‹ Litterature AnglaiseChapitre 99 sur 121 · Its horror and its beauty are divine · texte numérisé non relu

Its horror and its beauty are divine

Upon its lips and eyclids seems to lie

Loveliness like a shadow, from wfaich shino, / Fiery and lurid, stmggliog underneath, The agonies of anguish and of death.

Yet it is les8 the horror than the grâce Whicfa tams the gazeras spirît unie stone...

'Tis the melodiotts hues of beaaty thnywn

Athwart the darkness and the glare of pain.

Whicfa hnmanised and harmonise tbe sfrain.

Tis the tompeshion? loveliness of terror...

SHELLEY Jl»

l'homme et la source de ses inspirations. « Je l'ai en vdin entrepris, — écrit Shelley en 1818, à propos de Childe Haroldy — snr le ton d'esprit dont sort la vue des choses qu*il adopte. La racine réelle est toute différente de la racine apparente. Rien de moins sublime que la source véritable de ces expressions df» mépris et de désespoir. Le fait est que les Italiennes «|a'il fréquente sont peut-être les plus méprisables de toutes les créatures qui existent sous la lune, les plus ignorantes, les plus dégoûtantes, les plus bigotes... fl est au fond du cœur profondément mécontent de lui-même, et, contemplant dans le miroir <léformé de ses propres pensées la nature et la destinée de l'homme, que peut-il y voir que des objets <le mépris et de désespoir?... Je ne doute pas, et [)our lui-même je dois espérer, que sa carrière présente finira bientôt violemment. » Il le retrouve trois ans plus tard à Ra venue, réhabilité par l'amour de la comtesse Guicrioli, et remonté a en génie, en caractère, en morale, en santé et en bonheur ». Il le trouve dans le palais de la comtesse, « en compa- >rnie de dix chevaux, huit chiens énormes, cinq <hats, un aigle, une corneille, un faucon, qui tous, à part les chevaux, vont et viennent dans la maison «»t la font retentir du bruit de leurs querelles sans arbitre, comme s'ils étaient les maîtres ». Byron lui lit le cinquième chant de Don Juan, qui « le met audessus, bien au-dessus, de tous les poètes du jour; <*haque mot porte le cachet de l'immortalité. Je dé-

iiO ESSAIS DE LITTERATURE ANGLAISE

sespère de rivaliser avec Byron, et il n'y en a pas d'autre avec qui il vaille la peine de lutter » . Leursrapports cependant n'arrivent jamais à la cordialité de Schiller et de Goethe. « Lord Byron et moi sommes d'excellents amis, et si je n'avais point de droit à une position plus haute, ou si j'en occupais une au-dessus de ce que je mérite, nous paraîtrions tels en toutes choses..., mais il n'en est pas ainsi. Le démon de la défiance et de l'orgueil est aux aguets entre deux personnes dans notre situation, empoisonnant la liberté de notre commerce... Je crois que la faute n'est point de mon côté, et cela est vraisemblable, étant le plus faible des deux ».

En 1821, paraît V Epipsychidion, a poème adressé à la noble et infortunée Ëmilia V..., à présent emprisonnée dans le couvent de... ». La comtesse Ëmilia Yiviani était une belle Italienne que son pèn* avait enfermée dans un couvent près de Pise, en attendant de la marier à un mari imposé. Shelley, entendant parler d'elle par un ami, était allé la voir au couvent, avait été touché de sa souffrance, transporté de sa beauté et de la hauteur de son intelligence : « J'ai fait connaissance, écrit-il à Peacock, dans un couvent obscur, de la seule personne d'Italie qui m'ait jamais intéressé. » De là V Epipsychidion, le poème le plus mystique et le plus clair qui ait été écrit depuis la Vita Nuova. Mary Godwin s*effaça un instant devant Ëmilia, comme jadis Harriet devant Mary. Il est douteux qu'un poète

SUELLEY m

iiléâliste puisse être constant en amour : il a aimé Antigone dans une existence antérieure et ne peut plus trouver le contentement dans aucun lien mortel *. Malgré la supériorité de Mary Godwin, qui est un des plus puissants écrivains féminins de TAngleterre, et dont le Frankenstein a survécu, des nuages avaient passé entre eux. Elle adorait la société, qu'il avait en horreur : de là des froissements de chaque jour et des souffrances de sensitive. Un mot de lui à Trelawney jette un jour sombre sur l'état de son cœur : « Elle ne peut supporter la solitude ni moi la société; c'est la vie accouplée à la mort. )> Il Taimait toujours sans doute, mais non plus d'un amour de poète : le culte et l'adoration cherchaient une autre idole : ce fut un instant Jane Williams; après la visite du couvent de Pise, ce fut la pauvre captive Emilia, transfigurée eu la beauté divine emprisonnée dans la caverne de Platon : « Cœur sublime, sur les ailes de l'esprit, qui, éternellement bats d'un vain effort tes barreaux insensibles, jusqu'à ce que gisent dispersées ces plumes brillantes de la pensée sur lesquelles elle planait audessus de ces ombres basses du monde I . . . Séraphin du ciel I trop doux pour être humain; voilant sous cette forme radieuse de femme tout ce qu'il y a d'insupportable en toi de lumière, d'amour et d'immortalité ! Douce bénédiction dans la malédiction éter-

1. « Some of us hâve in a prior oiistoncc boon in love vith an Anti- K'tnc, and thnt makos us flnd no full contmt in «iny ni(ArtQl tic. »

■lit ESSAIS DE IJTTERATIRE ANGLAISE

iielle ! Gloire voilée de cet univers sans lampe ! Lune au delà des nuages ! Forme vivante parmi les morts ! Étoile par dessus Toragel... Je ne pensais jamais voir avant ma mort la vision de ma jeunesse si pleiiiement réalisée. OEmily! je t'aime... Epouse, sœur, ange ! Pilote d'un destin dont la course a été si longtemps sans étoile! Oh î trop tard aimée M » Dans bien des formes mortelles il avait, durant sa jeunesse, cherché Tombre de Tidole rêvée. Un jour il en trouve une sur sa route « qui était à la forme glorieuse de son rêve ce que la lune, toujours changée en elle-même, est au soleil éternel; la lune chaste et froide, la reine des îles brillantes du ciel, qui répand la beauté partout où elle jette son sonrire, cet écrin vagabond de flamme douce et glacée

High, spirit-winged Ui>art I who d()i»t for ever Beat thine unfeeling' bars with vain ondeavour, Till those bright plumes of thou^ht, in which arrayod It over-soared this low and worldly shade, Lie shattered...

Seraph of Heaven ! too gentle to bc liunian.

VeiUng beneath that radiant forni of Wnman AU thttt is insupportable in thee Of ligbt, and love, and immortality !

Sweet Bénédiction in the eternal Curso !

Veiled Glorj of thls lampless Universe !

Thou Hoon beyond the clouds! Thon ii\ing Forin Among the Dead ! thou Starabo%o the Storm !...

1 never thought before my death to see Youth's vision thus made perfcct. Emily, I love thee...

Spousc I Sister! Angel I Pilot of the Fatr Wbose- course bas been so starless ! too latc Beioved ! too .«oon adored. bv me I

SHELLEY i^T

qui illumine sans chaleur. » Puis, un jour, la tempête efface les lèvres pâles et éclipsées de son astre, et son âme devient un océan sans lumière ^ Enfin paraît la vision longtemps cherchée, douce comme unr incarnation du soleil, lumière changée en amour, Emily-. Mary recule dans la nuit, mais sans disparaître : « les deux brillants régents éclaireront ce monde d'amour, — son âme, — dans un empirtî alterné, du jour dans la nuit, Tune ne dédaignant pas une* puissance empruntée, l'autre n'éclipsant pas une lumière plus lointaine ^. » Et un vaisseau les emporte à travers des flots que nulle» carène n'a encore fendus, traînés sur un albatros, dont le nid est dans quelque Éden lointain de l'Orient empourpré, vers une île des cieux ioniens, belle comme une épave du paradis*...

1 . What storms then shook the océan of my sloop, Blotting that Moon, whose pale and waning li[is Then shrank as in the sickness of eclipso : — And how my soûl was as a lampless s(>:i.

And who was then its Tempes!.. .

2, Soft as an incarnation of the Sun.

When light is cbanged to love...

1 knew it was the Vision veiled front nie

So many yean -> that it was Eniilr.

•i. Tbin Sphères of light who ruic this passive Kurtli.

This wopld of love, this me...

So ye, bright régents, with alternato sway.

Govern my sphère of being, night and day !

Thoti, not disdaining evcn a borrowed miglil :

Thou, not eclipsinga romoter light...

'i' Say, my heart's sister, wilt thou sail with mn'i

Our bark is as an albatross, whose nest

Is a far Eden of the parple East ;

Shelley publia Y Epipsychidion sous le voile de Tanonyme . Il craignait la niaiserie ou la malignité du public. « Je désire, écrit-il à son imprimeur, OUier (16 février 1821), qu'il ne soit pas considéré comme de moi et, dans un certain sens, c'est l'œuvro d'une partie de moi qui est déjà morte. » Ses ami^^ mêmes comprenaient peu le mystère de poésie qui se cachait sous cette confession d'amour : « Epipsychidion est un mystère ; pour de la chair et du sang réels, vous savez que je ne vends pas de ces articles... J'ai demandé à Ollier de ne faire circuler le poème que parmi les initiés, et encore ceux-là mêmes semblent-ils prêts à y déchiffrer des histoires de servante et de son amoureux. » Il écrit plus tard (18 juin 1822) : « Je ne puis regarder VEpipsychidion: la personne qu'il célèbre était le nuage au lieu de Junon, et le pauvre Ixion frémit du Centaure qui est le fruit de ses embrassements. Si pourtant vous êtes curieux d'entendre ce que je suis et ai été, il vous en dira quelque chose. C'est l'histoire idéalisée de ma vie et de mes sentiments. Je crois que Ton est toujours amoureux d'une chose ou d'autre ; l'erreur, et j'avoue qu'il n'est pas facile de l'éviter à des esprits logés dans la chair et le sang, consiste h chercher dans une image mortelle la ressemblance de ce qui est peut-être éternel. » Quelques jours

And we betwcen her wings will sit...

It is an isie under lonian skies Rt^nutifiil as a wrcrk of Paradise...

SFIELLEY li»

après cette lettre, Shelley péris>?ait dans le Spezzla^ Peut-être, pour son bonheur, n'avait-il plus qu'à mourir.

Le livre de M. Garnett termine par la lettre si simple et si tragique où Mrs. Shelley raconte son malheur; elle clôt le drame ouvert par la lettre du premier mariage. Le cœur de Shelley alla reposer il Rome, sous une pierre gravée de ces mots : Cor rordium S dans le cimetière anglais, au pied de la tombe pyramidale de Gestius. « C'est, écrivait- il cinq ans auparavant (22 décembre 1818), le cimetière le plus beau et le plus solennel que j'aie jamais vu. A voir le soleil luire sur Therbe brillante, fraîche à notre première visite de la rosée d'automne ; à entendre le murmure ^u vent dans le feuillage des arbres qui ont recouvert la tombe de Gestius, à contempler ces tombes, la plupart de femmes et d'enfants, on aimerait, s'il faut mourir, le sommeil qu'ils semblent dormir. »

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