CHAPITRE IV
LA DYNASTIE DES OHéïïADBS
La révolte de Mo'âwiya, son succès et la disparition définitive du khalifat de Médine, en transportant au dehors des déserts de l'Arabie, sur un théâtre qui héritait d'une vieille civilisation gréco-syrienne, à Damas, la capitale du nouvel empire, enlevait la prédominance aux tribus nomades pour la donner aux citadins. Pour ce qui est de la littérature, on voit les poètes de cette seconde Ûoraison sacri&er encore, par une imitation maladroite, sur l'autel de la vieille ode des Bédouins, la qaçlda ; mais en même temps les poésies de circonstance, que tous les incidents imprévus de la vie politique du nouvel empire provoquaient, nous fournissent une ample moisson. 'Omar bbn Abi-Rébi'a appartenait à la tribu de Qoréïch, celle d'où était sorti Mahomet, mais qui n'avait encore produit aucun poète. Son père était un négociant que le Prophète avait envoyé gouverner une province du sud de la péninsule, fonctions qu'il conserva jusqu'à la mort d"Omar et peut-être même sous le khalife'Othman; puis il revint dans son pays natal. C'est là que grandit le jeune poète; il ne quitta pas cette
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ville jusqu'à sa mort, sauf quand il fut mené prisonnier a Damas, et ne prît pas part aux guerres que les musulmans poursuivaient sur les frontières de leur empire agrandi. Riche et oisif, il eut l'occasion de célébrer les louanges de nombreuses dames, parmi lesquelles deux princesses de la famille régnante ; ses aventures amoureuses le mirent en mauvaise vue auprès du khalife de Damas, 'Omar II, qui le fit enchaîner et conduire auprès de lui, en compagnie de son ami El-Ahvtraç ; celui-ci fut exilé à l'île de Dahlak dans la mer Rouge, et 'Omar bea Abi-Rébi'a dut jurer de renoncer à son art, serment qu'il lui fut probablement facile de tenir, car il était alors septuagénaire; il ne tarda pas d'ailleurs à mourir, vers l'an 719, peut-être dans un naufrage, quoique ce ne soit pas bien sûr. Ses poésies, mises en musique et popularisées par les chanteurs, parcoururent tout le monde arabe.
A côté de lui 'Abdallah bbn Qais eb-Rooqattat se fit remarquer par la part qu'il prit aux prétentions d" Abdallah ben Zobéïr au khalifat; il accompagna le frère de celui-ci, Moç'ab, en Irak, dont il venait d'être nommé gouverneur, était avec lui à la malheureuse bataille oii tomba Moç'ab (690), se tint caché pendant un an et retourna à Médine. Le khalife 'Abd-el-Mélik lui pardonna, mais ne lui rendit pas la pension dont il jouissait. Médine compte encore comme poètes, à cette époque, Qaïs ben Dharih, frère de lait de Hoséïn, le malheureux tils d"Ali, martyr de Kerbéla, qui aimait une Lobna, et qui la rendit par ses chants tellement célèbre qu'on lui attribua plus tard toutes les poésies où figurait le nom de Lobna; on fit de même pour le fameux Medjnoun, le fou des Beni-'Amir, qui s'appelait en réalité Qaïs ben Molawwah, devenu fou d'amour pour la belle Léïla, et
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dont les aventures servirent de thèmes sur lesquels les poètes persans brodèrent le canevas de leurs poésies mystiques. Djémil ben 'Abdallah aimait Botaîna, comme Kothayyir aimait 'Azza la Bédouine ; celui-ci appartenait à la secte chiîte des Kéîsanîa, ce qui ne l'empêcha pas d'être bien reçu à Damas par 'Abd-el-Mélik. La même ville contenait alors dans ses murs un chanteur d'origine persane, nommé Jonas (Yoânous) et désigné sous le surnom de secrétaire (Kàtib) , qui avait appris la musique de Soraïdj ben Mohriz et d'El-Gharid. Le khalife Wélid, fils de Yézid, le fit venir en Syrie lorsqu'il monta sur le trône en 742. Ce chanteur était aussi auteur, et il écrivit un Livre des chansons qui fut le premier modèle du fameux Kitdb el-aghdni d'Abou'I- Faradj el-Içfahâni.
Les Oméyyades trouvèrent dans El-Akhtal le chantre de leurs exploita. C'était un chrétien de la tribu de Taghlib, originaire du Ncdjd, mais établie alors en Mésopotamie ; son nom était Ghiyâtb. Akhtal veut dire qui a les oreilles flasques et pendantes ; était-il affligé d'un défaut de ce genre? Si oui, ses adversaires n'auraient pas manqué de s'en moquer; or ils ne l'ont pas fait. D'autres disent qu'il faut prendre ce mot dans le sens de « bavard », qu'il a également.
Encore tout jeune, il s'attaqua à la réputation de Ka'b ben Djoaïl, qui était de la même tribu que lui et le poète attitré de la nation : ils se firent une guerre d'épigrammes. 11 perdit de bonne heure sa mère Léïla, et eut à souffrir les persécutions d'une marâtre qui l'employait à des soins pénibles et l'envoyait garder les chèvres; il se vengea d'elle en lui enlevant par ruse une outre pleine de tait et des fruits secs. La religion que professait El-Akbtal était plutôt d'apparat purement extérieur;
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il portait uae croix sur la poitrine, et il conserva ce signe jusque dans le palais des Oméyyades à Damas, quand la faveur de ces princes l'y appela. Il se soumettait parfois à des pénitences assez dures, comme celle que lui infligea le prêtre de sa tribu, qui le prit par la barbe et le rossa. Le kbalife 'Abd-el-Mélik, bien que peu religieux, essaya de le convertir à l'islamisme : « J'accepte si l'on m'accorde l'usage du vin et la dispense du jeune du Ramadan », dit le poète : et il composa ces vers : « Jamais je n'irai crier comme un âne : Allons! a la prière! mais je continuerai à boire la bienfaisante liqueur et me prosternerai au lever de l'aurore, u Ce dernier vers est intéressant, parce qu'il montre que la vieille coutume des chrétiens primitifs, de s'assembler en se tournant vers le soleil levant, s'était encore conservée, au viii* siècle, chez les Arabes de la tribu de ïaghlib.
Ka'b ben Djoaïl ne lui tint pas rancune de ses épigrammes, car ce fut lui qui le recommanda à Yézid, fils de Mo'âwiya; celui-ci cherchait quelqu'un pour composer des diatribes, qui, répandues dans le désert et propagées par les chanteurs à travers les villes de la péninsule, pussent servir le but politique des Oméyyades et détourner l'affection publique du parti des Ançàrs, ces Médînois qui avaient été les premiers défenseurs du Prophète. La protection de Yézid le sauva des rancunes que soulevèrent ses injures violentes.
Un sujet souvent traité à la cour des Oméyyades, ce fut la suprématie respective des trois poètes, Akhtal, Férazdaq et Djérir. Les princes s'amusaient it provoquer des appréciations chez leurs courtisans, et ceux-ci, qui craignaient la vengeance des deux poètes exclus s'ils donnaient la palme au troisième, se tiraient de la difficulté par des définitions générales : « Djérir puise dans
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DDe mer, disait l'un ; Férazdaq taille daos un roc ; quant à Akhtal, il excelle dans l'éloge et la poésie héroïque, n Plus tard, sous les Abbassides, quand les passions furent éteintes, les grammairiens finirent par préférer Akhtal, parce que sa poésie était plus correcte et plus soignée, et qu'il a su composer le plus grand nombre de pièces d'une certaine étendue, irréprochables d'un bout à l'autre, pour le fond et pour la forme. Les qualités qu'on admirait en lui étaient donc la longueur du souffle et la pureté de l'expression : on ne nous dit rien de la hauteur de l'inspiration. Mais un vers célèbre entre tous, et qu'Haroun er-Rachid aimait a se remémorer, nous prouve l'élévation des sentiments moraux exprimés par le poète ; c'est celui de l'ode adressée au khalife 'Abd-el-Mélik, oii il parle des Oméyyades : « Terribles dans leur colère, tant qu'on leur résiste, ils sont les plus cléments des hommes après la victoire. »
Pendant que la renommée d'Akhtal se répandait en Mésopotamie et en Syrie, celle des deux autres poètes Djérir etFérazdaq croissait dans l'Irak.
Férazoaq était un musulman pieux et convaincu, plein de dévotion pour la famille du Prophète, et avec cela libertin, cynique, se faisant un jeu d'attaquer l'honneur des femmes, abusant de la terreur qu'inspirait sa muse ordurière, et néanmoins très poltron, plus timide qu'un moineau, vindicatif et haineux : tel était le triste caractère de ce grand poète. Il s'appelait Hammam et appartenait à la tribu de Témim; il naquit à Bassora vers 641. Le khalife 'AU lui conseilla d'apprendre le Koran plutôt que de s'occuper de poésies; le jeune homme se serait mis des chaînes aux pieds Jusqu'à ce qu'il ait su par cœur le texte sacré. Mais la mort de son père ranima bientôt ses sentiments poétiques. La haine des Beni-Nahchal lecon-
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traignît à s'expatrier, il se reodit à Koufa et à Médine, où il fut bien traité par Sa'ïd ben el-'Aç. L'imprudence qu'il commît de se vanter, dans une pièce de vers, d'avoir franchi l'enceinte d'un harem au moyen d'une échelle de corde, souleva les colères des bons pharisiens de Médine ; il fut exilé par Merwàn et se serait établi à la Mecque si la mort de son ennemi Ziyad, gouverneur de l'Irak, ne lui avait permis de rentrer dans sa tribu. Ses aventures avec sa cousine Newûr qu'il épousa, qui voulut divorcer sans pouvoir trouver de témoin à produire devant le juge, parce qu'on craignait les satires du poète, qui se réfugia auprès d"Abdallah ben Zobéïr, le prétendant de Médine, et qui enfin obtint le consentement de son mari à la séparation, ont fait l'objet de poésies, non moins que ses luttes avec son adversaire Djérir.
Il mourut d'une maladie de peau, gagnée pendant un voyage dans le désert, vers l'an 72S. Il était partisan déterminé des droits des Alides, et la pièce de vers par laquelle il célébrait Zéïn el-'Abidin, petit-fils d"Ali, lui valut d'être mis en prison; il avait alors soixante-dix ans. Mais son domaine propre est celui de la satire, et il faut convenir qu'il n'y connut aucune borne, pas plus celle de la décence que celle de l'honnêteté, sans compter qu'il pratiquait couramment et largement un défaut qu'on a reproché souvent aux Arabes, celui de piller sans vergogne les vers de leurs voisina; il était plagiaire, obligeait ses concurrents à lui céder la propriété de vers qui lui plaisaient et qu'il mettait sous son nom.
KoTiiAYYiR, né dans le Hedjaz, était célèbre par ses excentricités; c'était un partisan des Alides, qui professait les opinions religieuses les plus extravagantes; ses prétentions ridicules l'avaient fait surnommer l'Antéchrist. Avec cela de petite taille, ce qui prétait à la
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moquerie. On disait — c'est même un mot d'Akhtal — que transplanté du Hedjaz en Syrie, i! s'y trouvait affamé et engourdi par le froid — relatif — de ce dernier pays. Mais Djérir, du Yémama, dans le sud du Nedjd, avait les faveurs de la foule. Djbrir était aussi de la tribu de Témim. Il vécut dans l'Irak, et eut l'occasion d'adresser ses louanges au terrible gouverneur qui par sa sévérité faisait trembler tout le monde, Ël-Had]djâdj. Mais la faveur des princes oméyyades ne s'étendit pas jusqu'à lui; 'Abdel-Mélik était prévenu contre lui par Akhtal; il lui fallut attendre qu"Omar II montât sur le trône pour se voir préférer à ses concurrents. Puissant lutteur, sa TÎe se passa aux joutes poétiques; le plus célèbre de ces combats est celui qu'il soutint contre Férazdaq, appuyé par Akhtal. 'Obaïd, qu'on appelait le a berger des chameaux », parce qu'il avait décrit eu beaux vers ces animaux, compagnons inséparables du nomade, avait pris le parti de Férazdaq; Djérîr ne put le lui pardonner et il le poursuivit de ses sarcasmes jusqu'à ce qu'il le chassât de Bassora et soulevât contre lui la colère de sa propre tribu. Djérir mourut en 728, la même année que Pérazdaq; il avait rejoint son pays natal, le Yémama, vers la fin de sa vie.
A la même époque Ghaïlan ben 'Oqba, surnommé Dhod'r-Rohha, continuait la tradition des poètes du désert, mais d'une manière moins vivante : Férazdaq lui reprocha de trop se complaire, comme les anciens auteurs, à la description des campements abandonnés, de l'oiseau qatd et des chameaux; il avouait d'ailleurs luimême que ses comparaisons pouvaient s'étendreà l'infini. Néanmoins ses poésies firent longtemps l'admiration des philologues, peut-être surtout à cause des mots rares qu'elles contenaient.
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A côté de ces poètes qui coatinuaieiit la tradition classique des longs récits rythmés, nous voyons le plus simple des mètres prosodiques, le radjaz, prendre tout à coup une importance considérable et se hausser à la hauteur de ses frères dans l'admiration des foules. Méprisé pendant le paganisme, considéré comme une sorte de prose cadencée bonne tout au plus pour l'improvisation, le radjaz, assoupli el transformé déjà par EUAghlab ben 'Omar ben 'Obaïda, tombé en vaillant guerrier a la bataille de Néhawend (641), prend son développement avec Abou-Nedjm el-Fadl ben Qodùma el- 'Idjli, l'ami du khalife Hicham, El-'Adjdjâdj et son fils Rou'ba.
Les élégies funèbres d'une femme, Léila bl-Akhy alita, sont célèbres, surtout celles qu'elle consacra à Tauba ben el-IIomayyir, qui l'aimait et eut la douleur de la voir mariée par son père à un étranger, un vilain jaloux qui la battait. On raconte qu'une nuit, lassée de se voir victime, elle appela un hôte inconnu qui était descendu au coucher du soleil dans la tribu; que celui-ci vint dans l'obscurité, sans être reconnu, appliqua trois ou quatre coups de gourdin sur les épaules du mari, et que ta poétesse l'empêcha d'intervenir davantage dans cette querelle de ménage. Il partit sans être reconnu et on ne le revit plus. Elle sauva son ami de bien des embûches que lui tendirent les jaloux : il lui fut fidèle jusqu'à sa mort, qui survint dans une lutte entre tribus (704). La célébrité que lui valurent ces poésies touchantes l'encouragea a continuer de composer; elle visita la cour des princes, elle alla voir le khalife 'Abdcl-Mélik et le gouverneur de l'Irak, El-Hadjdjâdj, auquel elle adressa des compliments généreusement récompensés. C'est en se rendant auprès de son cousin Qotaïba ben Moslim, le général musulman
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qui gouveroait la province du Khoraaan, qu'elle mourut pendant le voyage (707). D'entre les poétesses, El-Khansâ seule peut lui être considérée comme supérieure. Elle était de haute taille avec de grands yeux noirs. Elle fit une guerre d'épîgrammes ii Nâbigha el-Dja'di, qui le lui rendit bien, au sujet des attaques d'un certain Sawâr ben Aufa, qu'on appelait Ibn el-Hayâ, du nom de sa mère, et qui avait médit en beaux vers de la tribu d'Azd ; Nâbigha lai avait répondu, et tout cela se passait à Ispahan. Les vers circulèrent dans le désert et les tribus attaquées parlèrent de se plaindre au gouverneur de Médine ou même au khalife.
Parmi les poètes du désert qui étaient chrétiens il faut conapter 'Abdallah ben el-Moukbâriq, qu'on appelait le Nâbigha des Béni-Chaïbâu, qui jurait par l'Évangile, par les moines et par les serments habituels aux chrétiens. Il quittait volontiers les steppes syriennes pour venir à Damas réciter aux khalifes ses panégyriques largement rétribués; 'Abdel-Mélik ben Merwàn et Wélid furent ses protecteurs; Hicham, au contraire, ne pouvait pas le sentir et le tint éloigné. On chanta longtemps le poème qui débute ainsi : « Mes yeux ont versé des larmes — à la vue des traces laissées à Hafîr — qui s'effacent dans la solitude — tristes comme les versets des Psaumes. » 'Omaïr ben Choyaïm, de la tribu de Taghiib, neveu d'El- Akhtal, était aussi chrétien, mais il devint musulman plus tard. On l'appelait El-Qotàmi, l'Ëpervier, à cause d'une comparaison qu'il avait rendue célèbre, et aussi Çarî'-al- Ghawuni, la Victime des belles, expression dont il est l'inventeur et que plus tard Moslim rendit fameuse. li mourut en 728.
A c6té de ces poètes il faut mettre encore A'cha Hahdan, lecteur du Koran et jurisconsulte de Koufa, qui
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délaissa les études du droit pour dire des vers, alla combattre les païens du Déïlem dans les montagnes au sudouest de la Caspienne, tomba entre leurs mains comme prisonnier de guerre, fut délivré par l'amour d'une jeune Déïlémite, prit parti pour le rebelle 'Abder-Rahman ben el-Ach'ath, qui avait osé proclamer la déchéance d"Abdel- Mélik et qu'on disait être le Qahtanide dont les musulmans attendaient la venue, signe précurseur du jugement dernier, mais qui fut vaincu par El-Hadjdjâdj (702); le poète suivit le triste sort de son maître ; confondu dans la foule des prisonniers, il fut mis à mort par le redoutable gouverneur de l'Irak qui ne pouvait lui pardonner les vers où il l'avait imprudemment attaqué. Abmed en- Naçibi, avec lequel il avait contracté des liens de confraternité, à la façon des Arabes du désert, était un musicien qui chantait les vers de son ami.
El-Hadjdjàdj avait une sœur, Zéïneb, qui fut aimée de Nomaïri, poète erotique de Taïf ; mais le gouverneur jugea que les louanges du littérateur compromettaient sa famille; le poète dut s'enfuir auprès du khalife de Damas. Zéïneb, qui avait été envoyée dans cette ville lors de la révolte d'EI-Acli'ath, y mourut d'un accident, étant tombée de sa mule. Nomaïri se consola en chantant des élégies sur sa tombe.
La conquête musulmane avait donné un vaste empire à la langue arabe, et déjà des essais littéraires se produisent dans lesquels se font connaître des hommes pour qui l'arabe n'était pas la langue de leur race. Il est impossible de ne pas reconnaître un Persan d'origine, quand ce ne seraitqii'à raison de son surnom d'El-A'djam, dans ZiYAD bbn SoLi'iiuAK, qui se rattachait comme client à une tribu arabe (par client il faut entendre esclave affranchi ou individu ayant recherché volontairement un