OBSERVATION I (HEYMANN
« Enfant de 6 ans portant depuis sa naissance une tumeur nette- « ment lipomateuse occupant la partie postérieure de la langue. « L'enfant ronfle la nuit et elle a difficilement appris à parler d'une « façon très imparfaite. » Si
Nous remarquons d'une part, le siège peu habituel du. lipome, en même temps que la gêne fonctionnelle qui dans cette tumeur congénitale fut très notable, tandi® quelle l’est si peu dans les autres cas.
Les différents traumatismes ou agents irritants auxquels . la langue est soumise ontété tour à tour accusés de produire non seulement les tumeurs en général de l'organé, ainsi que ce fait est connu pour le cancer, mais aussi le . lipome.
C'est ainsi que l’on a incriminé des morsures ; mais
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s'agit-il de morsures antérieurés à l'affection ou dues à une certaine maladresse de la langue et à l’occasion de cet accident. le malade aurait alors aperçu la tumeur qui jusqu'ici lui était inconnue.
Fréquemment de mauvaises dents, des chicots se sont trouvés accusés de la production de tumeurs. Guelliot en fait mention dans le cas qu'il observa dans le service de (rosselin. Nous avons nous-mêmes constaté dans les deux cas que nous avons vu que la dentition était en mauvais état. Il se pourrait que ce fût une cause d'irritation capable de provoquer le lipome.
Le malade de Decès était grand fumeur et buvait avec excès des boissons alcooliques. |
Des affections générales ont été trouvées à l’étiologie du lipome lingual. Cependant nous n'avons pas trouvé un seul fait de ce que l’on a appelé lipomatose, c'est-à-dire multiplicité des lipomes chez un même individu. Du reste dans la lipomatose il s’agit bien de tumeurs graisseuses multiples, mais elles sont en général assez diffuses, et offrent comme caractère d’être symétriques et de succéder soit à un rhumatisme chronique principalement aux œdèemes rhumatismaux, on à une névrite périphérique ; une névrite sciatique dans un cas que rapporte À. Mathieu. Ces tumeurs doivent être à notre avis complètement séparées de celles qui nous occupent.
Le malade de Decès était nettement goutteux, et on a remarqué plusieurs fois la coexistence du lipome avec des maladie retardantes de la nutrition.
Dans un cas, unique pensons-nous, Poncet note l'exis-
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tence chez le’même malade d'un lipome de la langue et d'une tumeur maligne.
OBSERVATION II (Ponogr).
« Une femme de 62 ans est atteinte d'un carcinome du sein droit « propagé aux ganglions et à la plèvre elle est dans la période de « cachexie. Elle porte depuis sa naissance sur le dos de la langue à « sa partie médiane une tumeur sessile du volume d’un œuf de .
« pigeon, de couleur rosée et jaunâtre par places, molle, adhérente
« à la muqueuse, absolument indolore. L'examen histologique mon- « tra qu'il s'agissait d’un lipome entouré d’une capsule fibreuse. ;
Le professeur Bard (de Lyon) soutient à ce propos qu’il existe des relations évidentes entre toutes les tumeurs à tous les degrés de gravité elles se rattacheraient toutes à une prédisposition individuelle ou héréditaire, une véritable diathèse. Ricard est partisan de ces idées de Bard.
Enfin nous placerons ici le cas de lipome que nous avons rencontré et dont l’étiologie apparente nous a frappé. En effet cette tumeur semble s'être développée chez une tuberleuse par suite de voisinage d’une ulcération probablement bacillaire.
OBSERVATION III (Personnelle).
Julie L..., doméstique, 36 ans, habite Paris depuis 5 ans; elle a beaucoup souffert de privation et a contracté la fièvre typhoïde
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6 mois après son arrivée. Depuis un an elle tousse, et son état s’est beaucoup aggravé depuis quelque temps.
Pendant la convalescence longue de sa dothiénentérie, elle portait déjà une ulcération sur le bord droit de la langue, d’abord indolore et qu’elle avait constaté fortuitement, Elle dit avoir souffert beaucoup à ce moment de dents cariées situées du même côté. Cette ulcération n'a jamais été profonde ; elle est devenue plus douloureuse et cause une gêne progressive à la mastication.
La malade se rendit l'hiver dernier à l'hôpital Lariboisière où l’ulcération fut cautérisée à plusieurs reprisés, probablement avec l'acide lactique.
Depuis, la langue a présenté du gonflement du côté droit, et la malade tourmentée de. douleurs incessantes s’alimente de plus en plus difficilement. Elle a renoncé au traitement en raisons des douleurs extrêmement vives que lui causaient les cautérisations, On nous prie à ce moment (juin 1895) de l’examiner espérant que nous lui trouverons quelque calmant. .
. Nous constatons sur le bord de la langue, à l'union du tiers antérieur et du tiers moyen une ulcération de la largeur de 5 millim.
environ, irrégulièrement arrondie, à fond grisâtre recouvert d'un enduit adhérent, tant que les bords sont légèrement surélevés, nettement d’encoche à la partie antérieure, mais non soulevés et entourés d’un-liséré rouge. Elle est allongée dans le sens antéro-postérieur de cette ulcération est légèrement indurée, les pupilles sont
très saillantes à son pourtour. La muqueuse génienne porte de se ; côté seulement l'empreinte des dents restantes. En effet, les trois premières molaires inférieures et deux molaires supérieures ont disparu il reste un débris saillant un peu en avant de l’ulcération mais du côté opposé l’état de la denture n’est pas meilleur.
Examinant de plus près la langue nous sommes surpris de constater plus près de la ligne médiane une tuméfaction arrondie presque contigue à l’ulcération par son bord externe, composée de deux petites masses peu saillantes, offrant ensemble le volume d’un