‹ Littérature américaineChapitre 47 sur 58 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

II n'y aurait aucun profit à entamer ici une discussion sur la distinction à faire entre l'esprit et l'humour ou sur l'origine psychologique et le caractère fondamental de l'un et de l'autre. Il n'y en aurait guère davantage h débattre cette question banale : existe-t-il réellement un humour américain? Le public, tant en Amérique qu'au dehors, sans s'inquiéter des dissertations des critiques, a accepté le terme « humour américain » comme désignant quelque chose de proprement national. Personne n'a jamais pris « Artemus Ward » pour un Anglais ou un Français, et rares sont ceux ([iii ne l'ont pas pris pour un humoriste, quoi qu'ils aient pu penser de la valeur de ses plaisanteries. D'un autre côté, un grand nombre d'écrivains, parmi les([uels Irving et Holmes, quoique pouvant visiblement prétendre au titre d'humoristes, ont très visiblement aussi été influencés par l'humour britannique, entre autres, et par cela même ne sont pas humoristes au titre proprement national. Savoir exactement où et comment tracer la limite entre ces deux catégories d'humoristes, serait par trop diflicile. Mais il est juste

LITTKHVTURE AMErtlCAlNK.

de reconnaître qu'avant 1830 l'humour vraiment américain exista peu, et qu'après cette date il existe, au contraire, un humour que les Américains ont quelque droit à revendiquer comme leur bien propre.

Pendant l'intervalle qui s'écoule entre l'élection de Jackson et la mort de Lincoln, l'Amérique, tant par suite de son propre développement que par l'effet des sévères critiques de l'étranger, se dépouilla de son esprit colonial et provincial, — autrement dit, perfectionna ses idées générales. Mais, en même temps qu'elle dépassait les limites de ses anciens Etats, dans l'Ouest et le Sud-Ouest, elle y apportait une civilisation rudiraentaire qui garda maints traits provinciaux contre lesquels la satire des humoristes eut beau jeu. Dans les Etats plus âgés, le développement n'était pas non plus uniforme, en sorte que les écrivains avancés trouvèrent autour d'eux de quoi exercer leur humour. Ce rôle plus ou moins redresseur que s'arroge l'humour s'affirma d'autant mieux que, dans toutes les démocraties, il existe une tendance générale à l'égalisation. Il n'est piobablement pas exagéré de dire que les humoristes américains ont exercé une puissante influence pour favoriser l'homogénéité croissante des masses de la population. Ce rôle leur fut spécialement imposé après l'élection de Jackson par suite du grand afflux d'immigration étrangère. En outre, aucune période, au moins en politique, ne put jamais offrir aux humoristes une telle somme de ces discordances sur lesquelles leur faculté s'exerce de préférence. Les discordances entre les prétentions de la nouvelle démocratie à régir le sort du pays et ses aptitudes à le faire sagement, entre les théories de la Déclaration d'Indépendance et les actes d'esclavage, étaient de nature h faire naître la satire politique, et celle-ci, h

son tour, dut ôtre plus ou moins luimoristi([ue en considéralioii de la disposition bienveillante naturelle à tout peuple neut habitant une contrée spacieuse et relativement exempt de distinctions de classes. L'liunu)ur de la politique et riiumour des bizarreries provinciales furent en somme des productions naturelles de l'ère jacksonienne, et si les lettres du « Major Jack Downing » et les Ceofgia Scènes sont maintenant h peu près oubliées, nous devons nous rappeler qu'il n'en est pas de même des Bigloiv Pape/s.

Ces créations humoristiques nous suggèrent cependant une autre raison pour laquelle, après 1830, l'humour américain inaugura une rapide évolution. Ces satires parurent tout d'abord dans les journaux; or la presse quotidienne prenait une importance sans cesse croissante, avec les premières voies ferrées et les premières lignes télégraphiques, et avec la grande répression de Tesclavage. Depuis la guerre civile, les journaux ont continué à grandir en format et en iniluence, et il n'est pas besoin de dire (jue leurs colonnes se sont montrées accueillantes h toutes les formes de l'humonr, du simple bon mot à la rubrique de tel ou tel pourvoyeur fameux de facéties. Il n'est pas surprenant que, avec l'extension du pays, le vieil humour un peu « forcé » qui dépeignait les excentricités du « pauvre blanc » de Géorgie, et de r « homme » de Pike-County, se soit attaque également au millionnaire vulgaire, au nègre affranchi, au voyageur de fomnierce, au vagabond, au faubourien et autres types. Cet humour « intensif » existe depuis longtemps et il n'est pas, au fond, spécialement américain. Même si sa forme extérieure est nationale, il peut à un certain moment devenir international ou cosmopolite, a. mesure que les nations s'extériorisent et s'unissent entre elles.

D'après le processus de l'évolution dont nous venons d'indiquer les grandes lignes, on peut grouper sous la dénomination d'<( humoristes socio-politiques » tous les humoristes plus ou moins professionnels qui exercèrent leur malice de 1830 à 1865 et un peu après cette date, et dont le plus insigne est un écrivain qui fut plus qu'un humoriste, Mark Twain. Bien qu'assez nombreuse, cette classe ne demande qu'un traitement sommaire. Parallèlement à ceux-là, des humoristes plus académiques, usant de la prose et du vers, donnèrent libre cours à leur verve plaisante. Mais avant de passer à l'étude détaillée de l'élite, nous indiquerons succinctement le rôle joué par l'humour dans la littérature américaine antérieure à 1830; ce qui nous permettra de signaler quels sont, aux yeux de ceux qui préconisent l'existence d'un humour essentiellement américain, ses caractères les plus distinctifs.

Nous avons vu que les écrits des Puritains furent en général tout l'opposé de l'humour. Néanmoins, le poème anonyme « New England's Annoyauces » offre des traces de cet humour farouche qui aida sans doute les premiers colons à se consoler mutuellement de la perte de leur bien-être matériel en échange de leur tranquillité spirituelle. Nathaniel Ward protesta de son intention d'être pris au sérieux dans son fantasque Simple Cobhler, et il existe dans les élucubrations descriptives d'écrivains comme John Josselyn, crédule voyageur anglais qui fit deux voyages en Nouvelle-Angleterre et en publia les relations (1672 et 1674), des indications qui permettent d'affirmer que cette façon d'à en conter » aux étrangers, de leur narrer des histoires invraisemblables, est de fort ancienne origine. Avec les progrès de la prédominance laïque au xviii^ siècle, les traces d'humour se font plus

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fréquentes. Nous avons tléjii parlé de l'humour de Mrs. Knight et du Col. William Byrd. En 1708 parut i» Londres un poème hudibrastique de médiocre valeur, Tlie Sot-Weed Facto)\ dont l'auteur, qui écrivit d'autres vers satiriques sur la population du Marvland, se présentait lui-même sous le nom de « Eben Cook, (ient ». Vers le milieu du siècle Bvle et Joseph Green amusèrent Boston de leurs jeux de mots et de leurs saillies. Avant la Révolution, Franklin montrait déjà d'admirables dispositions pour l'humour, qu'il employait aux dépens de ses trop graves compatriotes et surtout des étrangers dédaigneux sans la connaître, de l'Amérique et de ses ressources. Le sérieux avec lequel il mystifia les étrangers en leur racontant les extravagances les plus monstrueuses sur son pavs natal peut ne pas être absolument original, mais il allait devenir une caractéristique de l'Américain. Son contemporain Francis Hopkinson se contenta de suivre les modèles satiriques de l'Angleterre, de même d'ailleurs que ses confrères Odell, Freneau et Trumbull, mais certaines railleries d'Hopkinson rappellent les idées baroques qui, trois quarts de siècle plus tard, vinrent à l'esprit de « John Phœnix ». En dépit de Brackenridge, de Fessendeu et Roval Tvler, les premières années de la République ne furent pas propices ii la littérature humoristique, les auteurs se montrant ou pompeux et guindés, ou sentimentaux, ou bien enveloppés d'une mystérieuse obscurité. Mais il n'est pas douteux que les braves planteurs du Sud, les fermiers et les marchands sagaces du Nord, et surtout les vieux soldats, aient fait des plaisanteries et conté des « blafrues », sauvegardant ainsi la tradition du vieil humour anglais, — s'ils ne contribuaient spécialement au nouvel humour américain.

En 1809, VHislonj of Xe^ York d'irving, ou plutôt

de Mr. Knickerbocker, offrit au monde pour la première fois l'occasion de sourire ou de rire longuement des créations du génie fantasque d'un Américain. Mais quoique le livre d'Irving fût plein de l'exagération et du mélange de faux et de vrai que l'on considère souvent comme le caractère particulier de l'humour américain, Walter Scott n'eut pas tort de reconnaître les obligations des Américains envers les humoristes britanniques, puisque l'humour du Sketch Book et des œuvres postérieures d'Irving était celui de Goldsmith, à peu de choses près. Les autres auteurs du Knickerbocker, Paulding, Drake, Halleck, Sands, etc., bien que leur humour ne fût pas totalement importé, l'ont visiblement tiré, comme Irving, de leurs lectures; si bien qu'il n'est pas inexact de dire que, jusqu'à quarante ans après la mort de Franklin, aucun humoriste aussi verveux que lui ne fit son apparition dans la littérature américaine.

Mais la jeune République grandissait en sagesse comme en population, et le caractère de Franklin devenait celui de ses compatriotes. Une nouvelle forme d'humour, ou si l'on veut une combinaison très fondue de ses anciennes formes, leur avait été léguée par lui — humour caractérisé par la finesse, par une exagération en accord avec les vastes proportions du Nouveau-Monde, par un mélange d'imagination et de faits positifs, de faux et de vrai, par un bon sens démocratique, une absence de subtilité qui le rendent intelligible pour tous. Il serait probablement téméraire de prétendre que chacun de ces caractères distingue l'humour américain de celui des autres pays. Il y a, dans les Mille et une Nuits, l'anecdote de deux adversaires qui « échangent des mensonges » devant un cadi avec une effronterie d'exagération que nul Américain ne pourrait surpasser. Quand les humoristes dont

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MOUS allons nous occuper font commenter très spirituelionieut la politique par des paysans parlant un dialecte rustic|ue, ou choisissent leurs héros parmi les escrocs au jeu et les voleurs de chevaux, ou mettent dans la bouche de personnages l'antascfues des discours incohérents, baroques et inattendus, peut-on en toute sécurité affirmer qu'ils n'ont, ce faisant, rien emprunté de leur humour à Shakespeare, ii Fieldinçç, h Sterne, h Dickens et autres maîtres britanniques? Donc, en dernière analyse, non seulement les humoristes américains trouvent leurs sujets sur le sol même, mais la contagion populaire de leur humour et la nature môme des artifices dont ils lont amplement usage donnent à leur reuvre un caractère unique. Du moins est-il certain que, dans la plupart des cas, elle ne peut survivre à un transfert par delà l'Atlantique, et si ce fait ne milite pas en faveur de ses prétentions h l'universalité, il ne lui interdit nullement d'être considérée comme spécialement nationale.

Pour les examiner, il est préférable de ranger les humoristes par groupes, attendu que leurs sujets de prédilection furent la politique, les mœurs provinciales et les particularités d'ordre social. On peut y ajouter cjuelques versificateurs humoristiques et trois auteurs dont le talent particulièrement bizarre vaut qu'on les mette à part. Ces humoristes se distinguent des écrivains académiques du tvpe d'Irving et de Holmes en ce (ju'ils connurent par expérience les divers aspects de la vie populaire. Ils furent directeurs de journaux locaux, imprimeurs, capitaines de vapeurs iluviaux, magistrats de campagne, méthodistes en tournée, soldats, commissaires-priseurs, et il n'est pas rare qu'ils aient essayé plusieurs de ces vocations avant de parvenir h la popularité comme humoristes. La facilité avec laquelle l'Ame-

ricain change de résidence ou d'occupation fut longtemps ce qui distingua la société américaine, dans le sens le plus large, de celle de tout autre pays. Le lait, pour les humoristes américains, d'être une parcelle de cette population mobile, d'avoir écrit pour elle et de l'avoir décrite, laisse tout lieu de croire que le type d'humour qu'ils représentent est bien véritablement sui generis.

Le premier en date des humoristes politiques de notre période fut Seba Smith (1792-1868), natif du Maine et diplômé h Bowdoin. Il fut journaliste à Portland et y épousa une très jeune et précoce Miss Elizabeth Oakes Prince, qui l'aida dans ses travaux et, quand ils vinrent à New York, en 1842, s'acquit elle-même une grande réputation dans le cercle de Griswold. Elle fut aussi, dit-on, la première femme qui se risqua à faire des conférences en Amérique. Mais ni l'un ni l'autre n'auraient aujourd'hui la moindre importance si le mari, en janvier 1830, ne se fût avisé, pour amuser ses lecteurs et peutêtre pour satisfaire certaines rancunes, de faire écrire par un « Major Jack Downing, de Downingville » des lettres humoristiques en dialecte « Down-East », au sujet des conflits politiques qui mettaient alors la discorde dans l'État du Maine. Le succès ne se fit pas attendre; la presse, de tous côtés, reproduisit ces lettres qui parvinrent bientôt à un quotidien de New York, où le « Major » se transforma en un conseiller confidentiel du Président Jackson. La guerre du Mexique offrit de nouveau au « Major » l'occasion de commenter les événements, et, à la veille de la guerre civile, il octroya au monde un recueil de ses sages exhortations, sous le titre Tliirty Years oui of the Senate (1859), parodie du titre d'un important ouvrage du Sénateur Benton.

Seba Smith éprouva quelque difficulté, vers 1834, il

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établir s;i palernité, car un autre « Jack Downinjr » s'était mis à adresser des lettres au Ddihj Advertiser de New York et l'on confondit souvent les deux « Jack ». Cette seconde série était due à Charles Augustus IJavis (1795-I867),qui joignit la littérature au commerce du fer. Les Letters of J. Dowing, Major, Downingville Militia, Second Brigade {[83 A), sont encore dignes d'un souvenir.

Parmi les humoristes qui égayèrent leurs concitoyens pendant la guerre civile, les plus importants, à part Lowell, furent Robert Henry Newell (1836-1901) de New York; David Ross Locke (1833-1888), citoyen adoptif d'Ohio; et du côté sudiste, Charles Henry Smith (1826), de Géorgie. Lérudit shakespearien Richard Grant White, lui aussi, interrompit ses recherches pour publier un Nav Gospel of Peace, où il décrit la guerre en un stvle qui parodie l'Ancien Testament.

Newell, qui fut d'abord journaliste, écrivit sous le pseudonyme d' « Orpheus C. Kerr ». Ses quatre volumes ne manquent pas de gaieté ni de piquant, mais n'ont pas la bizarrerie ni le goût de terroir des lettres de Smith, qui signait du pseudonyme de « Bill Arp » ses comiques descriptions des événements. Toutefois, il n'est pas surprenant que tous deux soient relativement tombés dans l'oubli, quand tel est aussi le sort de David Ross Locke, que Lowell appelle « cet admirable et délicieux humoriste, le Rév. Petroleum Y. Nasby ». Locke fut ouvrier typographe, rédacteur et enfin directeur de journaux à Ohio. Les lettres du Rév. « Nasby » commencèrent avec la guerre dans le but de discréditer la démocratie « Copperhead » — c'est-à-dire les Nordistes qui sympathisaient avec le Sud.

Après la guerre, il réussit à obtenir d'Andrew Johnson une place dans les Postes; il accompagna ce Président,

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au cours de la fameuse tournée qu'il a relatée dans son Swingin Ho'tnd the Cirkle, qui reste encore l'un des livres les plus amusants qu'un Américain ait jamais écrits. La satire de Locke fut parfois trop âpre, mais la collection des divertissantes Struggles (1872) dénote tellement d'imagination soutenue qu'on serait tenté de regretter que le temps, en apaisant les animosités, ait diminué l'intérêt de cet amusant recueil.

Parmi les humoristes qui se sont attaqués aux singularités locales, il faut en premier lieu citer le juge Thomas Chandler Haliburton, dont le malicieux et sagace horloger « Sam Slick » ne pouvait voir le jour qu'en Nouvelle- Angleterre. Pendant toute cette période, les principaux humoristes de ce groupe provincial appartiennent aux districts de l'extrême Sud et du Sud-Ouest, car, avec le développement des plantations de coton, ces régions s'accroissaient rapidement et présentaient une grande variété de types excentriques. Le Centre-Ouest, d'un développement plus régulier, offrait un terrain moins fertile; l'humour d'au delà du Mississipi commença à se manifester avant la guerre civile, mais n'atteignit son apogée que plusieurs années après. Le grand cours d'eau fut un chemin naturel de l'humour. Les histoires grivoises ou facétieuses contées à profusion à bord des bateaux se répandaient de toutes parts dans le pays, et ce furent les humoristes du Sud qui produisirent de quoi faire rire toute l'Amérique pendant le dernier quart du XIX* siècle.

L'ainé d'entre eux et non le moins amusant fut le juge Augustus Baldwin Longstreet (1790-1870), de Géorgie, fils d'un inventeur qui lança avec succès un bateau h vapeur quelques jours seulement après Fulton. Augustus Longstreet, héritier du génie de son père, l'utilisa dans

une foule de voies. Après avoir pris ses diplômes à Yale, il étudia le droit et exerça la profession d'avocat. K\u :i la Législature, il fut nommé juge, et revint peu après à sa profession; puis il s'établit h Augusta, où il dirigea un journal, se fit ministre méthodiste, se distingua pendant une épidémie de lièvre jaune, prit la direction du collège Emory, à Oxford, Géorgie, occupa des situations similaires en Louisiane, dans le Mississipi, dans la Caroline du Sud et de nouveau dans le Mississipi; enfin il prêcha, écrivit et prononça des discours toutes les fois qu'il en eut l'occasion. 11 n'v a certes pas à s'étonner de ce qu'un tel homme ait pu rendre si animées et vivantes ses Georgia Scènes (1835). Son œuvre est plus réaliste que celle de la plupart de ses contemporains, et on peut la considérer comme la source de l'humour dont tous les Géorgiens futurs ont réoralé leurs concitovens.

Comme humoriste, Longstreet fut moins connu que son collègue William Tappan Thompson (1812-1882). Celui-ci, fils d'un Virginien et d'une Irlandaise, naquit dans l'Ohio et se fixa successivement en Pennsvlvanie, en Floride, dans le Maryland et la Géorgie. Sa longue carrière de journaliste, et le service qu'il fit aussi pendant la guerre des Séminoles et la guerre civile, lui fournirent d'abondantes occasions d'étudier la vie. Ses lettres h un journal de (ieorgie, réunies sous le titre de Major Jones's Coiirtship (1840), furent très populaires, et les aventures burlesques de son héros se continuèrent dans deux ou trois autres volumes. .lohnson J. Hooper (1815-1863), homme de loi et directeur de journaux en Alabama, décrivit les aventures du « Captain Simon Suggs », création plus artistique et presque aussi amusante que le v Major Jones ». Le créateur du Captain Sur;r;s devait avoir lu Jonathan Wild: mais le héros

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