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CHAPITRE II

Anatomie et physiologie de l'iris

Avant d'aborder l'étude générale des lésions dans liridodialyse, nous rappellerons tout d’abord certaines notions d'anatomie et de physiologie normales, indispensables pour comprendre le décollement de liris.

L’iris est le segment antérieur du tractus uvéal, caractérisé par une grande richesse en vaisseaux et en nerfs et de nombreuses cellules ramifiées et pigmentaires. C’est, suivant la définition qu’en a donné Sappey, «un écran membraneux, circulaire, contractile, perforé à son centre pour livrer passage aux rayons lumineux et transversalement situé dans l'humeur aqueuse, entre la cornée qu’il sous-tend et le cristallin, dont il voile la partie périphérique ». Îl sépare la chambre antérieure de la chambre postérieure du globe oculaire ; l'ouverture centrale, que présente l'iris, a reçu le nom de pupille.

L'iris présente un diamètre de 13 millim. à l’état de dilatation complète, de 3 à 4 millim. à l’état de

REG Pa

. moyenne dilatation (moins que le tiers du diamètre total de l'iris. Ce rapport, du reste, varie suivant l'état de constriction ou de relâchement de la pupille, la largeur de l'anneau augmentant quand la pupille se resserre et diminuant, au contraire, quand elle se dilate.

L'iris tendu dans le plan vertical formé par l’orifice antérieur de la sclérotique, nous offre à considérer deux faces et deux circonférences. La face antérieure remarquable par sa coloration non uniforme et la variété de son coloris s’étendant à l'infini suivant les races, regarde la face postérieure de la cornée, mais ne la touche jamais à l’état normal. On voit sur la face antérieure de la membrane irienne, deux zones assez distinctes, l’une circonscrivant la pupille l’anneau coloré interne ou petit cercle de l'iris ; la seconde, périphérique, par rapport à la précédente : l’anneau coloré externe ou grand cercle de l'iris. La face postérieure de l'iris est d’une coloration noire charbon uniforme : c’est l’uvée des anciens anatomistes. Au niveau de la zone ciliaire, on distingue des sillons, plicatures de la couche uvéale et du stroma. Les plis deviennent plus nombreux au niveau de la zone pupillaire, donnant à cette zone par leur juxtaposition, un aspect tuyauté ; ils se prolongent même sur la face antérieure. Au niveau de la circonférence pupillaire, la face postérieure de l'iris est en contact avec la face antérieure du cristallin. La petite circonférence de l'iris qui circonscrit la pupille, cercle noir pouvant, tout en conservant sa forme circulaire, augmenter ou diminuer, est fortement

| repose le: boid | libre de Vire or la nt. est | contractée ou | modérément dilatée ; si celle-ci est. re dilatée au maximum, le bord libre est. suspendu ne ee RSS librement dans la chambre de l'œil. Re A va Quant à la grande circeuféetce PA l'iris, elle SRE mérite que nous nous Y arrêtions plus longuement et. 2 ; quer nous examinions avec soin par quels moyens elle

Pi cet maintenue en position, autrement dit : son inser- Frac ie D tion. Par sa grande circonférence, l'iris est fixé à __ l’enveloppe scléro-cornéenne du globe oculaire. … D'une part, l'union de la sclérotique à la cornée se fait par un biseau taillé aux dépens de chacune d'elles, la sclérotique recouvrant la cornée ; d’autre 2e | part, l'iris vient s'unir à cette dernière précisément à He | la pointe du biseau cornéen, en s’accolant à l’extrémité antérieure du corps ciliaire ; c’est ce qui consti- tue l'angle irido-cornéen que l’on peut ainsi définir : le point où s'établit l’adhérence entre la racine de L'iris et Le tendon ciliaire d'une part, la coque fibreuse -de l’œil d'autre part.

La face postérieure de l’angle irido-cornéen est formée par le stroma iridien qui vient faire corps avec le muscle ciliaire et le bord antérieur des procès

ciliaires. À ce niveau, en effet, il y a continuité entre Je tissu conjonctif de l'iris et celui du muscle ciliaire; disons de suite qu'ici le bord périphérique de l'iris, en continuité avec le stroma de fa zone ciliaire est très aminci, et que, lorsqu'on le tire, c’est en ce point qu'il se déchire ou, mieux, « se décolle ». On voit, en outre, de très nombreux vaisseaux aller de la face postérieure du muscle ciliaire dans lépaisseur de l'iris. Il faut noter, en plus, que l'iris s’insère sur le ciliaire irrégulièrement, car il présente un bord adhérent festonné, dont les pointes se perdent dans les vallées ciliaires, tandis que les angles rentrants correspondent à la face antérieure des têtes des procès Ciliaires. (Rochon-Duvigneau).

La face antérieure de l'angle irido-cornéen est constiluée par le tendon du muscle ciliaire ainsi que par la face postérieure du limbe scléral et sclérocornéen. Avec Le Magourou, nous diviserons cette zone en deux parties, l’une ANTÉRIEURE OU SCLÉRO- CORNÉENNE, qui est formée de deux tissus : le sclérotical blanc opaque el le cornéen transparent qui s'unissent par deux biseaux. Le biseau cornéen est découpé aux dépens de la lame externe et le sclérotical aux dépens de la lame interne. Aïnsi, dans la constitution anatomique de la portion cornéo-sclérale, la cornée prend une part d'autant plus large qu'on la considère en avant el la sclérotique une part d'autant plus large qu’on la considère en arrière. Ceci explique pourquoi quand on dissèque la conjonctive bulbaire, nous découvrons d’abord un tissu

blanc opaque, puis un tissu semi-transparent lorsque

nous nous rapprochons de la cornée ; l’autre PARTIE, POSTÉRIEURE OU SCLÉRALE, qui est DANS formée par la sclérotique.

Le segment scléro-cornéen seul est tapissé à sa face postérieure par la membrane de Descemet, car arrivée au voisinage de la circonférence cornéenne, cette membrane devient fibrillaire et forme là une sorte d’épaississement annulaire, l'anneau tendineurx de Düllinger sur lequel prennent insertion les fibres radiées du muscle ciliaire.

Le deuxième segment, qui forme la portion périphérique de la chambre antérieure, est en relation avec un petit canal : c’est le canal de Schlemm, qui se trouve creusé dans la sclérotique, immédiatement en arrière du segment scléro-cornéen. La chambre antérieure n’est séparée de ce canal que par la membrane de Descemet devenue fibrillaire et réticulée.-

De l’anneau tendineux de Dôllinger, les fibrilles constitutives divergent en éventail, et se disposent en trois plans : un plan antérieur, un plan moyen, un plan postérieur ; les fibrilles antérieures vont à la sclérotique et se confondent peu à peu avec Îles fibres élastiques de cette membrane ; elles passent en arrière du canal de Schle:sm et doublent ainsi la paroi postérieure de ce canal. Les fibres moyennes se terminent en rayonnant sur les faisceaux du muscle ciliaire, les fibres postérieures se réfléchissent d'avant en arrière et viennent se perdre sur la face antérieure de l'iris. C’est à l’ensemble de ces dernières fibres élastiques réfléchies qui se portent de Panneau de Dôllinger sur l'iris en contournant

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