‹ Littérature américaineChapitre 39 sur 58 · I.i:s II OMAN Cl H II s · texte numérisé non relu

I.i:s II OMAN Cl H II s

le sluislre oaraclore dont les rcvclaloiit la plin)ail des Américains, lournll la contir-partie des idéalisations de Cooper. iV/V7i of tlie Woods demeura le livre favoi'i des enfants jusqu'à ce que la lorme romanesque, plus grossière et moins coûteuse, du type connu sous le nom « dime-novel » l'eût détrôné.

Le plus fécond et, somme toute, le plus remarquable des successeurs de Cooper n'eut pas un sort beaucoup meilleur; William Gilmore Simms (1806-70), h l'exception de Poe, fut le plus important homme de lettres du Sud avant la guerre civile. Comme méridional, se ressentant de l'absence d'un entourage propice aux lettres et parvenant cependant à force d'énergie à se tailler un succès remarquable, Simms est une personnalité plus intéressante que ses volumineux écrits. Il naquit à Charleston, Caroline du Sud, sans aucun des avantages d'un rejeton de l'aristocratie. Au mépris de tous les conseils qu'on lui donna de s'en tenir à un métier plus pratique, il publia plusieurs volumes de poésies de jeunesse. On ne peut découvrir de génie ou même d'inspiration ni dans ces volumes ni dans les nombreuses tentatives de versification qui les suivirent, bien que les anthologistes y aient puisé certaines courtes pièces qui ne sont pas sans mérite. Mais comme journaliste et romancier, Simms révéla bientôt des talents qui devaient conserver sa mémoire. Son premier ouvrage important, Martin Faher (1833), porte l'empreinte de Godwin et de Brockden Brown, mais il montre aussi que son auteur savait construire un récit susceptible de captiver ses lecteurs. L'année d'après, dans Guy Hivers, Simms décrit les mœurs grossières et turbulentes de la vie des chercheurs d'or de Géorgie, inaugurant ainsi une série de « Romans des Frontières », avant-courcuis des romans

locaux (|ui parurent un demi-siècle plus tard. Immédiatement après le succès de The Yemassee, roman qui se passe dans la Caroline du Sud et parmi les Indiens, il trouva sa vraie voie avec une série de récits ayant pour sujet les guerres de partis dans le Sud, pendant la Révolution. Depuis The Partisan (1835), jusqu'à Eutaw (1856), il poursuivit ses descriptions de Frémissantes aventures dans les camps et sur le champ de bataille, dans la lorêt et h travers le marais.

Avant qu'éclatât la guerre civile, Simms était parvenu à un résultat réellement remarquable. Il fut le seul méridional qui, vivant dans son pavs natal, ait pu se laire lire non seulement dans le Nord et l'Ouest, mais aussi, en Grande-Bretagne et en Europe. En qualité de rédacteur de la Southern Quarterlij Review ressuscitée, il avait encouragé la littérature et influencé, non toujours d'heureuse façon, le sentiment politique. Puis vint la débâcle. The Cassique of Kiawah, l'un de ses meilleurs romans, attira si peu l'attention lors de son apparition, a la veille du conflit, que les éditeurs de littérature h lîon marche n'ont jamais songé à le comprendre dans leurs réimpressions de ses œuvres. Sa vaste bibliothèque fut incendiée par les belligérants et il eut d'autres pertes encore ii déplorer Et lorsque, anéanti, il voulut, une fois la pai.v rétablie, utiliser de nouveau ses ressources littéraires, il trouva non seulement qu'on le détestait dans le Nord à cause de ses convictions politiques, mais que le genre de littérature qu'il pouvait offrir était complètement passé de mode. Sa vie elle-même fut un roman vécu, pathétique et tragique, et son nom est injustement oublié.

La fortune qui semblait, 11 n'y a pas longtemps, avoir

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déscrlé IIi-hman Melvii.lk (1819-91) aussi complètement que Slinms, lui ;i enfin souri de nouveau depuis qu'une génération avide de récils remplis d'aventures pas trop improbables et de lumière tropicale a accepté avec une certaine complaisance la réédition de livres qui lurent chaudement recommandés par Robert Louis Stevenson. I/auteur de Tijpee naf[uit à New York et y mourut après une longue maladie. 11 lut surtout stimulé par son amour de l'aventure qui le poussa ii déserter l'agriculture, dès son plus jeune âge, pour s'embarquer comme mousse. Après quoi il essaya de l'enseignement, mais s'embarqua de nouveau en 1841, cette l'ois sur un baleinier en partance pour les mers du Sud. La cruauté de son capitaine le décida — ainsi qu'un de ses compagnons, le Tobv de Typee — à abandonner le navire pendant un mouillage dans les îles Marquises. C'est alors que se placent les aventures racontées d'une façon si intéressante dans Tjipee, qui fut publié en 1846, peu après le retour de Melville à la civilisation. Son livre réussit très bien en Angleterre et en Amérique, bien que certaines personnes ne voulussent point accorder créance à ce récit, non plus qu'à Oomoo, qui le suivit immédiatement. Le mariage et le succès littéraire transformèrent alors l'aventurier en un homme de lettres assez fécond. Mais dès 1848, le chaotique roman intitulé Mardi donna des indices d'aberration et de la ruine éventuelle d'une intelligence pleine de promesses. Cependant sa carrière littéraire était loin d'être finie; car, après deux autres bons livres d'aventures, il publia, en 1851, son chefd'o^uvre, Mobij Dick^ or the White Whale. Le souffle de la mer l'inspire; on y trouve toute la passion, tout le charme du plus aventureux de tous les métiers aventureux. Dans celte œuvre inégale, Melville s'est proba-

blement surpassé lui-même. Il publia plusieurs autres livres, tout en remplissant, comme son ami Hawthorne, ses fonctions à la Douane; mais aucun d'eux n'est comparable à ses premiers ouvrages. L'un des derniers, Israël PoUei\ mérita les éloges d'Hawthorne à cause de ses portraits vigoureux de Franklin et de Paul Jones, mais rien ne justifierait la réédition de ces productions qui datent du déclin de l'auteur.

Il nous reste à mentionner le Rév. Sylvester Judd (1813-53), natif du Massachusetts, mais qui fut quelques années pasteur unitaire dans le Maine. Certaines de ses œuvres, comme le poème religieux Philo, ne méritent même pas la critique, mais son roman transcendantaliste, 3/<2/'^o/r^ (1845), justifie vraiment une partie de son soustitre, « a taie of the real and the idéal ». La partie « réalité » du livre se trouve dans ses descriptions du paysage et de l'humble existence de la Nouvelle-Angleterre, à l'exactitude et au charme de laquelle bien des autorités compétentes, parmi lesquelles Lowell, ont apporté un tribut bienveillant, et même enthousiaste. La partie « idéal » est mieux comprise par ceux qui ont la patience de la lire. C'est certainement un modèle digne du transcendantalisme à son meilleur moment, mais les indications qu'il donne sur la voie à suivre pour aller au ciel sont un peu chaotiques. Cependant, comme ses confrères en transcendantalisme, Judd, dans ce roman et dans un autre, Richard Edney (1850), impose le respect par ses hautes aspirations; ni lui ni les autres écrivains de second ordre que nous venons d'examiner ne doivent être complètement éclipsés par les deux brillants génies auxquels notre chapitre est principalement

consacré

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