Le vaisseau de M. d'Amfreville
KSSAIS DK J.ITTÉRATI'RK AN(JLAISK
« attendre I Que chaque capitaine pousse son vais- « seau au rivage, le fasse sauter et le brûle sur la <( baie ! Il faut que la France subisse son sort I
« Donnez Tordre ! »
« Mais il n*y eut d'ordre pareil donné ni reçu. Car voici que se lève, voici que s'avance, voici que prend la parole parmi tous ces hommes... un capitaine? un lieutenant? un compagnon de première, seconde, troisième classe? Non! ce n'est pas un homme de marque et fait pour tenir tête à des supérieurs, ce n'est qu'un simple matelot breton, pressé par Trouville pour la flotte; ce n'est qu'un pauvre pilote cAtier, Hervé Riel, du Croisic.
VF
« Ah çà! quelle est cette plaisanterie ou cette trahison? s'écrie Hervé Riel. Êtes-vous fous, les Malouins? Êtes-vous des lâches, des sots ou des drôles? Me parler de rocs et de barres, à moi qui ai pris les sondages, et qui puis compter sur les doigts tous les bancs, tous les bas-fonds, toutes les lames, depuis le large où nous sommes jusqu'à Grève* où la rivière débouche I Est-ce l'or anglais qui vous achète, ou est-ce pour le plaisir que vous mentez? Matin et soir, nuit et jour, j'ai piloté