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CHAPITRE PREMIER

Exposé du sujet et plan

Dès le début de l'année r915, le professeur E. Rollet, alors médecin principal, chef du Centre ophtalmologique du Gouvernement militaire de Lyon et de la XIV° Région, avait attiré l'attention sur la fréquence des lésions des membranes profondes dans les blessures de l'œil, sans altération apparente du globe. L. Mangini, dans sa thèse présentée en juillet 1915, le P° Rollet et L. Mangini, en octobre 1915, dans un travail paru dans le « Lyon Chirurgical » et dans la « Clinique ophtalmologique » ; le P° Rollet et E. Velter, dans les « Archives d’ophtalmelogie » de janvier 1917 ; puis le D° Terrien, le P° Lagrange, étudient les altérations visibles de la rétine et de la choroïde, chez des blessés où les yeux paraissent normaux à la simple inspection et où il faut recourir à l'examen du fond pour trouver la cause des troubles qu'ils accusent. Ces altérations visibles de la rétine et de la choroïde étaïent causées soit par une contusion

de l'œil, soit par des éclats périoculaires contusionnants, mais respectant l'intégrité du globe oculaire.

Or, à côté de ces lésions du segment postérieur de l'œil, il existe des lésions intéressant le segment antérieur, pouvant porter soit sur l'iris, soit sur le cristallin et survenant à la suite des mêmes causes, relevant du même mécanisme que cés altérations des membranes profondes, sans plaie pénétrante du globe.

Dans ce (ravail, nous nous proposons d'étudier une lésion intéressant l'iris, qui consiste en une déchirure de cette membrane, siégeant à son insertion ciliaire, et résultant de la contusion ou de la commotion du globe oculaire : l’iridodialyse (du grec draovee, qui signifie dissolution, solution de continuité).

Mais tout d'abord, il convient de donner une défi-. nition de la contusion envisagée au point de vue oculaire ; nous le ferons brièvement, nous réservant de revenir plus complètement sur ce chapitre quand: nous envisagerons le mécanisme. Sous le nom de contusion oculaire, on désigne le traumatisme qui est produit par l’action d’un corps contondant sur le globe oculaire, qui a pour conséquence une altération des rapports entre les éléments morphologiques et peut même opérer la disjonction de ces éléments, sans que l'agent traumatisant lui-même ait pénétré dans les tissus, sans solution de continuité des membranes constituant la coque de Pœil et contenant les divers milieux oculaires, autrement dit sans plaie ; dans d’autres cas, le globe oculaire est entré dans un

état de vibrations énergiques, rapides, par suite

d’une violence, d’un traumatisme qui, sans l’atteindre directement, s'exerce soit sur les régions périoculaires OU périorbitaires (contusion indirecte), soit mêrne à proximité du sujet sans toucher un point quelconque de l'individu, à la suite de l’éclatement proche d'un gros projectile (commotion oculaire).

À Ja suite de semblables traumatismes, immédiatement ‘après ou peu de temps après, l'œil peut présenter une iridodialyse que nous pouvons donc ainsi définir : « Une désinsertion de l'iris à son bord périphérique, une séparation du bord ciliairé de la membrane irienne, survenant à la suite d'une contusion ou d'une commotion du globe. » Chez tous les blessés présentant cette lésion, il n’y a donc aucune plaie du globe; pas d’altération apparente des membranes enveloppantes, mais toujours intégrité de l'œil. Aussi les iridodialyses par plaies pénétrantes du globe oculaire ne rentreront-elles pas, par définition, dans notre cadre. Nous laisserons donc aussi de côté et nous éliminerons de notre sujet, les cas de corps étrangers intraoculaires bien tolérés que l’on peut déceler grâce à la radiographie, qui renseigne l’ophtalmologiste sur la topographie de ces éclats et qui sont justiciables d’une thérapeutique ‘efficace grâce à l'application de l’électro-aimant géant auquel la plupart des blessés oculaires étaient systématiquement soumis dans les divers services du Professeur Rollet.

Nous étudierons d’abord l'anatomie et la physiolocie de l'iris, en insistant surtout sur la racine de cette membrane, sur son mode d'insertion. Nous entre-

en Lie

rons ensuile dans l'étude générale des lésions ; nous verrons, pour commencer, l’étiologie, lé mécanisme, la nature de l'iridodialyse ; puis nous en aborderons les symptômes, le diagnostic, l’évolution, le pronostic et les conséquences médico-légales, enfin le traitement.

Après avoir donné un rapide aperçu historique de la désinsertion irienne, nous exposerons dans un dernier chapitre le classement de nos observations avec celles-ci.

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