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DIAGNOSTIC

Le diagnostic d’un lipome de la langue ne présente guëre de difficultés malgré la cavité de l’affection lorsqu'on se trouvera en présence d'une tumeur aux caractères classiques, indolente, fluctuante, jaunâtre, chez l’enfant nouveau-né on doit penser à faire cette constatation si l'on. observe des difficultés dans la succion, si l'enfant rejette le sein au bout de quelques instants ou avale de travers. Tee

Mais lorsque la tumeur sera intentitielle, lorsque la couleur caractéristique manquera, lorsque la fluctuction sera absente, lorsque enfin une ulcération aura été produite au niveau d'un lipome toutes les erreurs seront possibles.

Nous ne parlerons pas de celle, évidemment rare et tenant à des circonstances absolument particulières qui consisterait à croire à une tuberculeuse linguale en confondant la couleur jaunâtre du lipome et l'aspect des petits tubercules. Il n'est pas possible que la confusion se prolonge devantun examen tant soit peu attentif. Dans votre observation personnelle le diagnostic avait cependant présenté des difficultés assez particulières pour tromper

plusieurs médecins sur la vraie action de l'affection. I1

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s'agit de cas comme seul peut en offrir la clinique et où toute la sagacité du médecin doit être mis en jeu, pour dépister la vraie action du mal qui s'offre à lui.

Les tumeurs malignes présentent une évolution plus rapide. Elles s'ulcèrent rapidement et montrent des crevasses en une ulcération assez profonde ; la première fait sourdre des vermiates tout autour du point ulcéré ; le liquide qui s'écoule est infect ; le suintement de sang est continuel ; l’otalgie affecte une intensité terrible. Tous ces caractères semblent bien nettement tranchés et pourtant, en clinique, on peut se trouver en prises avec de sérieuses difficultés. Qu'un chicot ait creusé au niveau d’un lipome une ulcération rendue inguérissable par l’initition sans cesse renouvelée, et il en résultera une ulcération à base dure sur une saillie plus ou moins surélevée ; ‘il y aura de l’otalgie, du suinterment sanguin, de la solivation. Les ganglions eux-mêmes pourront être le siège d'une adénite:Sur quoi se baser pour établir le diagnostic ; l'examen histologique seul peut permettre d'en poser les bases. La première observation de Louis sur le lipome de la langue fit guérir aussi un cancer au célèbre chirur- GET. :

Si l’on a pu éliminer la tumeur maligne, il sera exceptionnel que le fait offre des difficultés sérieuses, il restera à déterminer à quelle classe de tumeurs bénignes on a à faire. . .

I1 faut distinguer deux cas, suivant Le la fluctuation est ou non manifeste. , &

Si la fluctuation est nette, il n'y a, en dehors du lipome,

qu'une tumeur liquide à pouvoir nettement cette sensation, -

On écartera tout d’abord l'hypothèse d'un dépôt tuber culeux qui peut produire entre les masses musculaires et acquérir une certaine dimension. Il est rare qu’il n’y ait pas en même temps une autre manifestation. De plus, l’évolution quoique lente, aura toujours été plus rapide que celle du lipome. |

Une gomme ramollie pourra prêter à la confusion ; les antécédents, l’évolution qui se fera toujours vers l’extérieur viendront généralement fixer le diagnostic.

Les {umeurs kystiques de la langue sont nombreuses.

Les kystes dermoïdes sont congénitaux, mais ils peuvent évoluer chez l’enfant sans qu'on les ai remarqués et apparaître nettement seulement chez l'adulte. Leur siège est le plus souvent vers le bas de la langue au niveau du canal de Bochdalek ; leur volume est petit le plus souvent; ils sont intra-musculaires.

Bryant a signalé un kys/e sanguin dont le diagnostic ne fut établi que pour la ponction.

Les kystes hydatiques s'observent le plus souvent chez l'adulte ; leur siège est en général vers la partie médiane de la langue ; on peut les rencontrer généralement en même temps dans d’autres organes. Parfois ils sont impossibles à reconnaître.

Les kystes salivaires, assez communs, seront reconnus par leur siège, par leur jonction plus rapide que celle du lipome. Le diagnostic sera particulièrement difficile d'avec le lipome sublingual.

Les angiomes siègent à la partie postérieure du dos de

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la langue ; ils sont en général superficiels et nous présente une couleur bleuâtre. Leur consistance est faible. Leur accroissement est très lent. On y observe presque toujours la fluctuation, mais leur réduction se laisse facilement opérer par une légère pression, ce qui est absolument impossible à produire sur le lipome. S'ils ne cèdent pas à la compression ils présentent l'impression de petits kystes et en offrent toutes les difficultés de diagnostic.

Dans sa forme typique, le lymphangisme produit le macroplasis qui se reconnaîitra facilement. Mais on pourra observer aussi de petites tumeurs de vaisseaux Iympha- . tiques. Elle seront réductibles, présenteront souvent un aspect enchevêtré, facile à reconnaître à la palpation: Enfin il ne sera pas rare de voir près de la tumeur les troncs lymphatiques dilatés.

Les petits anévrysmes de la langue ne sont pas très rares ; leurs pulsations, leur murmure caractéristique, leur apparence rouge ou bleuâtre les feront distinguer.

Malgré les caractères distinctifs que nous venons d'énumérer, l'observation pourra parfois être hésitant, |

Il n’est pas toujours facile en effet de dire à premiere vue si une tumeur est à un terme solide ou liquide, Nous n'en voulons pour preuve que l'observation rapportée par Tillaux (Gaz. des hôpitaux 1886). Il s'agissait d’une tumeur dure, interstitielle et mobile. Après avoir éliminé la syphilis et la tuberculose le professeur s'était arrêté à l'idée de fibrome. Après extirpation, l'examen histologique de Cornil, montra qu'on était en présence d’un kyste muqueux à parois épaisses,

La ponction exploratrice viendra dans ce cas à son se-

cours. Pratiquée avec une aiguille capillaire et une asepsie parfaite, elle ne présente aucun danger. Elle ramènera un liquide pusiforme dans le cas d’abcès froid, du sang s'il s’agit d'une tumeur sanguine : kyste ou angine, de la sérosité dont l'analyse dénature la nature s'il y a kyste salivaire ou séreux, un liquide clair comme de l'eau de roche si l’on a affaire à un kyste hydatique, le liquide huileux que l’on trouve dans les kystes dermoïdes si c'est une tumeur de ce genre qu'on observe. Dans le cas de lipome, la ponction sera toujours « blanche ».

C'est donc là un précieux élément de diagnostic; on ne doit pas se dissimuler cependant qu'il est infidèle, car dans les. cas d’abcès froids ou de gomme ramollie, le pus pourra être trop concret pour être aspiré par l'aiguille. Enfin dans le cas de kyste dermoïde il pourra s'agir plutôt de matière sébacée mollasse que de liquide proprement dit.

Si la fluctuation est absente, le lipome pourra être confondu avec les tumeurs solides de la langue.

S'il est interstitiel, la syphrlis pourra prêter à la confusion. Cependant la langue, bourrée de noisettes de Ricord, n’a pas la même évolution que le lipome. Celui-ci siège davantage à la partie antérieurs; ne présente pas la tendance ulcérative de la syphilis. Enfin l’hésitation ne pourra exister que lorsqu'on se trouvera en présence d'une syphilis remontant déjà à quelque temps et arrivée à la période tertiaire.

Les papillomes sont rares à la pointe, On les rencontre plutôt sur la base, au niveau du v lingual ou même en

arrière de lui. À leur niveau, la muqueuse est rouge; adhérente ; il y a quelquefois ulcération.

Les fibromes sont mous ou durs et dans les deux cas ils peuvent prêter à la confusion, mais ce sera surtout dans le premier que le diagnostic pourra présenter quelques difficultés. On se basera pour les différencier sur l’âge du malade, souvent plus jeune dans le cas de fbrome, ou le siège. On peut poser comme règle d’une façon générale, qu’une tumeur bénigne de la base de la langue est un fibrome, qu'une tumeur bénigne de la pointe est plutôt un lipome. La division est donc nettement tranchée en théorie, En clinique, si la ligne de démarcation n'est pas aussi précise, la dureté du fibrome permettra le plus souvent de déterminer la nature de la tumeur. Il y. aura difficulté dans le cas de tumeur mixte où les éléments du lipome et du fibrome sont unis en proportion plus ou moins grandes, et où la consistance est différente selon le mélange des deux tissus. Ces lipo-fibromes ne sont pas exceptionnels, et si l’on peut dire que le diagnostic. en présente de grandes difficultés, il est vrai d'ajouter qu'une erreur serait peu préjudiciable au malade, le traitement devant être l’excision dans l’un et l’autre cas.

Ce n’est que pour mémoire que nous parlerons des autres tumeurs solides qu'on a pu rencontrer dans la langue : chondromes, ostéomes. etc. Ces tumeurs n’ont jamais été rencontrées à l'état pur. Ce sont toujours des tumeurs mixtes unies à une quantité de tissu fibreux ou graisseux plus ou moins grande. Leur consistance ne permet pas l’erreur.

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