CHAPITRE IV
Historique
Au début de ce travail, nous avons déclaré ne vouloir nous occuper uniquement que des iridodialyses par blessures de guerre. Toutefois, les cas connus d'iridodialyse étant très rares et la littérature ophtalmologique très peu riche en faits de ce genre, on nous pardonnera d’avoir recherché ce qui fut écrit sur ces lésions dans les observations touchant la pratique civile journalière, et d’avoir, dans un ouvrage consacré aux blessures de guerre, accordé droit de cité à des accidents oculaires de la vie civile.
Yverr, dans son Traité des blessures de l'œil, rapporte quelques cas d’iridodialyse, mais observés à la suite de plaies pénétrantes, ces cas sortent des limites que nous avons assionées à notre sujet.
De Wecxer, dans son Traité complet d'Ophtalmologie cite l'observation que nous reproduisons cidessous et qui est due à Lawson (+). Bien qu'ici il ne
(1) LAwson. — Injuries of the eyes, page 123.
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s'agisse pas d'une iridodialyse, mais d'une lacération de l'iris, sans plaie, l’étiologie de cette lésion est de tous points identique à celle de l'iridodialyse par blessure de guerre, que nous venons d'étudier, ainsi qu'on peut s’en rendre compte :
LAGÉRATION DE L'IRIS SANS LÉSION PAR LE CHOC D'UNE BALLE LA a - AYANT RICOCHÉ SUR LA CIBLE
W...P., âgé de 41 ans, contrôleur de tir, entre le 23 mai 1865, dans le service Critchett. [l y a onze jours, en marquant le tir des volontaires, il reçoit, assis derrière le garde-tir, une balle par ricochet contre l’œil gauche. Il se sentit blessé au moment même, mais il ne prêta pas attention à la chose quoiqu'il se rendit bien compte, comme il le disait, qu'il n'y voyait plus de cet œil, probablement par suite de l’épanchement sanguin.
L'examen montrait sur le côté externe de la cornée, l’épithélium un peu rugueux, mais sans trouble apparent, qui aurait marqué le siège de la contusion. Les enveloppes de l’œil sont intactes. Seule, l'inspection de l’intérieur de l'œil révèle la présence de deux pupilles superposées, l’inférieure étant séparée de la supérieure par un pont d'’iris, tandis que la supérieure ne concorde évidemment pas avec le bord marginal de l'iris, dont elle se trouve séparée par une bandelette de tissu iridien. Une inspection attentive montre les deux bords de cette nouvelle pupille faiblement frangés et irréguliers. Quoique les milieux soient légèrement troubles, on pouvait observer le fond de l'œil à travers les deux pupilles. Le bord supérieur dé la pupille physiologique situé en bas, a perdu sa conformation arquée, mais l’inférieur montre sa courbure et sa contractilité normales.
En 1909, le D° Jacqueau a publié dans le « Lyon Médical », l'observation d'un malade atteint « d’iridodialyse sans traumatisme local apparent », qu'il avait présenté à la séance de la Société de Lyon, du 3 mars 1909, présidée par le Professeur E. Rollet.