D NE
OBsERvATION V
D... Joseph, 2F ans, blessé le 1% septembre 1915, au bois de
Romières (Meurthe-et-Moselle), par balle, en posant des fils barbelés.
Premier pansement au poste de secours :; balle entrée par
la fesse gauche et pointant au pli imguinal droit. Extraction.
Evacué sur l’ambulance américaine n° 1, à Vaucouleurs. Le
g é blessé n'a pas uriné. Cystostomie sus-pubienne au cours de laquelle on extrait de la vessie des caillots de sang, ainsi qu'un fragment de capote. Suites opératoires satisfaisantes. Le sondage par la verge est impossible.
Evaucué le 27 septembre sur Neufchâteau, puis Lyon, service de M. le docteur Durand, où, après un séjour Jusqu'au 27 décembre, 1l est envoyé au centre urologique.
Jusqu'à ce moment-là, le blessé a été traité par de nombreux changements des drains sus-pubiens et pansements des plaies vésicales. Plusieurs essais de cathétérisme, même sous anesthésie générale, ont été infructueux. Le malade n’urine que par le drain sus-pubien : urines sales, non hématuriques ; quand ce drain se bouche, l'urine sort par le rectum.
Au centre urologique, à l'examen, le cathétérisme échoue ; au toucher rectal, la prostate est très difficile à délimiter ; de plus, il existe, lé long de la branche ischio-pubienne gauche, une longue fistule par laquelle s'écoule de Furine.
Il'existe un véritable cloaque urétro-vésico-rectal.
Opération faite le 10 janvier 1916, par M. le professeur Rochet et M. le docteur Durand, médecin-major de 1 classe.
Incision périnéale en U renversé un peu long, la convexité de JU passant au-dessous des bourses fortement relevées en haut, à peu près au niveau de l’arcade pubienne : et les branches de FU suivant les branches ischio-pubiennes jhsqu'au
niveau de l’ischion et même un peu au-dessous. Abaissement
du lambeau ainsi créé et découverte rapide de tout le pérmée. L'urètre profond est tout à fait séparé de Furètre antérieur et
No
CAO Ets
Le
“est aplati contre la branche ischio-pubienne gauche par le Hissu de cicatrice. C’est par une fistule siégeant à ce niveau qu'on se guide pour trouver le bout postérieur. L'urètre antérieur est complètement séparé et cicatrisé à distance. On sépare le bout postérieur des tissus cicatriciels le plus qu'on peut, mais on n'obtient aucune mobilisation.
C'est aloïs que Fon emploie le procédé de la désinsertion de laponévrose moyenne du périnée sur toute Ja hauteur des branches ischio-pubiennes.et sur l'arcade pubienne, de facon à atlirer à l'extérieur l'urètre profond, le col de la vessie. el extérioriser en quelque sorte le plancher pelvien.
Par ce moyen, on arrive à avoir vue sur tout le périnée profond, sur le col de la vessie, sur la région prostatique, et on: conslale alors une déchirure du col de la vessie et de toute la parie supérieure de lurètre profond par le traumatisme.
On refait un urètre profond sur sa partie supérieure, Comme où le peut, avec les débris qui ont pu subsister autour, et on arrive à refaire un canal satisfaisant sur une sonde à demeure quon met dans la vessie par l’urètre profond, et qu'on fixe au périmée. c
Le bout antérieur est alors repéré avec une sonde. On avive son extrémilué postérieure et on vient la metlre en contact avec le bout postérieur sans l'y.suturer complètement, et sans fuire passer la sonde à demeure par le bout antérieur.
On profite du décollement de la face antérieure du rectum, qui à été fait sur une longue éténdue. pour mobiliser l'urètre profond, pour faire une suture à deux plans de la déchirure reclale qui correspond à la plaie des voies urinaires.
Suites opératoires bonnes. Les urines sont légèrement troubles. La sonde urétraie profonde tombe au bout dé huit jours. A ce moment, une sonde métallique n° 12, dont on redresse un peu li courbure, peut passer du bout antérieur dans le bout postérieur : le raccord parait S'élablir, mais le cathétérisme est douloureux.
Tous les quinze jours environ. dilutations au béniqué. Le drain sus-pubien est enlevé au bout de deux mois, #
Le 3 juin 1916, le malade est en excellente voie de réparalion : la miction est revenue presque intégralement jar 1 la verge, sauf quelques gouttes d'urine qui s'écoulent par le rectum. Au toucher rectal, on perçoit une très légère fistule à gauche, Le long de la branche ischio-pubienne, vestige de la erande fistule qui existait après la blessure et avait abouti à la formation d'un véritable eloaque urétro-vésico-rectal. L'expiorateur n° 12 pase en franchissant un :rétrécissement à 12 em. 1/2 du méat ; ce rélrécissement est très court et est l'acilement diatable.
Le 12 février 1917, on passe facilement les bougies 16 et 17. Légère fistule sus-pubienne persistante. La capacité vésicale est de 150. Les urines sont claires, sauf de temps en temps quelques matières. De même quelques gouttes, de temps à autre, passent par le rectum. Bon état général.
5 juillet 1917. — Le blessé revient à une séance de: dilata> tion. On passe les numéros 12 et 14 bougie sans difficulté, Un, petit point d'arrêt sous l'arcade pubienne râpe un peu et donne l'impression d'une pelile concrétion calculeuse. Urines un peu sales : filtrées, elles montrent un disque d'albumine. Envoyé, à la radiographie.
La radiographie montre la présence d'un calcul allongé, de
la forme d’une amande, siégeant au niveau de lurèlre projond. :
16 juillet 1917. — Intervention faite par M. le Professeur Rochet. Incision biischiatique curviligne. Recherche difficile de l'urètre membraneux à cause du tissu cicatriciel qui ne laisse aucun plan de clivage. Section longitudinale de Purètre sur une ébendue de 2 centimètres." Dilatation progressive de l'urètre profond à la bougie jusqu'au n° 23 (cette dernière bouge est laissée en place un moment). ;
Recherche du caleul avec la curelte. On perçoit une surface râpeuse sur Ja paroi imféro-Jatérale droite de l’urètre. Cette zone est sans conteste l'emplacement du caleul, mais ce dernier, très adhérent, ne peut pas être mobilisé. La curette èn
ramène quelques fragments, el @e n'es qu'après <e temps
En AU
qu'elle peut passer sous la paroi inférieure du calcul, et, l'énucléant, en ramener la totalité. Sr
\ise en place d’une sonde à demeure : deux points de suture sont posés aux angles de Ja plaie, une mèche tamponne légèrement.
Les morceaux du caleul, rassemblés, ont le volume et la forme d’une pulpe d'amande.
Suites opératoires normales, sans élévation de température. \ ee jour, la plaie se cicatrisé bien et la sonde fonetionne normalement,
OBservarIoN VI (Résumée).
(Dûe à l’ubligeance de M. le Professeur Escar, chef du Centre, d'urologie de la XV° région.)
S... Louis, 153: d'infanterie, 24 ans, ‘blessé le 15 mai 1915, à Neuville-Saint-Waast. |
Plaie par balle de la fesse droite, sortie à l’arcade crurale gauche, près de l’épine pubienne. La balle à traversé le bassin, perforé la vessie, la prostate, le rectum, je cordon spermatique gauche ; le pubis a été fracturé avec perte de
substance. ë
Resté quatre jours sur le champ de bataille sans pansement, Puemier pansement au poste de secours. Evacué sur Saint- Pol, dans le Pas-de-Calais, où il est soigné pour sphacèle vésical. Perforation du rectum. On lui passe un drain qui va de la fesse au pubis à travers les diverses communications viscérales. Il reste ainsi drainé pendant deux mois, On changceait le drain transpelvien avec un fil conducteur. c
Délivré de ce mode de drainage à Paris le 7 juillet. Il est ensuite évacué sur Dinand. Pendant son séjour, il est opéré d’une hernie élranglée (26 octobre LOTO)
Les accidents de cystite rebelle nécessitent une première cyslostomie faite par le docteur Jean Fiolle, qui enlève de volumineux calculs phosphatiques et constate une fistule de l'urètre prosplatique. La fistule vésicale opéraloire se ferme. I]