RÉSULTATS DANS LA TUBERCULOSE OUVERTE I
Quand les craquements humides et les râles cavernulci ont remplacé les craquements secs, la paratoxine a beaucoi moins de chances de produire la guérison. Elle ne provoq.1 pas moins d'heureuses modifications et conduit même, dajf certains cas, le tuberculeux jusqu’à la santé normale.
Néanmoins, le résultat est long à obtenir, il exige un trait; ment patiemment poursuivi pendant plusieurs mois. En effc | l’organisme du malade est, chez ces malades, infecté depui longtemps, souvent depuis plusieurs années ; le bacille <j Koch a détruit le parenchyme pulmonaire ; ses toxines se so diffusées un peu partout, le système nerveux en est imprégil et la plupart des fonctions en souffrent, en particulier 1 fonctions digestives, de sorte que le malade mange mal, ne mange plus. Aux mauvais effets du bacille tuberculerj s’ajoutent ceux des germes associés et c’est devant des ass (dations microbiennes à virulence exaltée que se trouve plan, la paratoxine. On conçoit très bien que la lutte pour la gu] rison sera longue à soutenir et que ses résultats s’annonce'; comme très précaires.
Les statistiques nous fournissent les chiffres suivants :
Evolutions progressives . 17 0/0
Améliorations légères . » 38 0/0
Améliorations moyennes . 20 0/0
Améliorations considérables ... 12 0/0
Guérisons. . 13 0 0
Des évolutions progressives, nous ne retiendrons que fait : que la paratoxine, même à dose élevée et employée co curemment en injections laryngées et sous-cutanées, a to
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j jours été très bien tolérée et n’a jamais provoqué la moindre jj réaction générale ni la moindre réaction autour des foyers tuberculeux.
Les améliorations légères sont caractérisées par une amé-
t lioration de l’appétit, une certaine constance du poids, une [sensation passagère de bien-être après les piqûres. Mais toutes les altérations de l’état général persistent et ne sont iqu’à peine atténuées. Erroutre, l’état fonctionnel ne s’amende que légèrement, et les phénomènes stéthoscopiques ne bougent pas ou ne sont que très faiblement influencés par la jmédication. La modification favorable s’exerce surtout sur l’expectoration, qui devient moins abondante et qui semble
moins purulente.
(Les améliorations moyennes sont plus intéressantes à étuiier. Ici les signes stéthoscopiques sont influencés par la ; médication : le gargouillement en particulier diminue d’intensité et fait place aux craquements, la dyspnée disparaît fans une grande mesure, l’état général s’améliore au point [ue le malade, retrouvant l’appétit et les forces, peut repren- Ire tout ou partie de ses occupations habituelles.
. Dans la catégorie suivante, nous constatons une accentuaion plus accusée de ces heureuses modifications ; le gargouillement a disparu par suite d’un véritable assèchement îe la caverne, il est remplacé par un souffle tubaire ou par un ouf fie cavitaire presque toujours accompagné par des craquements secs et par des signes d’induration imputables, i omme je le disais plus haut, à la transformation fibreuse du oyer tuberculeux. Le malade a retrouvé son poids, ses forces, t reprend sa place dans la vie normale.
En voici un exemple :
B... Maria, 37 ans, sans antécédents héréditaires. A eu une hernie tranglée en 1903 pour laquelle elle a été opérée ; en 1904, pleuésie droite avec épanchement abondant et, depuis, a fait plusieurs ronchites particulièrement graves avec fièvre, oppression, hémo-
ptvsies. Elle éprouve continuellement des douleurs thoraciques tousse dans l’intervalle de ses bronchites, sue la nuit, a beaucou] maigri et ne travaille plus; en outre, elle mange mal, digère diffi cilement et vomit souvent après les quintes de toux.
Le 7 avril 1908, on note : poids 50 kilos, température 39°!. pouls 104.
En avant, à droite, au sommet, submatité, vibrations noi males, inspiration rude, expiration prolongée, craquements humide sur Irois espaces intercostaux.
En avant, à gauche, au sommet, matité franche, vibration vocales très exagérées, inspiration soufflante, expiration soufflant et prolongée, gargouillement sur trois espaces.
En arrière, à droite, matité, vibrations exagérées, inspiratio rude, expiration prolongée dans les fosses sus et sous-épineuses, cra quements humides nombreux dans la fosse sus-épineuse seulemen1
En arrière, à gauche, matité, vibrations exagérées, inspiration e expiration soufflantes, gargouillement dans la fosse sus-épineus< craquements humides dans la fosse sous-épineuse.
Expectoration purulente, abondante, bacillifère, renfermant si bacilles par champ microscopique.
Le 19 mai, poids 48 kilos 1/2, température 39°8, pouls 126 ; droite, augmentation des craquements humides; à gauche, è\t stationnaire.
Le 10 juillet, poids 49 kilos 1/2, température 38°8, pouls 116. Et; local stationnaire.
Le 18 août, poids 52 kilos, température 38°4, pouls 96. A droit< état stationnaire; à gauche, diminution du souffle et du gargouille ment. Expectoration moins purulente, deux à quatre bacille par champ microscopique. Amélioration des forces et de l’appéti diminution des sueurs et de la toux.
Le 11 septembre, poids 52 kilos 3/4, température 38°, pouls 96. droite diminution très nette des craquements et persistance d( autres signes. A gauche, le souffle a beaucoup diminué ainsi que 1 gargouillement, mais les autres signes ne sont pas modifiés.
Le 17 octobre, poids 54 kilos, température 37», pouls 92. Appét régulier, toux et oppression très diminuées, forces meilleure Expectoration muco-purulente, peu abondante, renfermant dei bacilles par champ microscopique. A droite, craquements se< très rares. A gauche, le souffle a disparu, le gargouillement e peu accusé, les autres signes physiques persistent.
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Le 1er décembre, poids 55 kilos 1/2, température 37°, pouls 80. À Iroite, rien de changé; à gauche, matité, vibrations exagérées, ins- >iration rude, expiration prolongée, quelques rares craquements jiumides.
Le 15 janvier 1909, poids 55 kilos 3/4, température 37°2, pouls 82. V droite, état stationnaire; à gauche, les craquements ont disparu, nais les autres signes persistent. L’état général est très bon, la toux •are, Lexpectoration est devenue presque muqueuse et ne renferme )lus qu’un ou deux bacilles par champ microscopique.
Le 12 février, même état local, poids 55 kilos 1/2, température nor-
I nale, pouls 80. La malade est arrivée à ne plus suer pendant la mit.
Le 9 avril, poids 57 kilos, température 36°8, pouls 80. Etat généal excellent; à droite, craquements secs très rares accompagnés le signes d’induration; à gauche, aucun craquement, submatité, aspiration rude, expiration prolongée. Expectoration muco-puru-
ente sans bacilles.
Le 11 juin, poids 57 kilos 1/4, température 37, pouls 84. Même
tat local.
Le 2 juillet, disparition des craquements à droite.
Le 30 octobre, même état.
Le 10 janvier 1910, même état.
Le traitement par la paratoxine fut continué pendant tout ce emps, sauf de courts intervalles.
Avec la catégorie des guérisons nous constatons une accenuation plus manifeste encore, mais qui ne s’obtient qu’au xmt d’un très long traitement. Chez certains de nos guéris, ious avons même dû prolonger le traitement pendant douze, ijuinze et dix-huit mois et même plus.
Nous considérons d’ailleurs comme absolument nécessaire, a surveillance attentive pendant deux ans des malades atteints le tuberculose ouverte après l’obtention d’une grande améioration. Une rechute ou une récidive peut se produire et lans ce cas, la médication a d’autant plus de chances de )roduire à nouveau de bons résultats qu’elle a été employée dus tôt.
La récidive n’a rien d’extraordinaire après l’emploi de la
paratoxine. Cet agent n’a pas d’autre action que d’aide l’organisme dans sa lutte contre l’infection tuberculeuse c l’on ne peut lui demander de provoquer dans l’économie ur immunité permanente. A l’heure actuelle, il n’existe d’ailleui aucun vaccin jouissant de telles propriétés et l’action prévej tive du vaccin antivariolique ne dure que quelques années.
La guérison des tuberculoses ouvertes se traduit d’aboi par la modification que nous venons de signaler à propos c la catégorie précédente. Puis on observe la disparition de fièvre et surtout la disparition des bacilles dans les crachat Finalement l’état général revient normal, les troubles fon tionnels se réduisent à une toux peu fréquente accompagm d’une légère expectoration et l’examen du poumon n’indiqi plus que des anomalies du murmure respiratoire avec ou sai souffle et induration du parenchyme pulmonaire par scléros
En voici un exemple :
P... Lucien, 40 ans, avec antécédents héréditaires chargés, pc et mère morts de tuberculose pulmonaire, un frère mort de même maladie à 19 ans, une sœur morte' de méningite, une aut sœur âgée de 31 ans, habitant Paris, atteinte de tuberculose pi monaire.
A 26 ans, P... a fait une bronchite et, depuis, il tousse crache pendant les hivers, il a, de plus, maigri. Depuis cinq ans, tousse et crache beaucoup aussi bien l’été que l’hiver, il c, oppressé, il mange mal, a perdu ses forces et sue la nuit. Il a h une dizaine d’hémoptysies depuis deux ans.
Le 13 décembre 1907, on note: poids 42 kilos 1/2, températu 39°2, pouls 112. En avant, à droite, matité, vibrations très exagéré inspiration et expiration soufflantes, gargouillement sur trois espac intercostaux. En avant, à gauche, matité, vibrations exagérée inspiration rude.
En arrière, à droite, matité très dure, vibrations très exagérée inspiration et expiration soufflantes, craquements humides noi breux dans la fosse sus-épineuse, moins nombreux dans la fos
sous-épineuse, mais descendant jusqu’à la base du thorax. I, arrière, à gauche, inspiration rude et craquements fins dans 1 fosses sus et sous-épineuses,
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Expectoration purulente, abondante, bacillifère, renfermant uatre bacilles par champ microscopique.
Dès les premières injections, le malade éprouve une sensation de ien-être; il se sent mieux et réconforté les jours de la piqûre et on appétit se modifie très vite.
Le 14 janvier, le poids est monté à 44 kilos, la température est de S°, le pouls à 108. L’état local est stationnaire, l’expectoration iminue de volume et change d’aspect, elle devient muco-purulente, n ou deux bacilles par champ microscopiqne.
Le 3 mars, poids 46 kilos 1/2, température 38°, pouls 92. A droite ■souffle et le gargouillement diminuent; à gauche, état stationaire. L’appétit est très bon et régulier, les forces sont revenues à 1 point que le malade reprend son travail, les sueurs nocturnes at disparu, la toux et l’oppression ont diminué.
Le 10 avril, poids 51 kilos 1/2, température 37°, pouls 80. A droite, souffle a encore diminué, le gargouillement est remplacé par aelques craquements humides. A gauche, les craquements ont sparu, mais les autres signes persistent.
Le 15 mai, poids 52 kilos, température 37°, pouls 80. Etat général cellent malgré la reprise du travail. Etat physique stationnaire, aux très diminuée, expectoration muqueuse et peu abondante ns bacilles.
Le malade cesse tout traitement.
Le 17 juillet, son poids tombe à 50 kilos, mais la température ste normale ainsi que le pouls.
ILe 15 septembre, le poids est de 53 kilos, la température 37°2, le luis 80. A droite, matité avec inspiration rude sans aucun craquent; à gauche, légère submatité en avant.
Le 3 novembre, poids 53 kilos 1/2, température 37°, pouls 82. Etat néral très bon, toux rare, respiration facile. En avant, à droite, bmatité, vibrations exagérées, inspiration rude sur deux espaces, î avant, à gauche, submatité sur deux espaces.
En arrière, à droite, matité, vibrations exagérées, inspiration de, expiration prolongée dans la fosse sus-épineuse.
En arrière, à gauche, rien d’anormal. Expectoration muco-puruîte, peu abondante, sans bacilles.
.e 9 février 1909, même état général, poids 54 kilos, pouls 80, npérature 36°8; état fonctionnel excellent; état local sans rnodifi- «î ion. Le malade travaille régulièrement.