LORS
qui agissent de la même façon el par le même mécanisme (Cas d’iridodialyse par coup de pierre ; observation de la guerre d'Epire — pays très rocailleux — rapportée par le D° Cosmettatos.
« Les balles tangentielles, surtout celles qui atteignent le squelette de l'orbite, sont très souvent en cause et produisent des dégâts considérables en raison de leur vitesse et de l’ébranlement qu’elles produisent sur le massif osseux orbitaire. » (x).
Quant au projectile air, à l’'ébranlement vibratoire causé par la déflagration de l’explosif contenu dans le projectile, il est à l’origine des lésions dans quatre de nos observations. Ginestous donnant une statistique de la nature des agents traumatisants dans les blessures oculaires, trouve que l’ébranlement d’air est en cause dans 16 cas sur 250, soit 6,4 %.
La cause déterminante de l’iridodialyse, c’est donc la contusion directe ou indirecte du globe ou la comsotion de l'œil ; mais il n’y a aucune concordance entre l’agent vulnérant, la violence du choc et la gravité de Ja lésion.
Von Arrr a été jusqu’à prétendre que la nature et l’énergie de l’action vulnérante pouvaient ne jouer qu'un rôle secondaire dans la production de la lésion et il tient un compte énorme de divers facteurs qui sont pour lui autant de causes prédisposantes :
(rx) P' E. Rozzer et L. Maxçinr. = Lésions des membranes de l’œil avec intégrité du globe oculaire par blessures de guerre.
er
Lyon Chirurgical, 1% oct. 1915 et Clinique Ophtalmologique,
: L'âge du Sr et la fragilité plus ra des tissus qui peuvent en résulter ;
2° L'état de la réfraction et surtout les degrés élevés de myopie ;
3° L’ectopie préexistante du cristallin, souvent ignorée ou à peine aperçue :
4° Parfois aussi le plus ou moins de profondeur ou de saillie du globe oculaire.
A ces facteurs mentionnés par Von Arlt (r) de Wecker ajoute d’autres causes favorisantes. Il déclare que «.le décollement périphérique de l'iris pourra s’effectuer d'autant plus facilement après une contusion oculaire ou orbitaire que la pupille se trouvera sous l'influence alcoolique ou nicotique (morphinique chez quelques sujets) en fort état de constriction, ou que des synéchies fixeront le bord pupillaire à la capsule. »
Evidemment, ce sont là des facteurs dont on pourrait tenir compte dans l’étiologie des accidents ocufaires de cette catégorie, car la lésion n'étant pas proportionnée à la violence du traumatisme, paraît dépendre aussi pour une, part de la constitution particulière de l'organe lésé. Mais, dans nos observations il s’agit toujours de sujets jeunes, vigoureux, dans la force de l’âge, sans tares physiques ou oculaires, incompatibles avec le service des armes, et alors il devient excessivement difficile de déterminer après la blessure quelle est la part revenant, par exemple,
l’état de la réfraction ou à l’influence nicotinique
(1) Von Arc. — Blessures de l’œil au point de vue médico-
légal, Vienne, 1877.
l SE su re ou alcoolique sous laquelle se trouvait la pupille ; du reste, sur 37 cas d’iridodialyse, nous n'avons
trouvé que quatre fois des vices de réfraction. (Obser- Vations IL: IV: X° XIV): #
Obs. IL O. D. : Normal.
O. G. : fridodialyse, astigmatisme.
Obs. IV. O. D. : Iridodialyse.
O. G. : Myopie préexistante. ‘ Obs. X. O. D. : Légèrement astigmate v. 2/3, non attri-
buable à la blessure.
O. G. : Iridodiayse.
Obs. XIV. O. D. : Myopie.
O. G. : Large iridodialyse.
B) MécanisME. — Trois mécanismes, avons-nous dit précédemment, interviennent dans la production des lésions : la contusion directe, la contusion indi-
recte et, enfin, la commotion.
A). Le premier mécanisme et le plus simple, c’est le choc direct.
C'est, en effet, sur le globe oculaire lui-même, dans ses parties découvertes que peut porter la contusion ; mais il faut admettre alors que celle-ci est occasionnée par un corps parfaitement mousse, arrondi, sans la moindre aspérité et doué d’une force vive relativement faible, conditions sans lesquelles le contact seul suffirait pour déterminer une plaie pénétrante ou une rupture du glob+. Ce mécanisme par choc direct est peu fréquent dans les observations que nous avons recueillies (2 cas sur 37, Obser-
vations n* XI, XXVIT).
ET
La contusion peut n'atteindre ensuite le globe, que grâce à la transmission du choc à travers l’épaisseur des paupières fermées au moment de l'accident. Quand l'œil, en effet, est menacé d’un traumatisme quelconque, un mouvement instinctif ou plutôt réflexe détermine une contraction subite du muscle orbiculaire qui vient s’'interposer entre l'organe de la vision el le corps traumatisant. Si ce dernier n’est pas iancé avec une force tellement considérable que les paupières cèdent et que le globe se rompe ou se déchire, le coup sera amorti par le coussinet que forment les deux paupières. En effet, la sclérotique qui est une membrane fibreuse et élastique, résistera au traumatisme :; elle se déprimera sous le choc, puis reviendra sur elle-même et reprendra sa forme primitive en vertu de son élasticité. I v à une élévation momentanée de la tension de l'œil, rapidement compensée par l’élasticité sclérale. En outre à cette action de la sclérotique s'ajoute le rôle du tissu adipeux de l'orbite. La sclérotique, qui enveloppe le contenu liquide et incompressible du globe (humeur aqueuse et corps vitré) est environnée elle-même sur plus de la moitié de sa circonférence par le tissu adipeux de l'orbite. Cette masse considérable et élastique, intercalée entre l’œil et la charpente osseuse, empêche le globe d’être pressé contre les os.
Au moment de l’aplatissement soudain de la cornée ou de la sclérotique, l'anneau scléro-cornéen s’élargit et c’est précisément à ce niveau que se produit l’iridodialvse, c’est-à-dire là où l'iris n’est pas
aussi solidement attaché à cet anneau scléro-cornéen