‹ Lithiase urétraleChapitre 9 sur 15 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Ces calculs se forment en arrière des rétrécissements, ou dans les diverticules dus à une plaie. Ils peuvent donc siéger dans toute la longueur de l’urètre et nos observations sont trop peu nombreuses pour nous permettre une classification. Nous remarquerons simplement que, dans les cas que nous avons constatés, nous n'avons pas vu de calculs de l’urètre pénien, un cas d'urètre périnéal, et que les autres cas nous font voir des calculs siégeant dans l’urètre membraneux ou dans l'urètre prostatique. Par la facilité avec laquelle ces deux portions de l'urètre donnent des rétrécissements rapidement étroits, tortueux, déviés, nous pouvons supposer que la fréquence relative des calculs sera plus grande dans les blessures de ces deux régions,

Ces calculs, sauf un cas, n'étaient pas uniques. Nous -avons rencontré la formation suivante : un gros calcul ou un éclat d'obus fait borne d'arrêt ei, en arrière, se

: développent de nombreuses granulations ou même des poussières calcaires. Dans un cas, l'éclat d’obus était enchatonné dans la muqueuse urétrale et; autour de chaque aspérité, se développait un nodule phosphatique.

Leur grosseur allait d'une grosse noisette à un petit pois, et nous signalons la présence de véritables-poussières calcaires à peine mesurables. k Notre. poids maximum fut de 7 grammes. Leur forme

est variable, même chez le même individu ; nous avons

trouvé à la fois des calculs arrondis avec des dépôts allon-

gés, munis d'aspérités, et ceci aussi bien dans l’urètre

sa à périnéal qu'au niveau de l'aponévrose moyenne ou de la prostate. Les plus rapprochés de la vessie sont géné- ‘alement plus petits. ,

De formation rapide, ces calculs sont généralement très friables et faciles à effriter, surtout dans leur région postérieure, mais un d’entre eux était, au contraire, de lormation compacte (obs. III) et d'une densité relativement grande. Nous n'avons pas recherché à faire l'analyse chimique de ces dépôts, mais l'aspect nous permet de croire qu'ils sont surtout phosphatiques et uratiques. :

Comment se comporte l'urèlre en présence de pareils hôtes ? L'urètre périnéal et l'urètre membraneux sé laissent seulement distendre au fur et à mesure que le calcul s’accroit par de nouvelles formations. Retenue par les plans résistants sur lesquels elle s'appuie, la face postérieure de l'urètre est à peine refoulée, tandis que la face antérieure constitue presque à elle seule la Déc dans laquelle nous trouverons le calcul.

Au niveau de l'urètre prestatique, il semble que le calcul se creuse une loge. Favorisé dans son développement par l'établissement primaire d'une rupture de l'urètre prostatique (obs. IT et IT) ou la ‘destruction traumatique de Ja prostate (obs. IV) le calcul ne tarde pas à refouler les bourgeons charnus qui tendent à réparer la perte de substance. Il creuse une petite poche aux dépens de l’urètre prostatique, sous le sphinder vésical. Les parois de cette loge sont constiluées par des tissus non cicatrisés où la stagnation secondaire de l'urine a développé autour du calcul la formation d’un foyer septique et la rétention de matières glaireuses. Secondairement, la présence de pareils corps

RER VA étrangers donne de l'urétrite localisée autour du calcul, urétrite due sans doute à des bactéries peu virulentes, car nous n'avons pas. constaté de lésions, telles que phlegmons, etc.

Dans un cas particulier l'anatomie pathologique est un peu différente. Sous l'effet de sondages, ou peut-être spontanément (obs. I), le calcul est désenclavé, refoulé dans la vessie et prendra alors les allures d'un calcul vésical. Ce calcul secondaire de la vessie évoluera pour sa part en donnant vis-à-vis de la muqueuse vésicale toutes les réactions apportées par les calculs vésicaux. La loge urétrale aura tendance à se combler, mais nous sommes en droit de supposer que dans ce réceptable déshabité pourront se former de nouveaux calculs.

Secondairement, il serait possible qu'un calcul vésical vint se loger dans la lacune urétrale laissée en arrière d'un rétrécissement post-traumalique. Autour de ce calcul vésical' se forméraient des calculs autochtones lesquels seraient la conséquence de la stagnation urinaire.

Dans une de nos observations, le calcul occupait l'emplacement t de la prostate. Cette glande énuclée, soit par le traumatisme, ce qui parait vraisemblable, soit peut-être à la suite W’abcès consécutifs à la blessure, avait laissé une poche dans l’urètre prostatique. Il serait possible qu'un fragment de la glande fût resté adhérent aux parois de la loge et que ce fragment eût secrété un calcul primitif. lequel s'est librement développé dans l’espace laissé libre par la disparition plus où moins complète de la prostale. Nous sommes réduil en ce point-là à une pure hypothèse, ne pouvant pas nous baser sur une seule observation pour avoir un renseignement précis. |

SŸYMPTOMATOLÔGIE DIAGNOSTIC

Les Symplômes jonctionnels d'une telle complication des plaies de guerre sont suffisamment Vaglies pour que la présence de pareils Corps élrangers puisse passer ina perçue bien souvent. Quelquefois des signes légers d'urétrite, un écoulement ou plutôt ‘un suintement (obs. I) feront penser à une infection légère. Mais dans un cas (obs. IV) le calcul urétral donne des crises de rétention d'urine, une fois même un arrêt du Jet mictionnel, comme si les concrétions calcaires oblitéraient brusquement le canal par un mouvement de bascule. Dans le cas que nous relatons, après les crises de rétention complète, crises qui une fois ont persisté pendant cinq Jours, une sorte d'incontinence s'est établie autour dû calcul et à ce moment-là (arrivée au centre d'urologie) le malade perd constamment des urines sanguinolentes et glaireuses. Signalons enfin le cas suivant (obs. "ID, le malade fait pendant quelques heures, pendant une journée une rétention d'urines, une élévation de tempéralure souligne cette phase de rétention, puis soit sous l'influence des efforts réitérés du patient, ou sous la pression opérée par l'accumulation de l'urine en amont des conerétions, le malade débouche brusquement l'obstacle et élimine un ou plusieurs calculs. Dans l'observation que nous cifons, cette élimination s'est produite à deux

reprises, et s'il n'y avait pas eu cette issue de concrétions,

Le pu nous aurions pu penser à une simple poussée septique de fièvre urineuse.

Les signes physiques sont dans les cas cités encore plus fugaces. Une fois, la cicatrice périnéale est légèrement douloureuse à la pression, et il semble percevoir une induration de la région située après le rétrécisse-

ment. | Mais l'exisience de pareilles concrétions a été décelée chaque fois par le cathétérisme urétral. Rarement perçu par les instruments métalliques et même l'explorateur Thompson, lesquels n'occupent pas toute la lumière du canal, le calcul urétral est généralement diagnostiqué par l'exploralion avec la bougie de gomme à bout olivaire.

C'est un frottement rugueux, donnant l'inipression du passage sur une râpe que donne nettement l'explorateur ea gomme à bout olivaire au contact du calcul. En retirant Pinstrument lentemeni on perçoit en amont du rétrécissement, où dans une poche prostatique, un frottement de cuir neuf, suivant l'expression heureuse de Guven el Signalons à ce moment-là une douleur aiguë accusée par le blessé qui peui êire attribuée à de légers déplacements du calcul. |

Au niveau de lurètre prostatique, le toucher rectal pourrait peut-être donner l'indication de nodosités par- . icuhères siégeant au niveau de la prostate, mais dans l'observation IV, où un gros calcul occupait tout l'emplacement de la prostate, laquelle avait été enlevée par le traumatisme; le toucher rectal donnait au contraire l'npression que la prostale avait disparu sans permettre

de palper le calcul.

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RES à A

Nous‘avons noté que certains rétrécissements durs, serrés, qui se produisent fréquemment dans l’urètre profond donnent quelquejois T'impression d'altérations calculeuses de la muqueuse urétrale. De tels rétrécissements sont généralement des tissus de sclérose qui se dillérencieront du calcul par leur emplacement rigoureusement fixe, par l'impression qu'on ne peut pas imprimer de légers mouvements, de petits déplacements à l'obstacle signalé, par un frottement moins rugueux perçu à l'explorateur olivaire. Quelquefois même, la sonde mélallique pourra augmenter l'impression de lithiase urétrale, | el permettre d'entendre un bruit spécial de choc contre un calcul dans l’urètre.

La recherche de ces calculs autochtones peut n'être pas, aisée et ce n'est qu'incidemment, comme le montrent

: deux de nos observations, que, lors d'un sondage, l’ins-

trument se perd dans la loge servant d'habitat au calcul et permet de percevoir le corps étranger.

La radiographie viendra souvent à notre secours dans les cas douteux pour préciser la présence de calculs. Elle pourra montrer des ombres suspectes sur le trajet apparent de l'urètre, parfois même ces ombres suivront l'ombre métallique nette, produite par la présence d'un projectile. Dans l'observation TIT, la radiographie montra, au niveau du périnée, un éclat d'obus suivi de quelques taches, un peu floues, qui devaient correspondre aux concrétions calcaires trouvées lors de l'opération.

Dans trois autres radiographies, nous voyons des impressions très nettes de calculs de l'urètre permettant de connaître leur grosseur, leuf situation, et nous aidant puissamment dans les déductions opératoires.

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