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Dans sept cas, nous avons observé le choc direct.
Dans deux cas, nous avons noté le choc direct sur le globe lui-même (Observ. XI, XX VIT.
Dans deux cas, nous avons noté le choc direct à travers la paupière supérieure (Observ. IV, XID).
Dans deux cas, nous avons noté le choc direct à travers Îla paupière inférieure (Observ. XXII, BOX V re UE
Dans un cas, nous avons noté le choc direct sur les deux paupières (Observ. XVIT.
B) Comme nous venons de Le voir, dans une première série de cas, le globe lui-même a été contusionné ; mais, dans une autre série, non seulement le globe n'est pas contusionné, mais il n’a pas été même effleuré ; l'agent vulnérant frappe les tissus périoculaires et surtout le squelette de l'orbite, un certain nombre de nos observations le montre clairement. C'est un mécanisme différent du précédent, plus complexe que lui, qu’il faut alors faire intervenir : le mécanisme par contre-coup. « La force vive du projectile se trouve brusquement arrêtée sur une surface résistante telle que l'os et se transmet à distance à travers la masse osseuse aux tissus cellulooraisseux de l'orbite, dont la consistance est molle et qui sont peu compressibles ; l’ébranlement se transmet ensuite à la membrane fibreuse de l'œil : Ta sclérotique » (1), et cette commotion indirecte altère l'insertion de l'iris à son bord ciliaire, lieu de moin-
blessures de guerre (Chapitre : Mécanisme). Archives d’Ophtalmologie, janvier 1917.
(x) P? Rozrer et E. Verter. (Lococilato.)
=. | dre résistance et produit le décollement du diaphragme irien, en même temps qu'il peut donner lieu à des altérations concomitantes de la rétine et de la choroïde. |
L'os est, d’ailleurs, un excellent conducteur de la force d'ébranlement et les ondes propagées par lui, telles les ondes sonores, gardent leur force vive presque intacte en arrivant au globe ; celle-ci est, au. contraire, très diminuée au sortir des tissus mous de l'orbite. Tout se passe alors comme dans le premier mécanisme.
Dans 16 cas, nous avons constaté le choc indirect.
Deux fois la plaie contuse siégeait au niveau de la queue du sourcil.
Deux fois la plaie contuse siégeait au niveau du pilier externe ou de la région temporale.
Deux fois la plaie contuse siégeait au niveau de la‘ région sous-orbitaire.
Six fois, nous avons noté le choc frontal et la tête du sourcil.
Une fois, nous avons noté le choc nasal.
Trois fois, il y avait des plaies contuses multiples.
Dix fois, il y avait impossibilité de retrouver d’une façon précise le siège de la plaie contuse, qui n’était pas indiqué sur les observations.
Le siège de la plaie contuse paraît donc être indifférent, et il n’y a pas de zone particulière dont la contusion entraîne, de préférence, une rupture de l'iris à son insertion, contrairement à ce qui a lieu dans les lésions des membranes profondes dues à une
& contusion! indirecte, comme Tone montré le Hole ; seur Rollet et E.- “Velier. RTE Dee
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©) À côté de: ces deux 1 mécanismes, il en existe un troisième, c’est celui de la commotion où du choc gazeux. Alors que, dans la contusion, l'agent vul- nérant est un corps matériel projeté par l'explosion, dans la commotion, c’est le déplacement violent de l'organe dans l'orbite, la déformation de l'iris au-delà de ses limites d'élasticité, sous l'influence du « pro-
- jectile air », du « vent du boulet » — ou, mieux, du
« vent de l’explosif », — qui créent la lésion sans qu'il existe ni plaie ni contusion de l’œil ou des tissus périoculaires et périorbitaires, sans même qu’aucun corps contondant touche un point quelconque de l’imdividu. Le déplacement d'air consécutif à l'explosion d’un gros projectile peut donc produire les mêmes accidents dans le globe oculaire que ceux déterminés par les armes à feu, sans toucher l'œil, comme une balle traversant le massif facial, comme un éclat d’obus intéressant le crâne, entraînent de gros désordres dans l’œil en apparence non altéré.: L'iridodialyse est, ici, le résultat de l’ébranlement, de la vibration de l’air, consécutive à l’éclatement de l’obus à très faible distance, la rupture de l'iris se produisant alors « comme la brisure d'une vitre à l’occasion d’un coup de canon ».
Nous avons noté quatre fois sur trente-sept, le mécanisme de la commotion. Il est donc réel comme le prouvent nos observations, en particulier l’observation du soldat R..., n° XIV, dont nous reproduisons
la photographie au début de cette étude et celle du D” Jacqueau qui, toutes deux, sont des preuves indéniables du processus.
Ce mécanisme a été fort discuté et contesté. On se refusait à admettre que le déplacement d'air formidable qui crève des tympans, provoque des hémorragies de toute nature, soit susceptible d’en provoquer au niveau de l'œil ; aujourd'hu, il est admis par la plupart des auteurs. En 1915, Darier (1) notait que l'éclatement d’un obus à courte distance, peut occasionner de très graves désordres oculaires, provoquer des hémorragies de la rétine et du corps vitré qui sont d’un pronostic sérieux. [Il ajoutait qu'on a cité de même des cas d’opacité du cristallin plus ou moins marquées, dues au même mécanisme.
Guglianetti, de Naples, qui a observé dans la clinique oculistique de Naples, transformée en hôpital militaire de réserve dirigée par le professeur Angelueci, les cinquante premiers cas de-traumatismes oculaires sur le front italien, donne l’explication suivante des lésions oculaires quand l'agent vulnérant n’a pas pénétré dans l'orbite et n'a pas touché le globe « C’est, dit-il, le shock vibratoire subi par les membranes internes ou encore le fait que les vibrations des membranes de l'œil et celles du corps vitré, n'étant pas synchrones, ces deux tissus se heurtent très rapidement entre eux et les effets en sont res-
(x) Blessures oculaires de guerre. Journal de Médecine et de Chirurgie, 25 avril 1975.
(2) Archives d'Ophlalmologie, janvier-février 1918.
sentis surtout par la rétine et la choroïde, » En 1918, le Professeur Lagrange a groupé dans son livre
« Atlas ophtalmoscopique de guerre », loute une série de lésions intéressant les membranes profondes
de l'œil traumatisé par l'ébranlement de l'air que
produit l'éclatement d'obus à proximité du blessé. Il a même noté des cas incontestables de luxation et de subluxation du cristallin, de cataracte traumatique causées par le même mécanisme. Pour lui, c’est l’ébrantement de la colonne d'air qui vient secouer la paroi oculaire comme celle secouerait plus ou moins violemment une porte, une cloison, selon que l'explosion du projectile est plus ou moins violente ou plus ou moins rapprochée. CE SERAIT LE TRACTUS UVÉAL QUI SERAIT LE PREMIER INTÉRESSÉ DANS CE MÉCANISME, l'ébranlement partirait ainsi de la cornée et se propagerait en passant par la grande circonférence de l'iris, jusqu'aux membranes profondes à téavers les milieux transparents.
Or, rien ne s'oppose à l’analogie entre l'iridodia-
lvse produite par commotion, soit pure, soit associée à des lésions chorio-rétiennes, maculaires ou des milieux et liridodialyse produite par contusion direcle ou indirecte quand on étudie le mode d'action de la déflagration de fortes charges d’explosifs. Qu'il y ait action prépondérante ou exclusive de la décompression brusque qui suit l'explosion ou de lair déplacé, par l'explosion même el donnant un coup brusque, comme l'a fait remarquer Dufour, de Lausanne, à la suite de sa visite au front franco-anglais, « le choc du cône d’explosion existe au même titre
RES 38 — , EVE que celui du marteau de l'expérimentateur ou de la balle du combattant ». Quoi donc de plus surprenant
qu'il y ait similitude d'effets et que l’iridodialyse se produise aussi bien par commotion que par contusion ? Sie
L'éclatement de lorpilles aériennes, de gros obus, de sapes, de mines, à une distance de 2 m. à 10 m., peut donc occasionner une iridedialyse par l’action de la déflagration. En effet, la vitesse du son dans l'air est de 333 mètres à la seconde sous la pression atmosphérique normale. Or, dans le voisimage de l’obus qui éclate, la vitesse de l’onde de choc peut être de l’ordre de grandeur de 2.060 mètres par seconde ; cette vitesse heureusement s’atténue très vite car à 60 mètres de distance, la vitesse est redevenue celle du son normalement.
Mais dans cette zone dangereuse de 60 mètres de rayon, il se produit des augmentations de pression pouvant aller jusqu'à 00 kilogrammes par cm?, ‘mais ne durant que 1/100 à 2/100 de seconde. De plus, dans la zone dangereuse, les augmentations de pression ne sont pas uniformes. On a des secteurs morts à côté des zones d'efficacité qui, elles-mêmes, sont d'intensité inégale, les zones des deux gerbes latérales étant plus fournies que celles des gerbes antérieure et postérieure (ceci explique que des soldats voisins les uns des autres au moment de l’éclatement proche d’un obus, présentent des lésions très variables). Sous l'influence de ces pressions énormes mais courtes, le sang se trouve brusquement refoulé vers les organes centraux, essavant de franchir la
- barrière, ie surmonter 1 freins que lui opposent les capillaires ; ces derniers résistent, se gonflent, deviennent turgescents, augmentent de volume et éclatent si la pression est trop élevée. C’est là le mécanisme des hémorragies, des ruptures qui sont consécutives à la commotion, au choc gazeux, au « shell shock », de James Evans, et qui intéressent un grand nombre d'organes. Ainsi Sencert a montré que l’explosion d’un obus avait amené la mort d’un soldat sans qu'il n’y eut ni plaie, ni contusion. L’autopsie mit cependant en évidence une rupture du poumon, des hémorragies intra-pleurales et une hémorragie gastrique (13 janvier 1915). Le D° Ravaut cite le cas d’un malade avant présenté des hémorragies du sys-1 tème nerveux et de l'appareil urinaire ; aucun signe extérieur n’en révélait l'existence, seuls, la ponction lombaire ainst que le sondage vésical permirent de les mettre au jour. Guillain et Pierre Marie ont signalé des hémiplégies dues au même mécanisme; Lermoyez a relaté des lésions auriculaires, relevant toujours du choc gazeux: Rien d'étonnant donc que ces ruptures et ces processus hémorragiques produits par commotion — « véritables blessures internes par contrecoup » comme dit le D’ Ravaut — puissent exister dans tous les viscères et organes des sens. Au fait, pourquoi l'œil ne pourrait-il pas fui aussi, être le siège d'hémorragies et de ruptures consécutives à la déflagration violente et proche d’explosifs D L’œil, nous l’avons vu, est entouré d’une membrane fibreuse et élastique, la sclérotique, environnée elle-même du tissu adipeux de Porbite et emmagasinant la force
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