne les perçoit plus au bout de cinq à six mois de traitement par les injections de paratoxine.
Sous l’action des injections de paratoxine B, les auteurs qui >c sont occupés de la question du traitement de la tuberculose laryngée par la paratoxine, sont unanimes à reconnaître pie ia première manifestation de ce traitement est une hypoîémic des bandes ventriculaires et du pourtour des lésions ; )cu à peu la dysphagie s’efface, la dysphonie diminue très entement. Quant à la cicatrisation des lésions, on l’a vue se )roduire, mais, lorsqu’elle s’est réalisée, il persiste une lysphonic durable. (Valentin, Labarrière.)
La paratoxine à hautes doses jugule rapidement Venir. rite uberculeusc, mais pour éviter les récidives faciles, il faut eti prolonger l’emploi au moins une dizaine de jours après l’apparition des selles normales. fDr Justice, d’Ypres.ê