SCÈNE III
FRITZCHEN.
A la bonne heure, j’aceeple vos excuses; maintenant vous dites comme moil... et c’est y bon le petit commerce?
LISCHEN.
Mauvais comme tout, mon pauvre pays 1 ils traitent mes palais de superflus.
FRITZCHEN.
Oh! les malhonnêtes t Attendez, je vas faire remonter l’article, moi ; donnez-m’en un pour deux sous.
En v’ià deux, mais qu’esl-ce que vous en ferez?
FRITCZHEN.
J’ai oublié mon démêloir et ma brosse à dents; ça 1> s supplémentera.
LISCHEN.
Il est bien loustic mon pays, et puis il -a un bien joli chapeau. Ah! vous êtes bien aimable.
FRITZCHEN.
Et vous bigrement gentille, et j’ajouterais bien un baiser au payement de la marchande.
LISCHEN.
Oh ! je n’aurais pas de quoi vous rendre.
FRITZCHEN.
Ohl en cherchant bien... (a part.) Mein Golt! comme elle me va, la payse 1... ça ferait une jolie petite femme tout d’même, si on était sûr que... mais on n'est jamais sûrque... la jeunesse est si fragile... Et vous retournez au pays?
LISCHEN.
Oui!
FRITZCHEN.
Eh bien, puisque nous allons tous les deux en Alsace, nous allons toujours faire un brin de roule ensemble.
LISCHEN.
Mais je veux bien.
FRITZCHEN.
El nous allons auparavant nous donner des forces dans les jambes en les faisant passer par nos estomacs... Avez-vous faim?
LISCHEN.
Oh ! Oui. (Elle s'assied sur le banc et tire de sou sac du pain noir et du fromage.)
FRITZCHEN, h la table.
Eh bien, venez par ici.
LISCHEN ET FRITZGHEN.
LISCHEN.
Je vous remercie, j’ai tout ce qu’il me faut.
FRITZCHEN.
Comment! du pain noir et du fromage? Du fromage, c’est bon pour le dessert; mais regardez donc par ici. (Vidant sa valise.) Une cuisse de canard, du pâté, du bœuf piqué, de l’oie, une tranche de veau, une saucisse fumée, un morceau de gâteau de riz, il faut toujours avoir une poire pour la soif; un petit doigt de vin, du fameux, allez.
LISCHEN.
Ohl c’est très-appétissant, mais je mange ça de bon cœur.
Mais venez donc, venez.
LISCHEN.
Ah ! dame, vous insistez tant.
FRITZCHEN.
Quand j’ai du chagrin, il y a une chose qui me console, toujours C est que j ai de 1 appétit. (Lischen s’approcha, quand «lie est près de la table, on entend un brait de cor. FriUcben bondit sur son siège.)
LISCHEN.
Qu’est-ce qui vous prend donc?
FRITZCHEN.
C’est que mon maître chasse dans les environs et je croyais avoir entendu le son du cor.
LISCHEN.
Aht vous voyez bien que j’avais raison de rester dans mon coin et de me contenter... de mon pain et de mon fromage.
FRITZCHEN.
C’était une fausse alerte, je m’étais trompé. Venez, venez, mais venez donc*
LISCHEN.
Non, non... et tenez votre peur me rappelle une petite fable que je chantais et qui m’a fait gagner bien des sous quand les balais étaient en baisse.
, FRITCZHEN,
Une fable?
Le rat de ville et le rat des champs.
FRITZCHEN.
Ça doit être gentil 1 Eh bien, je vous donne deux sous pour la chanter... De qui est-elle?