‹ Littérateurs et artistes: Émile BlémontChapitre 8 sur 13 · LES GUEUX D'AFRIQUE. — LE PENSEUR ^M · texte numérisé non relu

LES GUEUX D'AFRIQUE. — LE PENSEUR ^M

Cependant le patriote du monde encourage les Bur- ^ers :

Vous la connaissez bien, Timplacable ennemie Qui n'hésita jamais à faire une infamie,

A verser un poison, A glisser un poignard dans la main d'un sicaire, Soit dans l'ombre à Moscou, soit en plein jour au Caire,

Pour dorer son blason...

Mais ce qu'assurément vous savez mieux encore.

Ce qui dans vos grands coeurs luit, clair comme l'aurore

Sur les sommets neigeux, C'est que rien ne prévaut, quoi qu'on ait de science, Ni trésors, ni canons, contre la conscience

D'un peuple courageux...

Vous n'avez pas besoin de roi, ni de prophètes ; Rien ne vous a domptés, menaces ni défaites,

Rien ne vous domptera.

Allez, et vous vaincrez, aidés par vos compagnes. Gomme Israël jadij descendant des montagnes

Où chantait Débora !..

Triomphez I redressez la conscience humaine.

Qu'ont faussée à l'envi le mensonge et la haine

Par le feu, par le fer I Rappelez à la France, en votre espoir vivace, Ce qu'elle fut aux jours de magnanime audace.

Ce qu'elle était hier I

Livrez pour tous le grand combat expiatoire t Même quand vous seriez truiiis par la victoire,

Vous n'auriez pas en vain Montré qu'on peut, malgré la fortune contraire, Affronter le plus fort, punir le téméraire,

Et rébranler enfin

Si, frappée en vos rangs, la Liberté succombe, On aura beau creuser profondément ta tombe,

Nous la verrons drmain, Soulevant au soleil la pierre sépulcrale, Ressusciter, planer, sublime et triomphale, Une palme à la main.

On célèbre, on vante les sinistres marchands et boursiers qui triomphent. Patience... Déjà, dans la ▼crte Erin, s'entend un chant de délivrance. Et partout, alerte contre la pieuvre, perfide, sournoise, voracel Vous, Shakespeare, Milton, Byron, Shellej, Tenez, et voilez d'un long deuil la poésie anglaise. — Ah ! cet ennemi, s'écrie le justicier, c'est toujours le peuple du mensonge, du brigandage, la vieille tribu de Gain, opposant son seul droit à celui de Thumanité... Ecoutez sur l'Angleterre cette vérité terrible, soudain révélée à nos esprits qui tâtonnaient encore : Venue, hélas 1 trop tard pour traîner au Calvaire

Et pour crucifier ce Dieu Auquel tu rends un culte et dont tu voudrais faire

La parade cachant ton jeu, Tu t*en es consolée, enfin, par les deux crimes

Qui, depuis la mort de Jésus, Sont les plus grands forfaits qu'en ses plus noirs abtmes La démence humaine ait conçus.

C'est le lâche assassinat de la plus divine femme de la terre, cette pure et héroïque Jeanne Darc; et c'est l'étranglement fourbe d'une aurore de justice et de liberté : la Révolution française.

sombre nation transformée en furie

Au gré d'un renégat subtil, Jusqu'où veux-tu mener cette longue tuerie.

Quels nouveaux charniers te faut-il ?

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