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méritent une mention particulière; mais il ne faut pas perdre de vue que la plupart soutiennent la comparaison avec les romanciers actuels, et ils sont plus importants, dans un sens, que les romanciers anglais de deuxième ordre, et cela parce que la littérature à laquelle ils contribuèrent avait bien autrement besoin des services réels qu'ils étaient à même de lui rendre. Outre ces romanciers orthodoxes, pourrions-nous dire, il v en eut qui furent inspirés par le transcendantalisme et par le sentimentalisme germanique; il y en eut aussi qui furent d'abord humoristes, et d'autres qui firent d'infructueuses tentatives pour dépeindre la vie réelle contemporaine, tant celle des régions les plus anciennes du pavs que des rudes sociétés des frontières. Enfin, des récits d'aventures comme les romanesques récits de l'Afrique du nord, Kaloolah et The Berber du Dr. William S. Mayo, et des romans historiques comme Zenobia et Aurelian, du Rév. William Ware, ont encore probablement des lecteurs.
C'est tout ce que l'on peut dire même du meilleur des nombreux ouvrages de John Pendlcton Kennedy (1795- 1870), tout éminenl qu'il ait été jadis dans la littérature et dans la politique. Né à Baltimore, Kennedy s'était battu pendant la guerre de 1812; il avait remporté des succès au barreau, et avait été nommé ii un emploi dans le ministère avant d'avoir écrit sa première œuvre d'importance. Cette œuvre fut Swalloiv Bain (1832), vivante peinture de l'existence campagnarde en Virginie. Trois ans plus tard il connut le succès avec Horse-Shoe Bobinson, a Taie of tlie Torij Ascendena/. Ce roman de la Révolution dans le Sud se lit plus agréablement que la plupart des livres du temps.
11 n'est pas besoin de donner même le nom des autres ouvrages de Kennedy qui écrivit presque jusqu'à sa
mort, en 1870. Une exception peut être faite cependant en faveui' de ses Memoirs of tlte Life of William Wirt (1849) — biographie exacte qui est également intéressante. Mais si les neuf tomes des œuvres de Kennedy restent en grande partie inconnus, il est bon de rappeler que ce fut un esprit d'une vigueur et d'une culture peu communes, un courageux représentant de la littérature à une époque assez peu propice h son développement, qu'il fut l'ami de Poe et qu'il montra le bon exemple à ses concitoyens en combinant la politique et les lettres. Le fait d'avoir écrit des romans ne l'empêcha pas de siéger au Congrès, pas plus que le mérite d'avoir été un cerveau cultivé ne rendit son court passage au Secrétariat de la Marine moins profitable à son pays.
Le Dr. Robert Montgomery Bird (1803-54), auteur jadis populaire de tragédies et de romans, est moins connu encore que Kennedy. Une de ses trois tragédies, The Gladiator, dans laquelle Edwiu Forrest aimait à paraître, fournit encore aux écoliers des morceaux de déclamation. De ses romans, le premier, Calavar, et le suivant, The Jnfidel, sont peu lus aujourd'hui; néanmoins ils sont intéressants en ce sens qu'ils montrent comment, pour le roman et l'histoire, les écrivains américains de cette période, sentant qu'ils devaient choisir leurs sujets dans le Nouveau-Monde, se tournaient instinctivement vers la conquête espagnole du Mexique, plus pleine de charme, à leur avis, ([ue les annales de leur propre pavs. Pourtant, ce fut une histoire nettement américaine qui valut à Bird le plus de lecteurs. Nous voulons parler de Nich of the Woods (1837), où le terrible désir de vengeance allumé chez les populations forestières par les atrocités des Indiens est dépeint non sans puissance. En d'autres termes, Bird, en donnant aux Peaux Rouges